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Associer les forces de maintien de la paix à la surveillance de la sécurité

Dernière modification: July 03, 2013

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Les options
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  • Les membres des forces de maintien de la paix, qui ont pour mandat de protéger les populations civiles, peuvent jouer un rôle important dans la prévention des VFFF et dans la réponse aux VFFF en temps de conflit armé. Toutefois, la compréhension de ces violences dans les missions de maintien de la paix et leur aptitude à y répondre sont parfois limitées; en outre, il arrive que des membres de ces missions commettent eux-mêmes des violences à l’égard des femmes et des filles. Pour mobiliser les forces de maintien de la paix et les amener à honorer leurs responsabilités dans le domaine des VFFF, les programmes doivent inclure des composantes de renforcement de leurs capacités (et d’accroissement de la représentation des femmes) dans les contextes dans lesquels elles interviennent. 
    • Les membres des forces de maintien de la paix devraient être formés à reconnaître les symptômes de traumatismes et à y répondre, ainsi qu’à appliquer les principes de l’intervention axée sur les survivantes. Ces principes devraient être reflétés dans toutes les interactions des forces de maintien de la paix avec les communautés, notamment dans les protocoles relatifs aux perquisitions, aux fouilles, aux vérifications aux points de contrôle, et dans les processus de consultation. La sensibilité à la violence à l’égard des femmes et des filles est essentielle pour assurer le maintien de bonnes relations entre les forces de maintien de la paix et les communautés hôtes.
    • Les missions de maintien de la paix devraient coordonner leurs actions avec celles des organisations de la société civile, notamment des organisations de femmes, et collaborer étroitement avec elles. Ces organisations peuvent aider à définir les besoins de sécurité des femmes et des filles et à y répondre; elles peuvent également informer les forces de maintien de la paix sur certains risques particuliers sur le plan local.  
    • Les missions de maintien de la paix devraient avoir le mandat, l’expertise et les fonds requis pour appuyer les organisations de la société civile qui fournissent de l’aide et des services de protection aux survivantes au niveau local et qui plaident en leur faveur. Elles doivent appliquer une politique de tolérance zéro pour l’exploitation et les abus sexuels et mettre en place des mesures conçues pour que cette politique soit respectée (adapté d’après Bastick et al., 2007).  
  • En outre, il convient de souligner l’importance d’une participation pleine et égale des femmes au sein des forces de maintien de la paix.  Il a été démontré sur le terrain que l’inclusion de femmes est essentielle pour accroître l’efficacité des opérations de maintien de la paix car elles peuvent fournir des services d’une importance primordiale, notamment pour le dépistage des ex-combattantes, le recueil de renseignements, le contrôle et la fouille corporelle des femmes, et l’aide après les incidents de violence sexuelle. La présence de femmes dans les forces de maintien de la paix donne également un exemple concret qui milite en faveur de l’inclusion des femmes dans forces de sécurité et qui encourage les femmes locales à faire carrière dans le secteur de la sécurité au lendemain des conflits.  Les personnels féminins de maintien de la paix peuvent être mieux à même d’obtenir la confiance des populations civiles, en particulier des femmes, qui sont alors plus disposées à signaler les abus aux autorités (adapté d’après Valasek, 2008). 
  • Les forces de maintien de la paix peuvent constituer d’importantes ressources pour la surveillance de la sécurité lors des premiers stades de la réponse aux situations d’urgence.  Dans certaines situations, ces forces ont été chargées d’organiser des patrouilles pour la corvée de bois, lesquelles ont amélioré la sécurité. On peut retenir un certain nombre de leçons à retenir de ces expériences: 
    • Pour accroître la transparence et établir la confiance, il est utile de former des «  comités de patrouille de corvée de bois  » rassemblant les dirigeant(e)s des groupes participants (groupes de femmes déplacées par exemple), des représentants de l’unité de patrouille (femmes autant que possible) et un intermédiaire (organisme des Nations Unies ou ONG). Les comités doivent élaborer collectivement des directives sur l’heure, la fréquence, l’itinéraire, la distance et les détails des patrouilles.  Ils doivent aussi se réunir périodiquement pour s’entretenir des problèmes qui se présentent lors des sorties des patrouilles.
    • Il faut impérativement donner aux patrouilles, qu’elles soient formées de militaires, de membres de la police civile ou de membres des autorités locales, un mandat de protection clairement énoncé et dont toutes les parties ont convenu avant de les dépêcher sur le terrain. En particulier, le rôle des forces de sécurité du pays d’accueil (pour les réfugiés) et des autorités locales (pour les personnes déplacées) doit être clairement précisé.
    • Si nécessaire, un traducteur (une traductrice dans toute la mesure du possible) devrait accompagner toutes les patrouilles pour faciliter la communication de celles-ci avec les membres de la communauté.
    • Le chef de la force de patrouille doit impérativement être favorable aux patrouilles de corvée de bois, déterminé à appliquer les directives et disposé à dépêcher les patrouilles de façon régulière à des heures préétablies (extrait de Bastick et al., 2007, p. 170).
  • Abstraction faite des données factuelles qui militent en faveur de la participation des forces de sécurité à la surveillance de la sécurité, il est important que tous les acteurs comprennent les risques et agissent en conséquence. Dans les camps d’hébergement, par exemple, l’augmentation des effectifs des forces de maintien de la paix peut accroître aussi la présence d’autres acteurs armés ou la militarisation des camps.  Tous les personnels militaires affectés aux patrouilles doivent impérativement respecter les pratiques optimales et les directives relatives au maintien de la paix et à la protection des civils (IRC, 2012, p. 87).

 

Exemple: Les patrouilles de bois de feu de l’Union africain au Darfour.  Dans certaines situations de conflit, le ramassage du bois de feu expose les femmes et les filles déplacées à des risques accrus de viol, d’enlèvement et de meurtre. Pour protéger les femmes lors de cette activité, des effectifs de la police civile et des soldats de la Commission de cessez-le-feu (CFC) de la Force de protection de l’Union africaine au Darfour ont effectué des patrouilles de bois de feu, principalement dans l’ouest et le sud de la province. Ces patrouilles consistaient généralement de deux ou trois camions qui accompagnaient les femmes, à 100 ou 200 mètres de distance, sur un itinéraire déterminé menant au lieu de collecte du bois de feu. Les camions transportaient le personnel de la patrouille, à savoir 3 à 5 agents de la police civile et, à l’arrière, bien en vue et fortement armés, 6 à 8 soldats de la CFC.  La Women's Commission for Refugee Women and Children a signalé que ces patrouilles s’étaient avérées d’une remarquable efficacité (extrait de Bastick et al., encadré 5, p. 170). 

 

 

Outils complémentaires 

Place du genre dans la réforme du secteur de la sécurité (Bastick, M & Valasek, K. (eds.) Boîte à outils «  Place du genre dans la réforme du secteur de la sécurité. Genève: DCAF, OSCE/ODIHR, et UN-INSTRAW, 2008) Cette Note pratique est basée sur un outil plus détaillé et tous deux font partie de la Boîte à outil. Celle-ci a été conçue en tant qu’introduction aux questions relatives au genre à l’intention des praticiens de la RSS et des décisionnaires; elle comprend 12 outils, chacun accompagné d’une Note de pratique. Disponible en français et en anglais.

Ressources complémentaires

 Addressing Conflict-Related Sexual Violence: An Analytical Inventory of Peacekeeping Practice [Lutte contre la violence sexuelle liée aux conflits  : inventaire analytique des pratiques de maintien de la paix] (UNIFEM & UNDPKO. 2010).  Disponible en anglais.