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Principes des soins psychosociaux

Dernière modification: July 03, 2013

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Les options
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  • Lors de la mise en œuvre de programmes psychosociaux pour les survivantes de la violence à l’égard des femmes et des filles dans les situations de conflit et de post-conflit, il est impératif de veiller à inclure les principes de base suivants qui sont énoncés dans les Directives du CPI concernant la santé mentale et le soutien psychosocial dans les situations d’urgence (adapté d’après IASC, 2007, pp. 10-14, sauf indication contraire):

1. Droits de la personne et équité 

  • Promouvoir et protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes affectées et en particulier des groupes vulnérables tels que les femmes et les filles.
  • Promouvoir l’équité et la non-discrimination, en s’assurant que les services de santé mentale et de soutien psychosocial soient disponibles pour toutes les personnes affectées, quels que soient leur sexe, âge, religion, ethnicité, etc.
  • Appliquer les principes guides selon une approche des soins axée sur les survivant(e)s. Le respect et la protection de l’intérêt et des choix des survivant(e)s doivent être prioritaires et tous les services doivent être dispensés conformément aux principes de la confidentialité, de la sûreté et de la sécurité, du respect et de la non-discrimination (WHO, 2012).

Principes

Actions axées sur les survivant(e)s

Assurer la sécurité physique des victimes/ survivantes

 

 

Songer à la sécurité des survivant(e)s:

  • Ne pas perdre de vue les risques en matière de sécurité auxquels un(e) survivant(e) risque d’être exposé(e) après avoir subi des violences sexuelles. Veiller à ce que toutes les conversations, évaluations et interviews aient lieu dans un cadre sécurisé. S’efforcer, dans la mesure où le contexte et le poste de la personne responsable l’autorisent, d’évaluer la sécurité du/de la survivant(e) (A-t-il/elle un lieu sûr où aller? Aura-t-il/elle à faire face à son agresseur ? Etc.), S’informer sur toutes les options d’orientation disponibles et, si possible, prendre des mesures pour assurer sa sécurité.

Assurer la confidentialité

 

Veiller à la confidentialité:

  • Ne pas rapporter l’histoire du/de la survivant(e) à autrui. Ceci peut être d’une importance toute particulière dans les cas de crimes motivés par la discrimination. S’il est nécessaire de partager des informations avec des professionnels, cela ne peut se faire que si le/la survivant(e) comprend ce que cela implique et à condition qu’il/elle ait donné préalablement son consentement éclairé.

Respecter les souhaits, les droits et la dignité des victimes/ survivant(e)s et, pour les enfants, songer à leurs intérêts supérieurs lors de toute prise de décision sur les mesures les plus appropriées à prendre pour prévenir les violences sexistes ou pour y répondre.

 

Respecter les souhaits, besoins et capacités du/de la survivant(e):

  • Toute action doit être guidée par les souhaits, besoins et capacités du/de la survivant(e). On tiendra compte de tous les besoins – médicaux, psychosociaux, matériels – de celui-ci/celle-ci, ainsi que du besoin de justice. On respectera la force du/de la survivant(e) et sa capacité à faire face à ce qui lui est arrivé. Une fois informé(e) de ses options en matière d’appui et d’orientation, le/la survivant(e) a le droit de faire les choix qui lui conviennent.

Pour les enfants, c’est l’intérêt supérieur de l’enfant qui doit primer, et les survivant(e)s doivent pouvoir participer aux décisions concernant leur existence. Toutefois, il faut tenir compte de leur âge et de leurs capacités et déterminer le poids qu’il convient d’accorder à leurs souhaits.

 

Traiter le/la survivant(e) avec dignité:

  • Montrer que l’on croit le/la survivant(e), que l’on n’a pas de doutes sur ses propos ou que l’on ne le/la considère pas comme responsable de ce qui lui est arrivé et que l’on respecte son droit à la vie privée.

Adopter une attitude de soutien:

  • Offrir un soutien affective au/à la survivant(e). Faire preuve de tact, de compréhension et se montrer disposé(e) à écouter le/la survivant(e) exprimer ses préoccupations ou parler de son expérience. Avoir constamment une attitude compatissante, quel que soit le type d’intervention.

Fournir des informations et gérer les attentes:

  • Donner au/à la survivant(e) des informations sur les services disponibles et sur leur qualité pour lui permettre de choisir les soins et les appuis qui lui conviennent. S’assurer qu’il/elle comprend bien les informations et, si nécessaire, adapter alors la présentation de l’information à ses capacités.

  • Savoir que le fait que le/la survivant(e) fait part de son histoire au/à la prestataire est une marque de confiance et qu’il/elle peut attendre beaucoup de celui-ci/celle-ci. Le/la prestataire doit expliquer clairement son rôle et le type d’appui qu’il/elle peut apporter, en s’abstenant en particulier de faire des promesses qu’il/elle ne pourra pas tenir et en restant conscient(e) des limitations de son intervention. Orienter le/la survivant(e) vers les services appropriés (voir aussi le module 8).

  • Fournir des informations sur la planification de la sécurité.

Assurer l’orientation et l’accompagnement:

  • Le/la prestataire doit être bien informé(e) des options concernant l’orientation (vers les services médicaux, psychosociaux, économiques, judiciaires) et des services disponibles ainsi que de leur qualité et de leur sécurité. Il/elle informera le/la survivant(e) de ces options et veillera à ce que celui-ci/celle-ci ait accès aux services auxquels il/elle souhaite avoir recours.

  • On envisagera la possibilité d’accompagner le/la survivant(e) tout au long du processus, en désignant une personne de confiance et bien informée se rendra avec lui/elle auprès des différents services

Assurer la non discrimination.

 

Traiter chaque survivant(e) avec dignité, sans distinction de sexe, antécédents, race, ethnicité, orientation sexuelle, identité sexuelle, aptitudes et religion, et quelles que soient les circonstances de l’incident.

  • Traiter tous/toutes les survivant(e)s de manière égalitaire. Ne pas se livrer à des suppositions sur leur histoire ou leurs antécédents. Le/la prestataire doit être conscient(e) de ses propres préjugés et opinions sur la violence sexuelle et ne pas les laisser influer sur le traitement accordé aux survivant(e)s.

Source : UNICEF. 2010. Caring for Survivors Training Pack [Kit de formation aux soins à dispenser aux survivant(e)s], p. 53.

2. Participation

  • Dès le début de la situation d’urgence, associer les communautés locales et les parties prenantes locales (y inclus les populations vulnérables et les ONG représentant la communauté LGBTI, les femmes handicapées, etc., dans toute la mesure du possible) à toutes les étapes des programmes, y inclus aux stades de l’évaluation préalable, de la conception, de la mise en œuvre et du suivi et évaluation.

3. Ne pas nuire 

  • Les programmes de santé mentale et de soutien psychosocial peuvent causer des préjudices car ils traitent de questions très délicates. Il est donc extrêmement important de veiller à ce qu’ils ne nuisent pas.
  • On songera à la survenue possible d’effets adverses lors de la planification des programmes. En outre, on mesurera et on consignera les effets adverses effectivement survenus lors du suivi et évaluation. Les conséquences imprévues peuvent survenir dans les domaines culturel, économique, politique, psychologique, de la sécurité et social (adapté d’après WHO, 2012).
  • On peut réduire le risque de préjudices de diverses façons, notamment:
    • En participant à des groupes de coordination afin d’apprendre d’autrui et de réduire au minimum les répétitions et les lacunes au niveau de l’intervention;
    • En mettant au point des interventions qui s’appuient sur une information suffisante; 
    • En acceptant d’être évalué et de faire l’objet d’un contrôle rigoureux et d’une évaluation externe;
    • En développant une sensibilité aux aspects culturels et une compétence dans les domaines dans lesquels on intervient ou travaille;
    • En se tenant informé sur les pratiques efficaces au moyen de données factuelles; 
    • En étudiant les questions relatives aux droits fondamentaux universels, aux rapports de pouvoir entre les intervenants extérieurs et la population affectée par les situations d’urgence et à la valeur des approches participatives, et en y réfléchissant constamment.

4. Faire fond sur les ressources et les capacités disponibles 

  • Renforcer les capacités locales, soutenir les capacités d’entraide et renforcer les ressources existantes. Les programmes conçus et mis en œuvre de l’extérieur mènent souvent à des actions inappropriées dans le domaine de la santé mentale et du soutien psychosocial et leur durabilité s’en ressent souvent.

5. Systèmes de soutien intégré 

  • Le fait de se concentrer sur des services indépendants, visant par exemple exclusivement les gens présentant des troubles particuliers tels que l’état de stress post-traumatique, peut créer un système de soins très fragmenté. Il faut veiller, pour éviter cela, à pousser aussi loin que possible l’intégration des activités et des programmes.
  • On intégrera les programmes et activités de soutien psychosocial dans des programmes plus généraux (tels que les mécanismes de soutien communautaire existants, les systèmes d’enseignement formels ou non, les services de santé généraux, les services de santé mentale généraux, les services sociaux, etc.) ainsi que dans d’autres services et appuis communautaires visant la violence à l’égard des femmes et des filles (tels que les services de santé reproductive, de soins prénatals, de nutrition des nourrissons et des jeunes enfants, de protection de l’enfance, de microfinancement) et les services d’appui communautaires (tels que les groupes d’entraide pour femmes) (adapté d’après WHO, 2012).  Une telle intégration permet aux programmes de soutien psychosocial d’atteindre un plus grand nombre de personnes, d’être moins stigmatisants et, l’expérience l’a démontré, d’accroître la durabilité des interventions.

6. Dispositifs de soutien multiniveaux 

  • Dans les situations de crise humanitaire en phase de conflit et de post-conflit, les personnes sont souvent affectées de différentes manières et nécessitent donc différents dispositifs de soutien.
  • On organisera donc des programmes de santé mentale et de soutien psychosocial comportant plusieurs niveaux complémentaires, répondant aux besoins spécifiques des divers groupes (par exemple aux nécessités de base pour les femmes et les enfants, telles que la nourriture). 

7.  Services sans stigmatisation 

  • Lors de la mise en œuvre des programmes de santé mentale et d’appui psychosocial, on inclura, mais sans les cibler spécifiquement, les survivantes de la violence à l’égard des femmes et des filles. Un ciblage spécifique de ces survivantes risque de présenter des problèmes supplémentaires pour les intéressées, sous forme de stigmatisation, de discrimination et de violence (adapté d’après WHO, 2012).