QUITTER LE SITE

Pour commencer

Élaborer un cadre conceptuel permettant d’appréhender les hommes les masculinités et les rapports de genre.

Quels sont les points clés à inclure dans un cadre conceptuel visant à appréhender les masculinités ?

Éléments communs et différences entre les hommes et les femmes;

Dominance de formes spécifiques de masculinités hégémoniques, en d’autres termes, idéals de masculinité (agressivité, force, ambition) qui garantissent l’exercice d’une dominance par certains hommes sur autrui et qui favorisent la subordination des femmes;

Modalités de construction active des masculinités;

Notion d’un « dividende patriarcal » (à savoir les privilèges dont tous les hommes jouissent du seul fait d’être des hommes);

Coûts associés à la masculinité traditionnelle, à la fois pour les hommes et pour les femmes;

Fait que de nombreux hommes sont aujourd’hui conscients de la problématique du genre;

Fait que la notion de masculinité évolue dans le temps (Ruxton, 2004; Connell, 1995).

 

On se reportera aux ouvrages suivants qui traitent des hommes, des masculinités et des rapports de genre :

Cadre d’action pour faire participer les hommes et les garçons à l’avancement de l’égalité entre les sexes et à l’élimination de la discrimination et de la violence à l’endroit des femmes et des filles (Michael Kaufman). Disponible français.

The Role of Men and Boys in Achieving Gender Equality [Le rôle des hommes et des garçons dans la réalisation de l’égalité des sexes], Rapport de la réunion du groupe d’experts organisée par la Division de la promotion de la femmes (ONU) en collaboration avec l’OIT et ONUSIDA, 21-24 octobre 2003, Brasilia (Brésil).  Disponible en anglais.

The Men’s Bibliography [Bibliographie des hommes] (compilée par Michael Flood)
Vaste répertoire bibliographique virtuel sur les hommes, les masculinités, le genre et les sexualités. Disponible en anglais.

Masculinidades y Equidad de Género [Masculinités et égalité des sexes] Vaste répertoire virtuel de ressources en espagnol sur les masculinités et l’égalité des sexes. Disponible en espanol.

 

Comprendre la diversité des expériences des garçons et des hommes et structurer les initiatives en conséquence

Les programmes doivent reconnaître les réalités suivantes :

Les hommes ne sont pas tous les mêmes et qu’il faut tenir compte des différences d’âge, de niveau d’éducation, d’expérience du racisme et de l’homophobie, de classe socioéconomique et d’autres;

Beaucoup d’hommes peuvent éprouver en même temps un sentiment de pouvoir et d’impuissance, en se sentant, par exemple, maîtres chez eux par rapport à leur épouse, mais opprimés au travail.

Comment les programmes peuvent-ils tenir compte de la diversité des expériences des garçons et des hommes ?

  En rencontrant les hommes au stade de la vie où ils sont, en les engageant au niveau de leur expérience vécue;

En pensant en termes de rapports de pouvoir et d’absence de pouvoir, en sachant que les hommes peuvent, comme les femmes, se sentir vulnérables; certains hommes, par exemple, peuvent ne pas se sentir puissants dans toutes les circonstances; il se peut que certains se sentent sans pouvoir par rapport aux hommes d’une autre race et/ou d’un autre niveau socioéconomique;

En ne traitant pas le fait d’être un homme comme un problème en soi; En s’adaptant aux besoins d’un groupe particulier (exemple : les pères) ou en menant leurs activités de manière inclusive, de façon à ce qu’aucun groupe ne se sente exclu, en employant des images et des exemples qui attirent une large gamme d’hommes, sans distinction de race, d’emploi ou de statut socioéconomique.


Assurer une exposition suffisante

Les programmes qui promeuvent des changements dans les normes et les comportements liés au genre exigent un investissement à long terme pour que de multiples sessions de groupe puissent avoir lieu ou que les activités communautaires et les campagnes puissent être exécutées de manière durable.

 

Promouvoir le changement au niveau de l’ensemble de la société et de la communauté, au-delà du niveau individuel

Comme l’indique l’emploi du modèle écologique, la lutte contre la violence qui  cible exclusivement le comportement individuel des garçons et des hommes donne des résultats limités.  Il est important que les interventions ciblent leur contexte et tiennent compte des individus, des relations, des institutions sociales, des contrôleurs, des dirigeants communautaires, etc.

 

Employer des messagers efficaces

  Étant donné les attitudes discriminatoires envers les femmes, les hommes sont généralement plus disposés à écouter d’autres hommes, qu’ils respectent, ce qui fait que les approches d’homme à homme sur les questions de genre sont particulièrement indiquées. On aura ainsi recours à des hommes et à des garçons, en tant que facilitateurs, pairs-éducateurs, porte-parole, pour s’adresser à d’autres hommes et garçons, mais après avoir évalué et renforcé leurs aptitudes et leurs connaissances de manière à s’assurer qu’ils procèderont selon une optique sensible aux sexospécificités, respectueuse des droits des femmes et égalitaire;

Faire intervenir à titre d’appui des femmes, sœurs, mères, grands-mères, épouses et amies, qui feront entendre leur voix pour aider les hommes à voir les conséquences de la discrimination fondée sur le sexe pour les femmes et les filles qu’ils connaissent (Ruxton, 2004);

Identifier les hommes influents, dirigeants et gardiens de l’opinion publique et de la culture (par exemple du monde politique, de la culture traditionnelle, de la religion, du monde du spectacle et du sport) et obtenir leur participation aux programmes.


Établir des groupes d’appui de garçons et d’hommes

On créera ainsi des espaces où il n’est pas porté de jugements, de manière:

À permettre aux hommes et aux garçons de regarder en face leur vie personnelle et émotive;

À aider les hommes et les garçons à comprendre l’impact négatif que les normes sociales rigides et les concepts traditionnels de masculinité peuvent avoir sur leur propre vie ainsi que sur celle des femmes et des filles;

À permettre aux hommes et aux garçons de se sentir appuyés tandis qu’ils deviennent plus favorables à l’égalité entre les sexes et qu’ils risquent d’être ridiculisés ou stigmatisés par d’autres hommes de leur communauté.


Adapter l’intervention au stade de changement où en sont les hommes

Les interventions doivent être adaptées au niveau de sensibilisation des garçons et des hommes et à la niveau de volonté d’assumer leurs responsabilités par rapport aux problèmes de la violence et de l’inégalité des sexes (Flood, 2008).

On évaluera donc à quel stade se trouvent les garçons et les hommes ciblés avant d’entreprendre le travail avec eux. Cela peut se faire au moyen d’un questionnaire sur les connaissances, les attitudes et les pratiques, d’entrevues, de discussions de focus groups et d’autres formes de recherche qualitative.

 

Tirer parti d’opportunités spécifiques au contexte pour promouvoir le changement

  Les « crises » sociétales, telles que l’épidémie de VIH/sida, la généralisation du chômage ou les paniques causées par les violences masculines (par exemple à la suite d’épisodes de violence signalés dans les médias ou de viols systématiques lors de troubles sociaux) peuvent mener à des modifications des rapports de genre et offrir des conditions propices aux interventions (Ruxton, 2004).


Identifier les temps et lieux appropriés pour atteindre les hommes et les garçons

 Les lieux et les occasions où les hommes s’assemblent, tels que les manifestations sportives, célébrations religieuses, lieux de travail, bars et cafés, peuvent offrir des points focaux d’intervention.

Il est utile d’identifier des sites stratégiques de communication où l’on peut atteindre un grand nombre de garçons et d’hommes, par exemple au moyen d’annonces d’intérêt public pendant la retransmission télévisée de rencontres sportives ou en employant des technologies de communication modernes appréciées des garçons et des jeunes hommes.

La création d’espaces où les hommes peuvent se réunir en échappant aux regards du public, en d’autres termes dans des lieux où ils n’auront pas à se demander comment ils seront considérés, peut aussi avoir son importance (Ruxton, 2004).


Aider les hommes à se rendre compte de ce qu’ils ont à gagner en s’impliquant

Les approches appliquées peuvent consister:

À aider les hommes et les garçons à comprendre les impacts négatifs qu’ont les notions traditionnelles de masculinité dans leur vie et dans celles des femmes et des enfants qu’ils aiment;

À aider les hommes et les garçons à comprendre en quoi ils peuvent bénéficier d’un partage du pouvoir avec les filles et les femmes, par exemple sous forme de relations plus intimes avec leur partenaire (Esplen, 2006);

À aider les hommes et les garçons à voir le mal, les pressions et le stress que les normes traditionnelles relatives au genre leur imposent et à comprendre que la participation peut les amener à se sentir plus assurés dans leur identité et plus libres;

À aider les hommes et les garçons à comprendre qu’il existe des possibilités de solidarité collective pour rejeter et repenser les normes qui induisent des pressions (par exemple, relations sexuelles forcées, mariage arrangé ou forcé, etc.).

 

Travailler avec les hommes et les garçons pour développer leur vie émotionnelle et leur capacité d’empathie

Les interventions devraient aider les hommes et les garçons à développer leur vie émotionnelle :

En créant des espaces sûrs où les hommes peuvent apprendre à analyser leurs sentiments et leur vie et à en parler ouvertement;

En aidant les hommes à trouver des alternatives non violentes et un soutien émotionnel pour résister aux facteurs de déclenchement de leur comportement violent (par exemple, chômage ou sentiment d’émasculation);

En apprenant aux garçons et aux futurs pères à prendre soin d’autrui, par exemple à faire preuve d’empathie et de compassion;

En enseignant des méthodes de résolution des conflits qui exigent une sensibilisation émotionnelle (Kaufman, 2003)

Sujet suivant   Analyse de situation