Beaucoup de campagnes internationales donnent des conseils et fournissent des dossiers d’information (par le biais de leur site web, par exemple) aux groupes qui souhaitent les appuyer dans leur région. Si le but de la campagne figure parmi vos priorités, et si la stratégie, le message et les matériels semblent judicieux et appropriés dans votre contexte, vous pourrez envisager de vous joindre à la campagne plutôt que de « réinventer la roue ».
À noter :
Exemple : La campagne internationale Cœur bleu a été lancée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour attirer l’attention sur le problème mondial de la traite des personnes et pour mobiliser le public et l’engager dans la lutte. Il est demandé aux participants d’arborer sur leurs vêtements un cœur bleu symbolique pour manifester leur soutien, ou de l’ajouter à leur profil sur les médias sociaux (Facebook, Twitter, etc.). Les organisations locales peuvent également se joindre à la campagne internationale en entreprenant des activités dans leur propre pays (à des dates significatives par rapport à la traite des personnes, par exemple) en se servant de divers outils et ressources fournis, notamment des fiches d’information, des brochures et un communiqué d’intérêt public.
En avril 2010, le Mexique s’est joint à la campagne et en a lancé sa version nationale, dite Corazón Azul. Plus d’une dizaine de grands bâtiments de Mexico ont été éclairés en bleu en un acte symbolique visant à faire connaître la campagne au public. Les organisateurs ont également rédigé un pacte (en espagnol), qui consiste en une liste de dix promesses faisant fonction de guide pour les personnes qui participent à la campagne.
Étude de cas : 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste
La campagne mondiale la plus connue pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes est sans doute celle des 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste [en anglais]. L’étude de cas ci-dessous est empruntée, avec de légères modifications, au Communication Initiative Network, riche source d’information et d’exemples sur la communication pour le changement social.
Historique : En 1991, des participantes internationales au premier Women’s Global Leadership Institute du Center for Women's Global Leadership (CWGL) ont créé une campagne internationale annuelle visant à faire passer le message que les violences à l’égard des femmes sont des violations des droits de la personne. Elles ont choisi de relier symboliquement le 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) et le 10 décembre (Journée des droits de l’homme), et de dénommer la période comprise entre ces deux dates comme « 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste » pour en faire une stratégie d’organisation en faveur de l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes (dans le domaine public comme dans le domaine privé). Vingt ans après, plus de 2 800 organisations actives dans 156 pays ont participé à la campagne mondiale et le problème de la violence sexiste a fait l’objet d’une attention internationale appréciable.
Le 25 novembre a été déclaré Journée internationale de la non-violence à l'égard des femmes par le premier Encuentro féministe pour l'Amérique latine et les Caraïbes, en 1981. Cette date commémore l'assassinat des sœurs Mirabal par la dictature de Trujillo en République dominicaine, le 25 novembre 1960. À la suite de vastes efforts déployés par les organisations de défense des droits des femmes, l’Assemblée générale des Nations Unies a officiellement déclaré cette même date du 25 novembre comme Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes [A/RES/54/134] en 1999.
Stratégies de communication : Les dates choisies pour la campagne l’ont été pour marquer symboliquement la relation qui existe entre la violence à l’égard des femmes et la violation des droits de la personne : le 25 novembre marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes établie par les Nations Unies et le 10 décembre la Journée des droits de l’homme. Au cours de la période de 16 jours ainsi délimitée se trouvent d’autres dates importantes, notamment le 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, et le 6 décembre, anniversaire du massacre de Montréal lors duquel, en 1989, 14 étudiantes de l’École Polytechnique ont été tuées systématiquement.
En coordonnant la campagne, le CWGL aide les individus et les organisations à prévoir des activités axées sur l’élaboration de politiques locales, nationales et mondiales visant à l’élimination de la violence à l’égard des femmes ainsi que sur l’application de ces politiques. Parmi les ressources à la disposition des organisateurs et organisatrices de campagnes figurent :
Au moyen de ces outils, les militant(e)s ont mis en œuvre les interventions suivantes :
Un thème spécifique est retenu chaque année et des matériels (par exemple le « dossier Action ») ainsi que des activités sont élaborés en conséquence. (Pour des informations sur les thèmes passés des campagnes, voir le site web de la campagne des 16 jours de mobilisation.)
Réalisations de la campagne : Selon les responsables, bien qu’il reste beaucoup à faire, des progrès notables ont été enregistrés depuis 1993 au niveau international, en particulier dans les domaines des réformes juridiques et politiques, grâce au mouvement de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En 2009, plus de 2 000 organisations dans quelque 156 pays avaient participé depuis 1991 à la campagne des 16 jours et mobilisé des appuis en faveur de mesures pratiques visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes dans le monde entier.
Depuis septembre 2010, des matériels sont disponibles sur le site web de la campagne en arabe, allemand, anglais, arabe, espagnol, français, indonésien, italien, japonais, néerlandais et swahili. Le dossier de la campagne est actualisé chaque année en fonction du thème de la campagne annuelle. Voir le site web de la campagne.
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