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Emplacement et planification des infrastructures

Dernière modification: September 14, 2012

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Les options
Les options

Il est important de désigner un emplacement approprié pour un foyer d’hébergement de sorte que ses installations puissent offrir la plus grande protection aux femmes et à leurs enfants. Il est généralement préférable de garder l’emplacement de l’abri secret, même si cela n’est pas possible dans certaines conditions (petites communautés ou communautés rurales).

 La transformation d’une infrastructure en centre d’accueil peut impliquer l’utilisation ou l’acquisition et la rénovation d’un immeuble existant ou la construction d’un nouveau. Les nouvelles constructions d’hébergement permettent d’intégrer des dispositifs sécuritaires et des aménagements spécifiques dans leur conception et configuration et éliminent le besoin d’améliorations et de réparations souvent nécessaires dans les immeubles plus anciens. Cette option n’est pas toujours réalisable et peut s’avérer onéreuse.

Comme formule de rechange à la création d’une structure d’hébergement séparée, les maisons d’accueil pourraient partager l’espace avec d’autres fournisseurs de logements. Ainsi, le centre d’hébergement pourrait faire partie d’un site intégré polyvalent fournissant une série de services destinés aux femmes et aux enfants qui fuient la violence (Woodman & McCaw, 2008).

 

Par exemple, le Saartjie Bartman Centre en Afrique du Sud propose des options d’hébergement d’urgence et provisoire dans le cadre d’un établissement multiservices. Le centre de Cape Town a démarré en 1999 par un partenariat avec 13 ONG et avec le soutien des autorités. Le centre gère deux abris et offre toute une gamme de services, notamment des conseils, des avis juridiques, la prise en charge des enfants et un soutien à l’emploi, à environ 30 femmes et 60 enfants. Les abris se trouvent dans un endroit connu et disposent d’un service de sécurité permanent (avec des services sur demande). Les abris offrent un hébergement de trois à six mois, avec des logements de deuxième étape disponibles jusqu’à deux ans. Outre des survivantes de la violence domestique, le centre fournit une assistance aux couples lesbiens et transexuels qui ont subi des violences, et aux survivantes de la traite.

 

Les considérations suivantes peuvent aider à décider si un certain emplacement est approprié pour un foyer d’hébergement.

  • Un examen et une évaluation de la sécurité de la structure proposée sont menés, qui portent sur:  
    • la gamme complète d’options en matière de sécurité incendie et d’évacuation (y compris les risques susceptibles d’empêcher une évacuation d’urgence, comme des systèmes d’alarme ou de vérouillage attachés aux portes ou aux fenêtres qui peuvent  bloquer le dispositif de dévérouillage rapide à l’intérieur)
    • les normes électriques et structurelles (notamment pour des immeubles et maisons plus vétustes ou structures endommagés par le feu, catastrophes naturelles ou autres événements). 
    • les mesures de protection contre l‘accès non souhaitée ou l’intrusion dans l’immeuble (clôturage, verrous de sécurité sur les fenêtres, etc.)
    • l‘accès fiable à l’eau, à l’électricité, aux services de communication et au chauffage/à la climatisation, s’il y a lieu.
    • l’emplacement commode et proche des services que les femmes et les filles pourraient utiliser (santé, police, services d’assistance juridique, écoles, marchés et zones commerciales, transports publics acessibles, etc.).
    • l’intégration de l’immeuble dans la communauté et son emplacement proche des différentes possibilités de participation des femmes aux activités locales (lorsqu’elles sont sécurisées) et de se sentir intégrées dans la société. 
    • l’accès à d’autres communautés et à des possibilités de loisirs assuré par des moyens de transport public ou autres moyens de transport abordables (par ex. entre zones rurales et urbaines pour faciliter le déplacement et la mobilité des femmes) (Kammerer, 2006, comme indiqué dans Woodman & McCaw, 2008; Organisation internationale pour la migration, 2007).

Logements alternatifs

  • En l’absence de structures d’hébergement séparées, des logements d’urgence pourraient être aménagés à divers endroits, tels que:
    • Maisons ou appartements privés
    • Hôtels ou établissements commerciaux
    • Chambres dans des institutions spécialisées (hôpitaux ou cliniques)
    • Lieux de culte (églises, mosquées, temples, etc.)
    • Organismes communautaires ou organisations non gouvernementales
  • Les facteurs et risques suivants devraient être évalués lorsqu’on envisage la création de sites de logements alternatifs (sur la base des considérations relatives aux femmes victimes de la traite, bien que s’appliquant à toutes les formes de violence):    
    • taux de criminalité dans le quartier, et probabilités que les femmes et les filles rencontrent des       personnes ou groupes de personnes susceptibles de poser un risque à leur sécurité.
    • facilité d’accès et de sortie à tout moment de l’espace individuel (maison ou appartement) et d’une structure collective (immeuble ou quartier), et proximité de l’emplacement des services de santé, d’aide psychologique, juridique ou d’autres services susceptibles d’être utilisés par les femmes et les filles.
    • Disponibilité des services de base (eau, électricité, communication et chauffage, s’il y a lieu), en particulier l’accès à une ligne téléphonique fixe ou un téléphone mobile en cas d’urgence.
    • Possibilité d’accès aux forces de police locale, y compris des considérations relatives au fait de savoir si la police locale est jugée fiable/compétente et si elle doit être informée de la présence de la victime de la violence dans le quartier (cela dépendra du consentement de la femme d’en informer la police).
    • Risques sécuritaires posés par d’autres personnes qui résident dans le même logement ou endroit (propriétaires d’appartements, colocataires, personnel des espace alternatifs, qui ne sauraient garantir la confidentialité ou l’anonymat des femmes) (Organisation internationale pour la migration, 2007)        

 

Exemple:

 Le Women’s Empowerment Link au Kenya a élaboré une série de critères spécifiques visant à évaluer la possibilité d’aménager des habitations d’urgence dans les maisons d’agents communautaires du quartier informel de Kibera en périphérie de Nairobi. L’espace provisoire confidentiel et sûr offre aux femmes et aux enfants à risques de moins de 18 ans qui ont été victimes de violences domestiques et d’agressions sexuelles un logement pour une période de 48 heures au maximum. L’organisation mène une évaluation pour déterminer si les familles d’accueil potentielles répondent à des critères spécifiques avant d’aménager les lieux. L’évaluation consiste à savoir:

  • si la maison a l’espace suffisant pour accueillir une victime de la violence (au moins un lit supplémentaire qui pourrait être partagé par deux personnes au maximum); 
  • si le hôte a fait preuve d’engagement sur cette question (validé par la reconnaissance par la communauté de son rôle de militant);
  • si le hôte accepte d’offrir volontairement l’espace sécuritaire et n’attend pas une compensation financière en retour; et
  • si le hôte est disposé à collaborer et à rendre compte au Groupe de travail sur la violence sexospécifique (Gender-based Violence Working Group), comité multisectoriel composé de représentants des secteurs de la sécurité, de la santé et de la justice. 

Source: Grace Mbugua. 2012. Présentation à la deuxième conférence mondiale des maisons d’hébergement pour femmes victimes de la violence. Washington. 28 février 2012.