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Incorporez les services et aménagements sécuritaires spécifiquement adaptés aux besoins des femmes dans les transports publics.

Dernière modification: October 30, 2010

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Les options
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Il est possible de procéder à de nombreux aménagements aux arrêts ou à l’intérieur des véhicules de transports publics pour satisfaire aux besoins des femmes. Ces aménagements ont des incidences directes sur la sécurité (installation de lignes téléphoniques d’urgence) ou sur le confort (sièges confortables). D’une manière ou d’une autre, l’amélioration de la sécurité et du confort dans les transports publics permet aux femmes de ne pas se retrouver dans des situations qui les mettent mal à l’aise, les rendent vulnérables ou leur font peur.

Encouragez l’aménagement de zones d’attente désignées.

Une étude a constaté que les femmes et les filles se sentaient plus en danger lorsqu’elles attendaient les moyens de transports publics qu’une fois qu’elles avaient pris place dans les véhicules (Halber, T., 2010). Les zones d’attente désignées sont des endroits spécialement aménagés à l’usage des passagers qui attendent les transports publics. L’aménagement de telles zones permet aux femmes d’attendre confortablement et en toute sécurité dans des endroits où les services de bus et de métro sont irréguliers. Les zones d’attente désignées sont bien éclairées, dotées d’interphones, surveillées par des caméras de sécurité et se trouvent dans des endroits souvent patrouillées par des gardes de sécurité ou des agents de police (TTC, 2009b). Ces zones sont parfois aussi dotées d’installations comme des sièges confortables et de grandes dimensions (prévus pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant ou avec des cannes, avec des colis et des landaus) et sont protégées des éléments. Lorsque ces zones sont abritées, il est préférable  que les parois soient en verre ou autre matériau transparent pour permettre aux femmes de voir ce qui se passe autour d’elles, et d’être vues en cas de danger (Drusine, 2002).


Source de l’illustration : Commission de transport de Toronto.

Assurez-vous que les transports publics et les arrêts des transports publics sont dotés d’installations d’urgence.

Les femmes et les autres usagers des transports publics seront plus en sécurité dans les transports publics et aux arrêts si ces endroits sont dotés de téléphones et d’interphones d’urgence clairement indiqués sur les quais, dans les immeubles des transports publics et facilement accessibles dans les parcs et autres lieux publics (TTC, 2009b). Il convient en outre d’aménager des cordons ou des sonnettes d’alarme pour passagers à l’intérieur des voitures du métro, des autobus, etc. Ces installations permettront aux passagers d’alerter les conducteurs en cas d’urgence (TTC, 2009b). L’installation de caméras dans les transports publics ou dans les zones d’attente est un autre moyen de surveiller les activités qui se déroulent dans le réseau du métro, dans les autobus, les tramways et les trains, contribuant ainsi à décourager la violence et le harcèlement et à rendre ces espaces plus sûrs.

 

Étude de cas : Aménagement visant à éliminer la criminalité dans les transports publics : trousse d’information sur la prévention de la criminalité.

Cette trousse d’information, produite par le Crime Reduction Home Office du Royaume-Uni, passe en revue les mesures d’aménagement visant à diminuer les taux de criminalité dans les transports publics dans le cadre d’un programme appelé Crime Prevention through Environmental Design (CPTED) [Prévention de la criminalité par l’aménagement de l’environnement physique]. Des études de cas, comme celles consacrées à la construction du métro de Washington en 1976 et aux améliorations apportées dans les années 1990 au terminal d’autobus de Port Authority à New York, offrent des informations approfondies sur les aménagements concrets qui contribuent à prévenir la violence. A titre d’exemple, on trouvera ci-dessous une liste d’aménagements intégrés dans le métro de Washington en vue d’assurer la sécurité des passagers:

Hauts plafonds voutés pour créer l’impression d’ouverture et pour atténuer la peur.

  • Quais spacieux pour renforcer le sentiment de sécurité.
  • Longs escaliers droits, pour éviter les entresols où peuvent rôder les délinquants.
  • Passages suspendus entre les quais plutôt que tunnels sombres et inquiétants sous les voies.
  • Éclairage reposant qui ne projette pas d’ombres inquiétantes.
  • Parois des quais en retrait et surfaces faciles à nettoyer pour décourager les graffiti.
  • Circuits fermés de télévision sur les quais et aux entrées pour faciliter la surveillance par le personnel et sécuriser les passagers.
  • Émetteurs-récepteurs radio pour tous les employés pour appeler au secours ou être alertés.
  • Personnel à l’entrée des quais pour aider les passagers, surveiller les récepteurs de télévision et décourager les resquilleurs.
  • Interphones dans les rames de métro et lignes téléphoniques d’urgence dans les stations.
  • Titres de voyage électroniques qui ouvrent les portillons d’entrée et de sortie.
  • Pas de toilettes, celles-ci favorisant la prostitution et le trafic de drogue.

Au terminal d’autobus de Port Authority, une immense station sur neuf niveaux, les mesures suivantes ont été prises dans les années 1990 pour combattre une criminalité et une violence généralisées :

  • Mise à disposition de chariots à bagages dans des endroits stratégiques.
  • Rénovation des aires de restauration.
  • Élimination des portes intérieures.
  • Élimination de l’accès direct à d’autres cages d’escalier.
  • Aménagement d’escaliers loin des entrées/sorties de rue.
  • Fermeture des endroits situés sous les cages d’escalier.
  • Fermeture des endroits situés entre les colonnes.
  • Rapprochement des murs et des colonnes.
  • Fermeture des escaliers de secours pendant les périodes creuses.
  • Fermeture de la plupart de la station pendant les périodes creuses.
  • Utilisation exclusive des portillons en dents de scie pendant les périodes creuses.
  • Centralisation de la billetterie.
  • Amélioration des accès en provenance des rues.
  • Installation des commerçants aux endroits clés et pour occuper les endroits vacants.
  • Remplacement des voitures de police par des voiturettes de golf dans les zones de stationnement.
  • Installation de panneaux en verre clair comme parois des salles d’attente.
  • Murs interdisant l’accès aux endroits non utilisés.
  • Murs autour des zones d’embarquement pour empêcher les SDF de s’y installer.
  • Interdiction de l’accès du public aux ascenseurs.
  • Interdiction des zones de construction avec du contreplaqué.

D’après le Designing Out Crime on Public Transport dans le Crime and Prevention Toolkit, Crime Reduction Home Office du Royaume-Uni. Disponible en anglais.

 

Plaidez pour l’aménagement d’unités de soins dans les stations de transports publics.

Il est important d’aménager des unités de soins dans des emplacements clés comme les stations de métro, les arrêts d’autobus et les gares ferroviaires. Ces unités doivent pouvoir fournir une assistance d’urgence aux femmes ayant subi des violences dans les transports publics ou aux environs. Elles doivent être dotés de personnel qui reçoit les plaintes des femmes, les informer des recours juridiques à leur disposition et leur donne des conseils. Pour de plus amples renseignements, consulter l’étude de cas «Viajemos Seguras en el Sistema de Transporte Público de la Ciudad de México » [Voyages sécuritaires des femmes dans les transports publics de la ville de Mexico] en espagnol.

 

Mobilisez le soutien du secteur privé en complément des ressources publiques pour l’aménagement de services et d’installations sécuritaires dans les transports publics.

L’allocation de ressources de l’État à la sécurité des femmes dans les transports publics devrait constituer une priorité à tous les niveaux des budgets publics. Toutefois, dans les cas où les budgets municipaux seraient insuffisants pour financer l’aménagement de zones d’attente désignées dans toutes les stations de métro, l’appel au concours financier des entreprises du secteur privé constituerait une alternative viable (Kuneida et Gauthier, 2003, 27). Sans se substituer aux engagements durables des budgets municipaux, l’aide du secteur privé et la constitution de partenariats entre le secteur public et le secteur privé constituent une option et une stratégie complémentaire susceptible d’accélérer les transformations du paysage physique. Une façon d’encourager le secteur privé à apporter son concours financier est d’incorporer la publicité des entreprises sur les installations sécuritaires publiques.

 

Étude de cas : Adopt a Light [Adoptez un lampadaire]

Le programme « Adopt a Light Limited » a été mis en place à Nairobi (Kenya), à la suite de la décision d’une entreprise de fournir un meilleur éclairage de la voie publique pour renforcer la sécurité urbaine. Utilisant la devise « Advertising with a Purpose » (Publicité à but défini), cette entreprise a installé plus de 185 lampadaires le long des principales artères et dans les bidonvilles de Nairobi. Le financement du programme a été assumé par  diverses entreprises auxquelles il a été demandé d’ « adopter un lampadaire ». En échange, les entreprises participantes ont été autorisées à utiliser les lampadaires comme vecteur de publicité (Kuneida et Gauthier, 2003, 27). La différence entre des routes et des rues mal éclairées et celles dotées d’un éclairage satisfaisant à intervalles réguliers est la différence entre un déplacement effectué par une femme en toute sécurité et un déplacement au cours duquel elle risque d’être victime d’une forme de violence.