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Posez des questions sur la sécurité des femmes en milieu urbain

Même s’il est souvent vrai que les femmes et les filles de villes différentes se heurtent à des problèmes identiques, l’importance relative qu’elles attachent à tel ou tel problème sécuritaire change selon la ville. Cela s’appelle parfois « la géographie de la violence ». Par exemple, les femmes de New Delhi, en Inde, comme les femmes de Vancouver, au Canada, sont victimes d’actes d’harcèlement sexuel. À New Delhi, toutefois, le harcèlement sexuel sera probablement considéré comme une préoccupation sécuritaire plus grave que la violence des gangs, alors qu’à Vancouver la menace de violence des gangs sera jugée plus sérieuse que le harcèlement sexuel. Quoi qu’il en soit, ne présumez jamais que les problèmes d’une autre ville sont identiques à ceux de la vôtre.

Il serait indiqué que, dans le cadre d’une analyse de situation, les partenaires de programmes de villes sûres pour les femmes examinent les questions suivantes :

  • Quels sont les types d’espaces utilisés par les femmes et les filles en ville et dans la communauté ?
  • Quels sont les types d’espaces communautaires que les femmes et les filles évitent le plus ? Pourquoi ?
  • Quelles sont les heures du jour et de la nuit où les femmes et les filles sortent le plus souvent ? Quelles sont les heures du jour ou de la nuit où les femmes et les filles sortent le moins souvent ? Pourquoi ?
  • Les femmes et les filles sortent-elles seules, en groupes, ou en compagnie d’hommes ?
  • Les femmes et les filles s’arrêtent-elles dans certains espaces pour s’en servir, ou ne font-elles que les traverser ?
  • Quelles sont les activités des femmes et les filles dans ces espaces ?
  • À quelles formes de violence ou de situation dangereuse se heurtent les femmes et les filles dans la ville ou dans la communauté ? Quand et où risquent-elles le plus d’en être les victimes ? 
  • Quelles formes de violence et de situation dangereuse sont jugées les plus courantes/les plus graves ? S’agit-il de formes de violence sexiste à l’égard des femmes et les filles (harcèlement sexuel, agression sexuelle) ou de peur plus diffuse de la violence (vol, autre) ?
  • Quels sont dans la ville ou dans la communauté les groupes de femmes qui subissent le plus souvent des violences ou éprouvent le plus souvent un sentiment d’insécurité ?
  • Quels sont les politiques, programmes et pratiques en vigueur pour combattre la violence, l’insécurité et la criminalité à l’égard des femmes dans la ville ou dans la communauté ?
  • Au cas où il y a déjà des politiques, des programmes et des pratiques en place, quelles formes de violence et de criminalité à l’égard des femmes visent-ils ? Y a-t-il des formes de violence et de criminalité à l’égard des femmes qu’ils ne combattent pas ?
  • Des politiques, des programmes et des pratiques déjà en vigueur, quels sont ceux qui aident le plus les femmes à se sentir en sécurité dans la ville ou dans la communauté ? Comment peuvent-ils être développés ?
  • Des politiques, des programmes et des pratiques déjà en place, quels sont ceux qui aident le moins les femmes à se sentir en sécurité dans la ville ou dans la communauté ? Comment peuvent-ils être améliorés ou remplacés ?
  • Quelle est/quelles sont la/les question(s) sécuritaire(s) qui exige(nt) une attention particulière ? Veillez à inclure les besoins des groupes vulnérables comme les femmes âgées, les femmes handicapées et les femmes des minorités ethniques.
  • Il y a-t-il des différences d’opinion et d’approche parmi les principales parties intéressées quant à l’importance à accorder à la sécurité des femmes et aux problèmes connexes jugés prioritaires ? (Par exemple, les autorités peuvent estimer que la sécurité des femmes n’est pas un problème prioritaire, alors que les personnes âgées considèrent que c’est une préoccupation grave). Déterminez si oui ou non les attitudes et les opinions des acteurs reposent sur des éléments d’appréciation disponibles et empiriques des problèmes sécuritaires et sur les intuitions et les expériences rapportées par les femmes. (Cette analyse permettra par la suite de définir les objectifs prioritaires des campagnes de mobilisation du public).
  • Les programmes et services existants conçus à l’intention des femmes sont-ils sexospécifiques sur cette/ces question(s) prioritaire(s) ? Dans l’affirmative, y a-t-il des lacunes et comment les combler ?
  • Combien de temps faudra-t-il consacrer à la tâche ?

 

Menez des audits de sécurité

L’audit de sécurité est l’un des principaux moyens mis à la disposition des femmes par le Metropolitan Action Committee on Violence Against Women and Children (METRAC) de Toronto pour renforcer leurs compétences et améliorer la sécurité dans leurs communautés. Au cours des 20 dernières années, l’audit de sécurité des femmes a été utilisé dans des communautés et des quartiers aussi différents que Petrozavodsk, en Russie, et Dar es Salaam, en Tanzanie. L’audit de sécurité, qui a été adapté à d’innombrables circonstances et groupes de personnes, mené conjointement avec les représentants de l’administration locale, est considéré à présent par la communauté internationale comme une pratique optimale.

Il y a trois grands principes directeurs qui orientent les audits de sécurité des femmes :

  1. Les femmes connaissent mieux que quiconque leur environnement et leurs besoins sécuritaires;
  2. Les audits de sécurité facilitent la recherche de solutions locales et adaptées aux problèmes particuliers de manque de sécurité; et
  3. Les audits de sécurité encouragent la constitution de partenariats et les solutions proposées conjointement par les femmes et les administrations locales.

 

Avantages : Les utilisateurs des audits de sécurité notent que cet outil présente l’avantage d’entraîner des modifications de l’environnement qui renforcent la sécurité des femmes et de la communauté en général; d’entraîner des changements programmatiques et politiques sur le plan local qui renforcent la mobilisation en faveur de la sécurité des femmes et de la communauté en général; d’accroître les contributions financières et de donner une image positive des organisations et groupes communautaires qui mènent des audits de sécurité des femmes; d’améliorer les compétences et de renforcer la confiance des participantes aux audits; et de sensibiliser le public aux questions de sécurité des femmes (Lambrick et Travers, 2008).

Marche à suivre : En règle générale, l’audit de sécurité commence par une réunion de femmes et, le cas échéant, d’autres membres de la communauté qui étudient la question des espaces jugés dangereux dans leurs communautés. Les groupes d’audits de sécurité travaillent généralement mieux lorsque la représentation en leur sein est la plus large possible et, par voie de conséquence, les opinions exprimées les plus diverses possible (c’est-à-dire femmes jeunes et âgées, femmes handicapées, femmes d’origines ethniques différentes, etc.) (WISE, 2005, page 13). Les espaces jugés dangereux peuvent se présenter sous les formes d’un parking de centre d’achat, de passage entre immeubles résidentiels, d’une source d’eau ou d’un complexe de logements sociaux. Après avoir déterminé l’espace dont il s’agit, les membres du groupe d’audit s’y rendent pour repérer les facteurs ou caractéristiques qui en font un espace dangereux (normalement à l’aide d’une liste de vérification préétablie). Ces facteurs ou caractéristiques peuvent être un éclairage insuffisant, des graffitis hostiles, ou un emplacement désert. À l’issue de l’audit, le groupe présente aux autorités locales et aux autres membres de la communauté une série de recommandations visant à améliorer la sécurité de l’endroit en question.

Liste de vérification d’un audit de sécurité*

Cette liste de vérification est extraite du Programme régional « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous » d’UNIFEM et du Réseau des femmes et Habitat d’Amérique latine – AECID. Disponible en anglais et en espagnol.

Date :

Jour : □ lundi □ mardi □ mercredi □ jeudi □ vendredi □ samedi □ dimanche

Heure :

Temps :

Quartier :

Lieu précis :

Audit mené par (nom complet)

 

1)  IMPRESSIONS GÉNÉRALES

À votre avis, quels sont les cinq mots qui définissent le mieux l’endroit ?

2)  VOIR et ÊTRE VU

a. Comment est l’éclairage ?

□ Très bon  □ Bon  □ Satisfaisant □ Insuffisant □ Très mauvais

b. Est-ce que l’éclairage est uniforme ? □ Oui  □ Non

c. Est-ce que tous les lampadaires fonctionnent ? □ Oui  □ Non

Indiquez sur la carte les lampadaires qui ne marchent pas.

d. Pouvez-vous discerner le visage d’une personne à 25 mètres ?

□ Oui  □ Non

e. L’éclairage est-il obscurci par des arbres, buissons, structures ou poteaux ? □ Oui  □ Non

Veuillez expliquer :

f. Comment est l’éclairage des allées piétonnières et des trottoirs ?

□ Très bon □ Bon □ Satisfaisant □ Mauvais □ Très mauvais □ Il n’y en a pas

 g. Comment est l’éclairage à l’entrée des maisons et des immeubles ?

□ Très bon □ Bon □ Satisfaisant □ Mauvais □ Très mauvais □ Il n’y en a pas

h. Combien de personnes passent normalement à cet endroit ?

i. Dans la matinée :

□ Aucune  □ Plusieurs □ Nombreuses □ Très nombreuses

j. Dans l’après-midi :

□ Aucune  □ Plusieurs □ Nombreuses □ Très nombreuses

k. Dans la soirée (jusqu'à 23 h.) :

□ Aucune  □ Plusieurs □ Nombreuses □ Très nombreuses

l. La nuit (après 23 h.) :

□ Aucune  □ Plusieurs □ Nombreuses □ Très nombreuses

m. Pouvez-vous voir clairement ce qui se trouve en avant ? □ Oui □ Non

Dans la négative, pourquoi ?

□ Buissons/arbres □ Murs □ Collines □ Angles droits

□ Autres :______________________________________

Indiquez ces obstacles sur la carte.

n. Y a-t-il des endroits pouvant servir de cachette ?

□ Entre les poubelles □ Équipement lourd ou locaux de services déserts □ Allées ou ruelles □ Embrasures de porte ou entrées en retrait □ Chantiers de construction □ Broussailles et mauvaises herbes

Autres :____________________________________________

Indiquez sur la carte avec la lettre P les endroits qui peuvent servir de piège.

o. Comment pourrait-on rendre cet endroit plus visible ?

□ Matériaux transparents (verre par exemple) □ Déplacement des véhicules □ Suppression des angles morts □ Élagage d’arbres et de buissons □ Installation de miroirs de sécurité

□ Autres :___________________________________

p. Est-il facile de prévoir le chemin à suivre ?

□ Très facile □ Facile □ Pas très facile □ Pas moyen de prévoir

q. Est-il possible d’emprunter d’autres voies bien éclairées ? □ Oui □ Non □ Ne sait pas

r. Est-il possible d’emprunter d’autres voies fréquentées ?

□ Oui □ Non □ Ne sait pas                Précisez:___________________

s. Serait-il facile de trouver un refuge en cas de danger ?

□ Très facile □ Facile □ Pas très facile □ Ne sait pas

t. Y a-t-il plus d’une voie de secours par où s’échapper ? □ Oui □ Non □ Ne sait pas

3) ENTENDRE et ÊTRE ENTENDU

a. Qu’y a-t-il autour de cet espace ?

□ Usines □ Bureaux □ Terrains vagues □ Commerces □ Restaurants □ Zones boisées □ Quartier résidentiel □ Rues très fréquentées □ Ne sait pas □ Autres :

b. À quelle distance se trouve la personne la plus proche susceptible de vous entendre en cas d’appel au secours ? (précisez la distance : en mètres, en pâtés de maisons, etc.) _______________

4. OBTENIR DU SECOURS

a. À quelle distance se trouvent les services d’urgence, les agents de sécurité ou le poste de police ? (précisez la distance : en mètres, en pâtés de maisons, etc.) ____________________

b. Est-ce que le quartier est patrouillé par la police ou des agents de sécurité ? Oui □ Non □ Ne sait pas

 Dans l’affirmative, à quels intervalles ?

□ Toutes les heures □ Une fois dans l’après-midi/la soirée □ Ne sait pas   Précisez :___________________________

5) SACHEZ OÙ VOUS ÊTES ET OÙ VOUS ALLEZ

a. Y a-t-il des panneaux ou des cartes d’indication de l’endroit où vous vous trouvez ? (rue, immeuble, quartier, etc.)

□ Oui □ Non

b. Y a-t-il des panneaux indiquant où chercher des secours en cas d’urgence ?

□ Oui □ Non  Dans l’affirmative, sont-ils visibles ? La journée : □ Oui □ Non  La nuit : □ Oui □ Non

c. Que pensez-vous de la signalisation dans cet endroit ?

□ Très satisfaisante □ Satisfaisante □ Mauvaise □ Très mauvaise

d. Y a-t-il des signaux ou des panneaux à ajouter ou à changer ? Lesquels ?

6) AMÉNAGEMENT ET ENTRETIEN

a. Que pensez-vous de l’aménagement général de l’endroit ?

□ Très bon □ Bon □  Satisfaisant □ Mauvais □ Très mauvais

b. Si vous ne connaissiez pas l’endroit, vous serait-il facile d’y trouver votre chemin ?

□ Oui □ Non

c. Tel qu’il est, cet endroit vous permet-il de mener les activités pour lesquelles il a été conçu ? (c’est-à-dire à l’usage du public) □ Oui □ Non

d. Comment l’endroit est-il entretenu ?

□ Très bien □ Bien □ Adéquatement □ Mal □ Très mal

e. Est-ce que l’endroit vous semble faire l’objet d’attention ? □ Oui □ Non Pourquoi ? __________________________________

f. Y a-t-il des détritus abandonnés ?  □ Oui □ Non

g. Y a-t-il des graffiti ou des représentations ou slogans racistes et/ou sexistes sur les murs ?

□ Oui □ Non     Précisez dans l’affirmative :

h. Il y a-t-il des indications de dégâts ou de destruction prémédités ?

□ Équipement récréatif □ Ampoules □ Signaux ou panneaux □  Abris de transports publics

□ Autres______________________________________________

i.        Y a-t-il des réparations majeures à faire ?

□ Oui □ Non                  Lesquelles exactement ?

j. À votre avis, combien de temps faudra-il pour que les réparations soient effectuées à partir du moment où elles auront été signalées ?

□ Longtemps □ Peu de temps □ Ne sait pas     Précisez :_____________________________________

k. S’agissant des transports en autobus :

Quelles sont les lignes d’autobus qui desservent cet endroit ?

À quelle fréquence/quels intervalles les autobus passent-ils ?

Dans la journée……….

La nuit………………………

À quelle distance les arrêts d’autobus sont-ils les uns des autres ?

En règle générale, si vous prenez l’autobus tard le soir, le conducteur s’arrêtera-t-il entre les arrêts à votre demande ?  □ Oui □ Non                 

l. S’agissant des services de voiture et de taxis :

Les taxis/voitures passent-ils souvent dans le quartier ?

Dans la journée  □ Oui □ Non   La nuit  □ Oui □ Non   Dans la négative, pourquoi pas ?

Si vous les appelez la nuit, viennent-ils ? □ Oui □ Non □ Parfois

7) TRAVAILLER ENSEMBLE

a. Il y a-t-il des activités sociales et culturelles dans ce quartier ?

□ Oui □ Non     Expliquez :_______________________

Qui participe à ces activités ?___________________________

Lesquelles augmentent votre sentiment de sécurité ? __________________________________________

Lesquelles augmentent votre sentiment de sécurité ? __________________________________________

b. Y a-t-il des organisations communautaires et des groupes locaux qui s’intéressent au quartier et à ses habitants ?

□ Oui □ Non  □ Lesquels ?

Que pensez-vous de ces groupes/organisations ?____________________________

c. Y a-t-il des amis ou voisins dans le quartier sur lesquels vous pouvez compter en cas de besoin ?

□ Oui □ Non 

d. Y a-t-il des changements démographiques dans cet endroit ?         □ Oui □ Non 
Dans l’affirmative, lesquels ?___________________________________________

e. Y a-t-il des personnes handicapées ou avec des besoins spéciaux qui ont du mal à se déplacer ?

□ Personnes âgées □ Personnes avec une poussette □ Personnes en fauteuil roulant ou avec déambulateurs □ Malvoyants □ Malentendants      Autres :_____________________________________________

f. Y a-t-il à votre connaissance des établissements publics dans les environs ?

□ Oui □ Non  □ Lesquels ?_______________________________                         

Que pensez-vous de ces établissements ?___________________________________

8) PROPOSITIONS

a. Quelles améliorations proposez-vous pour l’endroit audité ?

b. Quelles améliorations proposez-vous pour la vie communautaire et sociale du quartier ?  

c. Quelle contribution personnelle pouvez-vous apporter à la mise en place de ces propositions ?

9) DERNIÈRES QUESTIONS….

a. Quelles sont les situations qui vous font peur dans le quartier ?

b. Quelles sont les situations qui vous font vous sentir plus en sécurité dans le quartier ?

 

*Ce matériel a été adapté de l’audit de sécurité créé par le Metropolitan Action Committee on Violence against Women and Children (METRAC). 1989, Ontario, Canada.

 

Liste de vérification d’un audit de sécurité pour les femmes immigrantes et réfugiées et pour les groupes minoritaires

La liste de vérification ci-dessous est l’aboutissement d’une initiative entreprise au Canada par le Women’s Safety Audit Guide [Guide de l’audit de sécurité des femmes] pour adapter ce document aux préoccupations actuelles des femmes immigrantes et réfugiées et pour proposer des politiques, pratiques et services d’audit appropriés. À cette occasion, les femmes interrogées ont rapporté des situations où elles ne se sont pas senties en sécurité ou à l’aise au contact des représentants des administrations publiques, soit parce qu’elles ont été traités grossièrement, soit parce qu’elles ont été ignorées ou soumises à des remarques ou questions humiliantes ou insultantes au sujet de leur race, langue, culture et religion. Elles ont proposé que la série de questions suivantes soit incluse dans un audit d’évaluation du degré de sécurité ou de confort ressenti par les femmes immigrantes et/ou réfugiées au contact des administrations publiques :

 

1.      En tant que personne appartenant à une minorité raciale, culturelle, linguistique, physique et psychologique, ou en matière de préférence sexuelle ou de religion, est-ce que j’ai le sentiment d’être bien traitée par les catégories d’employés suivants ?

o     Gardes de sécurité, agents de police, pompiers

o     Prestataires de services sociaux/services de santé

o     Personnel de justice et des tribunaux

o     Employés des transports publics (autobus, taxis, etc.)

o     Vendeurs/représentants de commerce

o     Personnel de loisirs/de centres communautaires

o     Personnel scolaire/chefs d’établissements scolaires

o     Fonctionnaires de l’immigration

o     Personnel des agences d’emploi/des centres de placement

o     Employés de parking/d’entretien d’immeubles

o     Autre(s)

 

2.      Est-ce que mes enfants sont équitablement traités par leurs camarades, enseignants et chefs d’établissements scolaires ?

□ Oui □ Non 

3.      Est-ce qu’à mon avis le matériel utilisé en classe ou dans les publicités des médias est insultant/insensible aux différences culturelles et raciales ?

□ Oui □ Non 

4.      Est-ce que j’ai parfois l’impression d’être exploitée par les autorités parce qu’elles présument que je ne connais pas le droit canadien ou mes droits de citoyenne ?

□ Oui □ Non 

5.    Est-ce que je suis témoin ou victime de remarques et comportements grossier et insultant, d’attitudes agressives ou intimidantes, ou ignorée ?

□ Oui □ Non  

Source : Immigrant and Refugee Women Audit, voir page 45 (Annexe E) de Women’s Initiatives for Safer Environments (WISE, 2005). Women’s Community Safety Audit Guide: Safety for Women, Safety for Everyone, Let’s Act on It!, Ottawa. WISE. Disponible en anglais.

 

Adaptation de l’audit de sécurité

Exemple

Gender Safety Audits for Public Spaces and Proposals for Safe Urban Spaces (2010).

Ce rapport, produit par la Municipalité de Delhi et l’INTACH (section de Delhi, donne un exemple de la façon dont les audits de sécurité pour les femmes peuvent être structurés et présentés au public et aux autorités municipales.  Les cartes des zones problématiques, les solutions/conceptions et les résultats des sondages sont présentés de manière attrayante et facile à comprendre. Disponible en anglais. [Please link to PDF, provided in separate file].

L’audit de sécurité a subi des adaptations au fil du temps pour répondre aux attentes de différents groupes de femmes et pour se conformer à des situations différentes. Dans certains cas, le langage a été simplifié. Dans d’autres, les exemples et procédures ont été adaptés aux réalités des régions rurales. Dans d’autres cas enfin, des guides d’audit totalement nouveaux ont été établis à l’intention d’endroits particuliers, comme les campus universitaires.

Outre ces changements, les différents groupes d’audit ont utilisé des approches différentes en matière de sécurité des femmes. Certains groupes, comme JAGORI en Inde, ont utilisé l’art de la cartographie pour tracer les caractéristiques des espaces peu sûrs (JAGORI, 2007). D’autres groupes, comme le Somali Women’s Neighbourhood Health and Safety Group au Royaume-Uni, ont utilisé les entretiens face-à-face avec les membres de la communauté. (Cavanaugh, 1998, page 60). D’autres approches ont comporté l’utilisation de maquettes à l’échelle des espaces (Cavanaugh, 1998, 16), l’observation des activités dans les espaces (Cavanaugh, 1998, 18), des enquêtes publiques (Evans et Dame, 1999, 11), la photographie (WISE, 2005, 19) et des présentations publiques au moyen de story-boards. (Phaure, 2004, 11).

Comme suite à ces adaptations, les recommandations émises par les groupes d’audits de sécurité des femmes ont été sensiblement différentes de celles qui l’avaient été à la création de cet outil. Elles préconisent, entre autres :

  • Qu’une attention particulière soit accordée à l’amélioration physique de l’environnement, comme un meilleur éclairage des rues et une meilleure visibilité (Toronto en 1989).
  • Que soient dûment pris en compte les facteurs socio-économiques, comme l’aménagement d’espaces de vie plus sécuritaires pour les femmes, l’amélioration des conditions de santé, et la création d’emplois, à Dar es Salaam, en Tanzanie (Mtani, 2002).
  • Que l’accent soit mis sur le développement des transports publics à Paris, en France (Lieber, 2002).

 

Souvenez-vous que les femmes et les filles sont les meilleures sources d’information sur les lieux et les moments où elles se sentent en sécurité

 Il est essentiel de s’enquérir auprès des femmes et des filles de ce qui les rend vulnérables. Comme ces informations risquent d’être différentes en fonction des expériences vécues, il convient d’interroger le plus grand nombre de femmes possible. La participation des femmes locales n’est toutefois pas garantie, celles étant peut-être trop occupées ou pas suffisamment à l’aise/en sécurité/habilitées/ou disposées à participer à ce type d’activité (surtout si elles appartiennent à un ou plusieurs groupes marginalisés). Afin de surmonter cette difficulté, permettez-leur de prendre l’initiative et de choisir le moyen de communication qui leur convient le mieux. L’utilisation de différents moyens de communication, comme l’organisation d’entretiens ou la création de groupes de réflexion, la réalisation d’enquêtes, la reproduction artistique des expériences vécues, etc., peut s’avérer utile.

 

Example:

CNN Report: Delhi Most Unsafe for Women, finds UN Survey, Delhi, India.

En partenariat avec ONU-Habitat, l’organisation de femmes Jagori, ayant son siège à Delhi, a conçu un sondage de grande envergure sur la sécurité des femmes. Ce sondage, axé principalement sur l’expérience des femmes dans les espaces publics, a produit des informations importantes et puissantes qui ont retenu l’attention des responsables élus et des médias internationaux. Le reportage de CNN illustre l’usage efficace que l’on peut faire des informations sur la sécurité/l’insécurité des femmes d’après les expériences de celles-ci. Disponible en anglais

Étude de cas : Débats des groupes de réflexion, Rosario (Argentine)

Les débats des groupes de réflexion se sont déroulés sur une période de deux mois pour permettre à leurs membres de mieux appréhender les formes variées de violence auxquelles les femmes sont exposées en ville. Les débats ont eu pour but d’évaluer les différents points de vue sur la violence en général et la violence faite aux femmes en particulier. Les questions abordées à cette occasion ont été : la situation de la femme, l’âge et la vulnérabilité de la femme; l’attitude de l’État et de la société civile par rapport aux différents aspects de cette question, y compris l’aspect sécuritaire; le milieu universitaire et l’accès à l’expertise; et le rôle des organisations de femmes. Des méthodologies différentes ont été utilisées lors de la présentation des sujets à chaque groupe de discussion, notamment les déclarations écrites, les questionnaires, les illustrations (photos de la ville, dessins illustrant des situations violentes, etc.) et des témoignages personnels. La technique « cartographique » a été également été utilisée. Les participantes ont fait part de leurs expériences quotidiennes dans leur quartier et dans la ville qui leur ont permis de désigner les endroits dangereux, et ont expliqué pourquoi elles les jugeaient comme tels. L’activité a été organisée en 2004 à Rosario (Argentine) par le CISCSA – Flora Tristán, grâce à une bourse du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes,.

Pour de plus amples renseignements sur l’organisation de réunions dans un cadre sécuritaire et accessible aux femmes, voir la section Mobilisation locale pour l’aménagement de villes et de communautés sûres pour les femmes dans les Principales Stratégies pour des villes et communautés sûres pour les femmes.

 

Ressources :

Précautions et évitements in Les femmes et la sécurité communautaire: guide de planification pour l’édification de communautés sûres, T. Dame et A. Grant (Cowichan Women against Violence Society, 2002): Activité 2, p. 12. Cet outil fournit des directives aux groupes de femmes sur le moyen de faciliter le récit de leurs expériences en matière de sécurité et d’insécurité dans leurs communautés. Les groupes de femmes réfléchissent, à l’aide d’exemples concrets, à l’impact de l’insécurité sur leurs habitudes quotidiennes, les consignent sur papier et en discutent. Disponible en français et en anglais.

Focus Group Guide (2009). Ce guide, réalisé par le Programme de Villes inclusive de genre financé par le Fonds d’affectation spéciale de l’ONU à l’appui de la lutte contre la violence à l’égard des femmes, et administré par Femmes et Villes international  (VFI) offre des orientations aux partenaires des programmes pour l’organisation de groupes de réflexion avec les femmes (de huit à 12 participantes normalement). Les travaux des groupes de réflexion ont pour objectif de mieux faire comprendre les raisons pour lesquelles les femmes se sentent en sécurité ou en danger dans les espaces publics urbains, et de réfléchir aux moyens de renforcer leur sécurité. Le guide offre également des indications et des idées utiles sur la manière de choisir et/ou de stimuler les participantes, de faciliter et/ou d’animer la réflexion, de choisir l’endroit de réunion, de présenter le débat, d’animer la discussion et d’en consigner et d’en rapporter les résultats. Disponible en anglais.

Handling the day-to-day problems of informal workers (sans date). Cet outil, créé par Christine Bonner pour Women in Informal Employment: Globalizing and Organizing (WIEGO), est conçu pour les acteurs qui œuvrent auprès des travailleurs du secteur informel.  Il fournit des informations sur les types de problèmes auxquels font face ces travailleurs, en rapport avec les questions de genre et de sécurité. Il fournit des recommandations sur la façon d’interagir avec les travailleurs informels selon un processus en cinq étapes : 1. Entendre l’histoire; 2. Analyser la situation; 3. Approfondir; 4. S’informer davantage; 5. Décider des actions. Des exemples tirés de situations vécues sont fournis à titre d’illustration. Disponible en anglais.

Diagnostico local y participativo centrado en las experiencias de mujeres » in Herramientas para la promocion de ciudades seguras desde la perspectiva de género. (L. Rainero, M. Rodrigou et S. Pérez. 2006) CISCSA – Centro de Intercambio y Servicios Cono Sur, Argentine : page 59-67. Cet outil a été créé par le CISCSA sous les auspices du Programme régional d’UNIFEM en matière de sécurité urbaine. Il offre des informations de base, des indicateurs et des méthodologies d’identification des questions sécuritaires des femmes. Les méthodologies comprennent des enquêtes, des audits de sécurité, des indicateurs, des cartes de perception de l’insécurité des femmes et des groupes de réflexion. Le guide s’adresse aux autorités municipales et aux organisations féminines. Disponible en anglais, en portugais et en espagnol.

Women’s Safety Audits: What Works and Where? (2008). Le rapport, produit par Femmes et Villes international, ONU-HABITAT et la Sida, fournit, à titre d’exemple, une synthèse des évaluations des audits de sécurité des femmes. Le rapport  commence par une analyse documentée des évaluations des audits de sécurité des femmes réalisés à ce jour, y compris les pratiques qui fonctionnent et les avantages que présentent les audits, et les pratiques qui ne fonctionnent pas et les inconvénients des audits. L’analyse aborde également les problèmes d’évaluation des audits et les recommandations qui ont été faites pour améliorer cet outil. En outre, le rapport publie les résultats des enquêtes approfondies menées auprès des groupes qui ont fait l’objet d’audits de sécurité des femmes. Ces résultats offrent des éléments d’appréciation supplémentaires des succès et des carences de différents éléments de l’audit et de ses capacités d’adaptation. Globalement, le rapport fournit des précisions sur la manière dont a été utilisé ce type d’audit à ce jour et sur les perspectives d’utilisation à l’avenir. Ces précisions s’adressent essentiellement aux groupes et aux gouvernements qui souhaitent entreprendre un audit semblable. Le rapport est disponible en anglais.

A Handbook on Women's Safety Audits in Low-income Urban Neighbourhoods: A Focus on Essential Services (2010). Ce guide fournit des orientations à l’intention des groupes de femmes, des urbanistes, des organisations communautaires et de divers citadins et organisations citadines sur la conduite d’audits de sécurité des femmes dans les quartiers à faible revenu. Il met l’accent tout particulièrement sur l’application de tels audits pour évaluer la sécurité des femmes en rapport avec leur accès aux services essentiels. Le guide distingue six étapes dans le processus d’audit de sécurité des femmes : analyse situationnelle rapide, interviews avec les parties prenantes clés, débats au sein de groupes de concertation, interviews approfondies, réalisation des audits de sécurité et activités de suivi. Disponible en anglais.

 Ensemble pour la sécurité des femmes : Créer des communautés plus sécuritaires pour les femmes marginalisées et pour toute la communauté (2010). Produite par Femmes et villes international, cette publication décrit un projet canadien portant sur la sécurité des femmes qui a été mis en œuvre auprès de groupes de femmes marginalisées dans quatre villes : femmes aborigènes à Regina (Saskatchewan), femmes handicapées à Montréal (Québec), femmes âgées à Gâtineau (Québec) et femmes immigrantes et de minorités visibles à Peel (Ontario). L’ouvrage contient des informations détaillées sur la planification et les objectifs du projet, ainsi que les leçons à retenir et les défis rencontrés (en matière d’adaptation et de réalisation d’autres de sécurité des femmes et de partenariat avec les instances gouvernementales locales). Il est disponible en français et en anglais.

Crossing Barriers, Breaking Divides: Making Delhi a Safer Place for Youth in a Resettlement Colony:  Madanpur Khadar, Delhi (2010). Cette publication, produite par Jagori, documente le processus des audits de sécurité auprès de jeunes (garçons et filles) dans une colonie de réétablissement. Le processus a été adapté ici aux besoins des jeunes et à un environnement urbain où les services essentiels, tels que l’alimentation en eau et l’assainissement, sont d’une importance dans la planification. Le processus et les résultats du projet sont décrits, l’accent étant mis sur la cartographie et la formation, la sensibilisation des parties prenantes clés et le renforcement des capacités des jeunes. Les résultats sont désagrégés par sexe. La publication contient également un guide pour la réalisation des audits de sécurité auprès de jeunes dans les zones de réinstallation. Disponible en anglais.

Walking our Neighbourhoods, Building Cities Free from Violence: Training material for neighbours to conduct participatory baseline assessments of their neighbourhoods so as to improve their habitability and social ties (M. Rodigou, en collaboration avec M. Nazar, 2008). CISCSA – Centro de Intercambio y Servicios Cono Sur – Argentine. Les ressources englobent: un guide disponible en anglais et en espagnol;  une liste de vérification de l’audit de sécurité disponible en anglais et en espagnol; Workshop Photos/Fotos Taller ; la vidéo est disponible en français, en anglais et en espagnol.

Women’s Safety Audit Guide: Safety for Women, Safety for Everyone, Let’s Act on It! (Women’s Initiatives for Safer Environments, 2005). WISE. Disponible en anglais.

Les femmes et la sécurité communautaire: guide de planification pour l’édification de communautés sûres (Cowichan Women Against Violence Society, 2002). Cowichan Women Against Violence Society, Disponible en français et en anglais.

Cowichan Valley Safety Audit Guide (Cowichan Women Against Violence Society, 1999). Cowishan Women Against Violence Society. Disponible en anglais.

Guide d’enquête sur la sécurité des femmes en ville (Ville de Montréal, 1993.) Ville de Montréal. Disponible en français.

Guide de réalisation d’une marche exploratoire (Ville de Lévis, Québec, sans date). Disponible en français.

METRAC: Safety Audit Kit (Metropolitan Action Committee on Violence Against Women and Children (METRAC, sans date). Disponible à l’achat en français, en anglais, en espagnol, en chinois, en panjabi et en tamoul auprès du METRAC.

Making Safer Places: A Resource Book for Neighbourhood Safety Audits (S. Cavanaugh, 1998). Women’s Design Service. Disponible à l’achat en anglais.

La marche exploratoire…Une façon simple d’améliorer la sécurité dans votre milieu (Commission Femmes, Ville de Québec, sans date). Disponible en français.

Sécurité des lieux : Guide d’évaluation (Fédération des Infirmières et Infirmiers du Québec, 2003). Disponible en français.

Kelowna Planning for Safer Communities Workshop (T. Dame et A. Grant, 2001). Cowichan Valley Safer Futures Program. Disponible en anglais.