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Programmes de lutte contre le VIH

Dernière modification: July 03, 2013

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  • Si les conflits ne produisent pas généralement d’augmentation immédiate de la contamination par le VIH au sein de la population (en raison d’une diminution des occasions d’exposition), ils peuvent néanmoins ouvrir la porte à la transmission du virus du fait d’un accroissement du risque global par le biais des mécanismes décrits ci-dessous, dont certains sont indirectement ou directement liés à la violence sexiste:  
    • Interaction accrue entre les militaires et les civils; 
    • Niveaux accrus d’activité sexuelle commerciale ou occasionnelle; 
    • Disponibilité et/ou utilisation réduite des services de santé reproductive et autres;  
    • Niveaux accrus de malnutrition; 
    • Réduction des moyens de prévention de la transmission du VIH (les niveaux de connaissances et d’usage du préservatif sont très bas dans les pays touchés par les conflits, ce qui reflète les échecs des médias, de l’éducation ainsi que de l’alphabétisation et de l’éducation dispensées en milieu hospitalier durant les conflits et au lendemain des conflits); 
    • Accroissement de la population manquante à la suite d’amples mouvements de  population intérieurs ou régionaux (les échanges de populations entre milieu rural et urbain portent atteinte aux normes traditionnelles régissant l’activité sexuelle dans les zones rurales); 
    • Émergence de normes de prédation et de violence sexuelles; 
    • Fragmentation des familles et accroissement de la vulnérabilité des structures du ménage qui en résulte (adapté d’après Mock et al., 2004).

Vulnérabilité et occasions d’exposition au VIH durant et après les conflits

Situation de conflit

 

Phase de conflit

Phase de post-conflit

Vulnérabilité

  • Niveaux élevés de pauvreté

  • Mauvaise santé

  • Bas niveaux d’information et de connaissances

  • Normes de violence/prédation

  • Expansion de l’économie grise 

  • Ménages fragmentés

  • Faiblesse des systèmes de santé 

Déterminants des risques de contamination par le VIH 

 

Occasions d’exposition

  • Isolement

  • Mélange hétérogène sporadique

  • Déplacements de population

  • Rétablissement des liens avec le monde extérieur; commerce et transports accrus

  • Mobilité accrue

  • Réinstallation, réinsertion

Source: Ward, J 2008 et adapté d’après Mock, N.B. et al. 2004. Conflict and HIV: A Framework for risk assessment to prevent HIV in conflict-affected settings in Africa, Emerging Themes in Epidemiology [Conflits et VIH: cadre d’évaluation des risques pour prévenir l’infection par le VIH dans les zones touchées par les conflits en Afrique, thèmes émergents en épidémiologie], 1:6, p. 5. 

  

La transmission du VIH dans les situations de conflit: points à considérer 

L’aggravation des risques de transmission du VIH associée aux conflits armés, en particulier du fait de l’exposition des civils à la violence et à l’exploitation sexuelles, a fait l’objet de multiples études. En 2000, le Secrétaire général des Nations Unies a conclu que «  les conflits armés […] constituent de plus en plus des vecteurs de la pandémie de VIH, qui suit de près l’arrivée des troupes armées et se propage dans les couloirs de conflit  » (UNICEF, 2005). Une étude souvent citée portant sur plus de 1  000 veuves du génocide menée au Rwanda en 2001 a constaté que 70  % des survivantes de viol étaient séropositives (AI, 2004). Une étude réalisée dans l’est  de la RDC a indiqué que l’augmentation des infections dans cette région était une suite directe des violences sexuelles massives.  

Malgré l’ampleur du phénomène de la violence à l’égard des femmes et des filles dans de nombreux pays, on ne dispose actuellement que de données limitées sur les modalités de l’augmentation de la prévalence de l’infection par le VIH qui en résulte au niveau de la population (Speigel et al., 2007). Ceci peut être dû à une réduction des occasions d’exposition provenant, en partie du moins, d’un isolement relatif et de mouvements de population limités (Mock et al., 2004). Lors de la phase aigüe des situations d’urgence marquée par des massacres de grande ampleur, le fait que la population soit déplacée et se cache peut également réduire l’incidence de l’infection par exposition consensuelle ainsi que les activités des réseaux sociaux où les individus peuvent être exposés au virus (Spiegel et al., 2007).   

Il convient de noter toutefois qu’un taux élevé de transmission du VIH chez les survivantes d’agressions sexuelles peut ne pas produire d’augmentation notable de la prévalence générale du VIH au niveau de la population.  Par ailleurs, il faut tenir compte des problèmes posés par le suivi et évaluation de la prévalence du VIH dans les situations de conflit lorsque l’on interprète les données disponibles. Le recueil des données est affecté par l’absence d’établissements de santé où l’on peut procéder à une surveillance sentinelle, ainsi que par l’insécurité, les limitations d’accès et le manque de personnel de santé qualifié (Bayard, 2004).

  • Étant donné que les situations de conflit et de post-conflit peuvent favoriser un accroissement de la vulnérabilité au VIH et des occasions d’exposition, il est important de traiter les questions relatives au VIH  et au sida dans les programmes de réponse. On risque, faute de ce faire, de favoriser la persistance des impacts du VIH/sida ainsi que l’expansion des problèmes au-delà du cadre de la réponse au conflit et d’affecter les résultats de cette réponse ainsi que le relèvement en phase de post-conflit (IASC, 2010). 
  • Il est également important que les acteurs de la lutte contre les VFFF intervenant dans les situations de crise humanitaire sachent qui est chargé de traiter les questions relatives au VIH: dans l’approche groupée, la lutte contre le VIH n’est pas considérée comme une activité attribuée à un groupe ou à un sous-groupe distincts; au contraire, l’IASC la considère comme une activité multisectorielle à intégrer systématiquement dans chacun des groupes.

Groupes clés compétents en matière de VFFF et de VIH

Sous-groupes potentiels consacrés aux VFFF et au VIH

Groupe de la santé dirigé par l’OMS

On peut former au sein du groupe de la santé un sous-groupe de la santé reproductive (SR), axé sur les VFFF et le VIH.

Groupe de la protection dirigé par le HCR

On peut former au sein du groupe de la protection un sous-groupe des VFFF qui peut intervenir au niveau des relations entre les VFFF et le VIH.


Source: Ward, J. 2008 “Designing Programming to Address GBV and HIV in East, Central, and Southern Africa:  A Framework for Action” [Conception de programmes de lutte contre les VFFF et le VIH en Afrique de l’Est, du Centre et australe], Document de travail préliminaire, UNFPA, Nairobi. 

  • En sus des acteurs clés, d’autres parties prenantes doivent être invitées à planifier et à mettre en œuvre des activités efficaces de prévention de la transmission du VIH et des VFFF ainsi que des activités de riposte pour les populations à risque vulnérables.  Les activités devraient être intégrées dans les plans de préparation et d’intervention en cas d’urgence de multiples secteurs, et notamment  des secteurs suivants: protection, eau et assainissement, sécurité alimentaire et nutrition, hébergement et planification des sites, santé et éducation.  L’expérience a montré que les forces armées, les soldats de la paix et les autres groupes armés peuvent contribuer à l’accroissement de la transmission du VIH. En conséquence, lorsqu’ils sont présents dans les situations de crise humanitaire liée aux conflits et de post-conflit, il convient également d’intégrer ces groupes dans les activités de prévention et de lutte contre le VIH (IASC, 2010). 
  • Lors d’une consultation régionale ayant eu lieu au Kenya en 2009, facilitée par l’UNFPA, un cadre de base a été proposé pour faire face aux VFFF et au VIH dans les situations de crise humanitaire. Ce cadre peut compléter les directives de l’IASC relatives au VIH et aux VFFF.  En général (et compte tenu du fait que les approches pourront varier pour tenir compte des spécificités du contexte), le cadre pourra être mis en œuvre lors des phases successives de la crise comme suit:

Phase aigüe de la situation d’urgence: Accent mis sur les prestations de services directs et la prévention de base

Phase stable: Addition du renforcement des capacités des secteurs clés en matière de surveillance, de détection et de réponse aux VFFF/VIH

Phase de post-conflit: Addition d’actions en matière de lois et de politiques pour accroître le respect des droits des femmes et des filles

  • Assurer l’apport de services directs aux survivantes conformément aux directives du CPI/IASC

  • Éduquer la communauté concernant les services

  • Établir des groupes de travail interorganisations sur les VFFF et le VIH

  • Mener des activités de mobilisation ciblées auprès des communautés affectées concernant les VFFF et la prévention de la transmission du VIH, y inclus de mobilisation des hommes et des garçons

  • Assurer l’application de codes de conduite pour tous les personnels de l’action humanitaire

  • Élaborer des formations dans tous les secteurs clés, notamment santé, interventions psychosociales, secteur juridique/judiciaire et sécurité

  • Appliquer des approches standardisées de la lutte contre les VFFF et/ou le VIH dans tous les secteurs

  • Procéder à un recueil et à un suivi standardisés des données

  • Mener de vastes campagnes d’information /de plaidoyer dans les médias

  • Appuyer les programmes avec les garçons et les hommes pour promouvoir l’égalité des sexes

  • Cibler une réforme des lois et des politiques relatives aux questions de genre, des droits de la personne, des VFFF et du VIH

  • Songer aux méthodes de réparation pour les survivantes de violences sexuelles durant les conflits

  • Mobiliser les dirigeants nationaux et traditionnels

Source: Ward, J. 2008 “Designing Programming to Address GBV and HIV in East, Central, and Southern Africa: A Framework for Action” [Conception de programmes de lutte contre les VFFF et le VIH en Afrique de l’Est, du Centre et australe], Document de travail préliminaire, UNFPA, Nairobi. 

Outils complémentaires 

 Pour de plus amples informations sur l’intégration des services relatifs aux VFFF et au VIH, voir la section sur le VIH du module Santé.

 Voir les Directives sur les interventions relatives au VIH dans les situations humanitaires (IASC, 2010). 

 Addressing Violence against Women and HIV/AIDS: What Works? [Faire face à la violence à l’égard des femmes et au VIH/sida: qu’est-ce qui marche ?] (WHO and UNAIDS, 2010). Ce rapport résume les exposés, les débats et les recommandations d’une réunion de chercheurs, experts, décideurs et praticiens convoquée en 2009 sur les interventions et les stratégies permettant de faire face à la convergence de la violence à l’égard des femmes et du VIH. 

Prévention et contrôle du VIH/sida: Cours abrégé pour les travailleurs humanitaires.  Manuel de l’animateur (Women's Refugee Commission on behalf of the Reproductive Health Response in Conflict Consortium, 2004). Ce cours de 5 jours vise à aider les travailleurs de l’action humanitaire à mieux appréhender les complexités du VIH/sida et à les doter des connaissances et des compétences requises pour améliorer la conception et la mise en œuvre de programmes de lutte contre le VIH/sida au niveau communautaire. Les deux CD-Rom accompagnant le manuel de l’animateur, contiennent des présentations PowerPoint, des affiches, des matériels à distribuer et des ressources supplémentaires à utiliser pendant le cours et pour des recherches ultérieures. S’y trouvent également des enregistrements audio d’interviews avec un groupe d’étudiants sud-africains séropositifs qui partagent leurs expériences, ce qui permet aux travailleurs de l’action humanitaire de personnaliser la question du VIH/sida.  

Refugees and AIDS: What should the humanitarian community do? [Les réfugiés et le sida: que devrait faire la communauté humanitaire ?] (Women's Refugee Commission, 2002). Cette ressource a été produite par la Women’s Refugee Commission pour offrir des conseils conviviaux et des encouragements à la mobilisation aux acteurs humanitaires travaillant dans le cadre de situations de réfugiés pour lutter contre le VIH/sida. Ce document vise également à encourager les décisionnaires et les responsables de programmes à renforcer leur réponse au VIH/.sida.

Gender Equality and HIV/AIDS Web Portal [Portail Web sur l’égalité des sexes et le VIH/sida] (UNWOMEN and UNAIDS) Cette ressource en ligne contient des informations actualisées sur les dimensions de l’épidémie de VIH/sida en rapport avec l’égalité des sexes. Le site vise à promouvoir une compréhension, des partages de connaissances et des actions concernant le VIH/sida en tant que problématique relevant des questions d’égalité des sexes et des droits fondamentaux.

What Works for Women and Girls: Evidence for HIV/AIDS Interventions (web portal) [Ce qui est efficace pour les femmes et les filles  : données en faveur d’interventions visant le VIH/sida] (portail Web) (PEPFAR/USAID and OSI). Cette ressource a pour objet de fournir les données factuelles nécessaires pour éclairer la formulation de programmes au niveau des pays.   Elle passe en revue quelque 2  500 articles et rapports contenant des données sur près d’une centaine de pays et met en évidence un grand nombre d’interventions pour lesquelles on dispose de preuves de succès, interventions couvrant les domaines de la prévention, des soins, des soutiens et du renforcement de l’environnement des politiques et des programmes