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Recueil des données

Dernière modification: July 03, 2013

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  • Des efforts ont été déployés, ces dernières années, pour améliorer le recueil des données sur la disponibilité, l’utilisation et l’efficacité des services dans tous les secteurs clés intervenant dans la réponse aux VFFF. En surveillant la demande de services, les capacités des prestataires à les fournir et le nombre et la portée des services fournis, les prestataires de services peuvent:
    • mieux cerner les problèmes dans le contexte où ils interviennent; 
    • déterminer si les priorités des programmes sont fondées sur les faits; 
    • s’assurer que l’élaboration et la mise en œuvre des projets, le travail de politique, les demandes de financements, etc. sont bien alignés sur les problèmes identifiés et sur les besoins qui en découlent; 
    • surveiller l’impact et l’efficacité des interventions et des stratégies et faire en sorte qu’elles soient opérantes. (WHO, 2008; Ward, 2010). 
  • Pour bien faire, le recueil des données sur les prestations de services devrait se faire par le biais d’un système national capable de collecter les informations, d’exercer un suivi et d’émettre des rapports sur les VFFF de manière cohérente au niveau sous-national et local. Ces données, conservées dans un bureau central, peuvent être recueillies par voie électronique auprès de divers secteurs et prestataires de services, tels que:
    • La police et les administrations à personnels en uniforme appropriées (forces armées, par exemple);
    • Les tribunaux (dossiers des poursuites criminelles, demandes d’ordonnances de protection, affaires civiles);
    • Les hôpitaux et autres établissements de santé (dépistage de la violence; taux de mortalité et de morbidité);
    • Services de sécurité sociale;
    • Organismes d’aide sociale;
    • Établissements d’enseignement (primaire, secondaire et supérieur);
    • Foyers d’hébergement et espaces sûrs; 
    • Services d’aide téléphonique d’urgence (Council of Europe, 2000). 
  • Toutefois, le recueil de données exactes sur les VFFF dans les situations de conflit et de post-conflit présente des difficultés évidentes étant donné les problèmes de sécurité, les contraintes logistiques, la mobilité des populations, les réticences des personnes profondément traumatisées à déclarer les faits, les carences de l’infrastructure et le manque de confiance dans les services existants (WHO, 2008).  Dans de telles situations, les POP peuvent constituer un instrument de base pour l’établissement de normes de recueil des données et de partage des données dans de bonnes conditions d’éthique et de sécurité.  Mais les informations sur les dispositions des POP relatives à la standardisation du recueil et de l’analyse des données sont relativement limitées.
  • Pour veiller à la sécurité et au respect des principes éthiques dans la collecte des données, et pour remédier aux difficultés tenant à la disponibilité limitée des donnés sur les prestations de services dans les situations de crise humanitaire, une initiative visant à établir un mécanisme standardisé de recueil et d’analyse des données a été lancée en 2006 par le BCAH, le HCR et l’IRC: le Système de gestion de l’information sur la violence sexiste (GBVIMS). Le GBVIMS est aujourd’hui une initiative interorganisations régie par un Comité de pilotage composé de représentants du HCR, de l’IRC, de l’UNFPA et d’UNICEF. 
  • Le GBVIMS est unique en son genre du fait des caractéristiques suivantes:
    • Il standardise le recueil des données sur les incidents de VFFF et la terminologie en matière de VFFF pour tous les organismes prestataires de services dans de domaine;
    • Il assure l’anonymat des données sur les VFFF et la sécurité de leur archivage et de leur partage; 
    • Il crée automatiquement des statistiques sur les incidents de VFFF signalés qui peuvent servir à cibler les programmes, à révéler les lacunes et à déterminer les domaines où il convient d’entreprendre des recherches supplémentaires;
    • Il est d’un emploi facile, étant basé sur Microsoft Excel.  
  • L’objet du GBVIMS est à la fois d’aider les prestataires de services à mieux comprendre les cas signalés et de permettre aux acteurs de partager les données à l’interne entre les sites de projet et à l’externe avec d’autres organismes afin d’autoriser une analyse des tendances générales et d’améliorer la coordination des actions visant les VFFF. Le GBVIMS vise à harmoniser le recueil des données sur les VFFF dans les situations d’urgence humanitaire, à fournir aux responsables de projets concernant les VFFF un système simple de collecte, de stockage et d’analyse des données, et à permettre le partage des données sur les incidents de VFFF signalés dans de bonnes conditions de sécurité et de respect des principes éthiques. Le GBVIMS comprend:
    • Outils de classification de la VBG: jeu de six types d’outils pour standardiser les définitions de la VBG et le processus de classification des incidents. 
    • Formulaires d’admission et de consentement: pour recueillir les informations auprès des survivantes et protéger le contrôle exercé par elles sur leurs informations. Le formulaire d’admission et d’évaluation initiale est un formulaire standard conçu pour que les acteurs recueillent un ensemble commun de données.  Le formulaire de consentement à la communication d’information est exigé si les survivantes souhaitent donner leur autorisation au partage des informations les concernant; il a pour objet de protéger les droits des survivantes à garder le contrôle des données relatives à l’incident.
    • Registre des incidents (IR): base de données MS Excel conçue pour simplifier et améliorer le recueil, la compilation et l’analyse des données.
    • Modèle de protocole de partage de l’information sur la VBG: modèle de protocole énonçant les principes guides du partage des données relatives aux VFFF conformément aux exigences de la sécurité et de l’éthique ainsi que des pratiques optimales applicables lors de l’élaboration d’un système interorganisations de partage d’information.

Source: Site Web du GBVIMS

  • Le GBVIMS  a été mis en œuvre dans les pays suivants: Burundi, Colombie, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Guinée, Iraq, Kenya, Libéria, Népal, Ouganda, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Soudan du Sud et Thaïlande. 
  • Amélioration des programmes résultant du GBVIMS: Les données du GBVIMS aident à la conception de programmes en informant le personnel sur les actes de violence, le profil des survivantes et des agresseurs et les carences des prestations de services. Ceci aide les prestataires de services et les organismes de coordination a adapter les activités de prévention et de réponse en fonction des données recueillies.  Ces données éclairent le processus décisionnel des prestataires de services et des groupes de travail des interorganisations, appuient les efforts de plaidoyer (élaboration de politiques et mobilisation de financements) et facilitent la communication de rapports aux donateurs.
    • En Asie du Sud, les données du GBVIMS ont mis en évidence un accroissement du nombre d’incidents de violence déclarés. Elles ont également révélé que les survivantes de violences sexuelles n’atteignaient pas les établissements de santé dans les 72 heures après l’incident.  En conséquence, il a été mis sur pied une campagne pour informer les communautés de l’importance des services de santé (pour toutes les survivantes de violences sexistes) et des façons d’y accéder.  
    • En Afrique de l’Est, les données du GBVIMS ont servi à démentir le mythe que les actes de violence sexuelle sont commis principalement par des étrangers. Les prestataires de service ont constaté que plus de 60 % des survivantes avaient signalé que l’agresseur présumé était quelqu’un qu’elles connaissaient et que l’acte avait été commis en un lieu qui était censé ne pas être dangereux. Ceci a appuyé leur plaidoyer au niveau de la coordination.  
    • En Afrique de l’Est, les données du GBVIMS ont également mis en évidence le fait que les incidents de violence sexuelle déclarés avaient souvent été commis en milieu scolaire.  Ces données ont aider les prestataires de services à accéder aux établissements d’enseignement locaux pour sensibiliser à la violence sexiste et pour informer les administrateurs scolaires des services disponibles. Le service assurant l’organisation a ensuite plaidé en faveur de la formulation et de l’application de codes de conduite relatifs aux violences sexistes pour les enseignants et les administrateurs. 
  • Pour accéder aux outils du GBVIMS et pour apprendre à se servir du système, les organisations doivent: 
    • Participer à une orientation sur le GBVIMS en personne ou par un webinaire;
    • Remplir un bref questionnaire à l’intention du Comité de pilotage pour démontrer que le système est applicable à leur contexte et à leurs programmes;  
    • Participer à une consultation avec un membre de l’équipe mondiale du GBVIMS. Ceci leur offre accès aux connaissances spécialisées des organisations qui ont élaboré le GBVIMS et l’ont mis en œuvre de de multiples pays. 

Pour de plus amples informations, consulter le site Web du GBVIMS et visionner une visite rapide du site en anglais.

 

Ressources complémentaires

Reporting and Interpreting Data on Sexual Violence From Conflict-affected Countries: The “Dos and Don’ts” [Rapports et interprétation des données sur la violence sexuelle dans les pays touchés par les conflits: choses à faire et à ne pas faire] (UN Action, 2008). Disponible en anglais.  

Principes d’éthique et de sécurité recommandés par l’OMS pour la recherche, la documentation et le suivi de la violence sexuelle dans les situations d’urgence (WHO, 2007). Disponible en français et en anglais.