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Organisez des activités de renforcement des capacités pour faire comprendre les concepts de base en matière de villes sûres pour les femmes et de violence à l’égard des femmes et des filles

Il est important d’organiser des stages de formation pour s’assurer que les partenaires du programme comprennent les concepts de base et acquièrent le vocabulaire adapté indispensable pour participer aux débats sur les villes sûres pour les femmes. Les concepts de base sont, par exemple, la sécurité en tant que droit fondamental, la violence à l’égard des femmes et des filles en tant que violation des droits de la personne, les causes et manifestations de la violence faite aux femmes et leur impact sur la vie quotidienne des femmes, les différentes formes de violence sexiste dans les lieux publics, les engagements pris par les autorités municipales en matière de prévention et d’intervention dans le domaine de la violence à l’égard des femmes, les mécanismes qui font que cette question reste invisible, etc.

Utilisez des techniques qui encouragent les gens à parler de leurs expériences. Une première question à poser, par exemple, peut être : « Est-ce que vous avez ressenti un sentiment d’insécurité quand vous étiez… ? »  On peut également demander aux participants de commenter des phrases comme « Les femmes ne devraient pas se déplacer à pied seules en ville la nuit », afin d’amorcer un débat sur les partis pris et les convictions qui cautionnent différentes formes de violence à l’égard des femmes. Assurez-vous que les activités du programme sont adaptées aux différents participants de sorte qu’ils les trouvent pertinentes. Lorsque ces activités s’adressent aux jeunes filles, par exemple, il pourra être utile de réaliser des maquettes ou de dresser des cartes des différents espaces publics qu’elles utilisent (places publiques, parcs, zones piétonnières) afin qu’elles puissent y indiquer les trajets qu’elles empruntent, les obstacles qu’elles y trouvent, les permissions que leur accordent les adultes pour fréquenter certains endroits, et autres caractéristiques de l’espace. Ceci encourage les jeunes filles à confier leurs expériences des différents endroits. Cette approche permet aux femmes et aux filles de comprendre que leurs instincts et leurs sentiments constituent des moyens importants d’appréhender la ville et la place qu’elles y occupent, et peuvent contribuer à renforcer leur sécurité.

Exemple :


Source de l’illustration :
Red Mujer y Habitat de América Latina
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Atelier : Géographie des violences corporelles, Bogota (Colombie). Des ateliers ont été organisés à Bogota pour aider les femmes à dresser une carte de la « géographie des violences corporelles » dans le cadre du programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous », exécuté par le Réseau Femmes et habitat d’Amérique latine et des Caraïbes. Durant ces ateliers, les différentes parties du corps féminin ayant été visés par les violences subies par les participantes ont été repérées sur un diagramme, avec indication des actes de violence. Les incidents ont ensuite été classés par catégories, selon le lieu où ils étaient survenus ou étaient susceptibles de survenir. Ceci a permis de dresser une carte indiquant clairement les relations entre les espaces publics et les cas personnels de violences. Pour de plus amples informations sur ces ateliers, voir Insumos para una caja de herramientas : Programa ciudades sin violencia hacia las mujeres, ciudades seguras para todos y todas [Ressources pour un dossier pratique : Programme « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous »]. Disponible en espagnol.

ACTIVITÉ : Des-mitificando mitos sobre la violencia hacia las mujeres en la ciudad [Démythifier les mythes sur la violence à l’égard des femmes dans la ville]. Cette activité prévoit l’utilisation d’une série de déclarations vraies et fausses pour stimuler une discussion de groupe. Exemples de déclarations : « Les femmes devraient éviter de s’habiller de manière provocante pour ne pas être agressées ou harcelées dans la rue », ou « Les femmes d’un certain âge n’ont aucune raison de craindre l’agression sexuelle ». Ce type de déclaration constitue une bonne entrée en matière pour explorer les mythes et les préjugés sur la violence à l’égard des femmes. L’idée est de faire dire aux participants s’ils pensent que ces déclarations sont vraies ou fausses et pourquoi. Cette technique a été employée en janvier 2007 dans la ville de Rosario, dans le cadre du Programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous », mis en œuvre par le Réseau Femmes et Habitat de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Employez un langage simple et clair et tenez compte de votre public. Il est important d’employer un langage simple et clair et de tenir compte du public auquel on s’adresse lors des sessions de renforcement des capacités. Les différents acteurs ont leurs propres dynamiques de travail, connaissances et moyens de travail auxquels votre stage devra s’adapter. Les besoins de chaque participant doivent être examinés et satisfaits. Le matériel pédagogique utilisé devra être conçu pour faciliter la compréhension des participants, par l’utilisation d’un vocabulaire ou d’exemples qui leurs sont familiers ou auxquels ils peuvent s’identifier. Cela leur permettra de mieux saisir les concepts qui leur sont présentés et les actions qui leur seront proposées. Les activités d’apprentissage et de formation devront reposer sur une évaluation préalable des attitudes, des niveaux de connaissances et des intérêts et/ou besoins d’apprentissage des participants. Cette évaluation permettra d’adapter la thématique et le niveau de la formation et d’en mesurer la qualité (en utilisant par exemple le même formulaire d’évaluation d’avant et d’après-formation aux fins de comparaison et d’évaluation des connaissances acquises par les participants).

Utilisez des exemples ou des récits pour illustrer les concepts. La présentation de nouveaux concepts devra s’accompagner d’exemples ou de récits auxquels les participants peuvent s’identifier dans leur quotidien, ce qui leur permettra d’assimiler les concepts plus rapidement. Pour expliquer par exemple comment la pauvreté aggrave l’insécurité des femmes, vous pourrez souligner que les femmes pauvres sont moins mobiles que les autres. Lorsqu’une femme pauvre souhaite se rendre à une activité récréative tard le soir, elle devra, pour rentrer chez elle, marcher seule dans les rues sombres si elle ne peut pas se permettre un taxi. En outre, l’aspect physique des quartiers pauvres est souvent plus délabré et négligé que celui des quartiers plus prospères, ce qui cause un sentiment d’insécurité chez les femmes et les décourage de participer à certaines activités de loisir dans la soirée.

ACTIVITÉ : « Formes quotidiennes de violence à l’égard des femmes en milieu urbain »

Cette action a été menée dans la ville de Rosario (Argentine) dans le cadre du Programme régional  d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous », mis en œuvre par le Réseau Femmes et Habitat de l’Amérique latine et des Caraïbes (2007). Afin de faire connaître les différentes formes de violence à l’égard des femmes en milieu urbain, il a été formé des groupes de discussion dans le cadre desquels les femmes ont raconté leurs expériences quotidiennes avec la violence et la peur. Ce type d’approche reposait sur les témoignages et les récits pour encourager la réflexion sur les différentes formes de violence infligée aux femmes et les comportements adoptés par les femmes par réaction à leur sentiment d’insécurité.

Utilisez des modèles de rôle. Les concepts peuvent sembler plus intéressants, plus réels et plus réalisables s’ils sont présentés par une personne que les participant(e)s connaissent et respectent et dont ils se sentent proches (Michau et Naker, 2003). Le recours à des modèles de rôle qui participent aux débats et parlent de leurs expériences en matière de sécurité des femmes et des filles peut prouver le bien-fondé des objectifs et des idées des participant(e)s, à mesure que ceux-ci/celles-ci développent leurs propres capacités. Choisissez des modèles auxquels les participant(e)s peuvent s’identifier et qu’ils respectent comme une personnalité masculine ou féminine de la région, ou un chef local ou tribal.

  • Lors de la présentation du modèle de rôle, rappelez brièvement ses expériences en matière de sécurité des femmes.
  • Assurez-vous que le modèle de rôle choisi comprend les concepts et les idées sous-jacents qui sont promus dans le cadre de votre programme de villes sûres pour les femmes.
  • N’oubliez pas d’étudier les antécédents du modèle de rôle proposé pour vous assurer qu’il n’a commis aucun acte de maltraitance ou de discrimination dans le passé.
  • N’oubliez pas de remercier le modèle de rôle pour le temps et les efforts consacrés à votre programme.

 

Exemple :  Draw role models into the process [Attirez des modèles dans le programme].

Le Tillicum Lelum Aboriginal Friendship Centre, à Nanaimo (Canada), a organisé une série d’ateliers pour aider les femmes victimes de maltraitance et de violence. Les sessions d’une semaine ont été menées avec beaucoup d’émotion et d’intensité, autant pour les participantes que pour les responsables de l’atelier. Le projet a connu un succès remarquable grâce notamment à la décision d’y inviter des sages, dont la plupart avaient vécu des expériences identiques à celles des participantes. Les sages ont non seulement incarné le symbole d’une vie saine et utile aux yeux des participantes, mais leur présence et leurs conseils ont constitué pour elles une source d’inspiration, de leadership et de soutien moral (Nanaimo, Canada, 2006). Voir page 12 du Community Guide for Preventing Violence against Women du ministère des Services communautaires de la Colombie-Britannique. Victoria : Gouvernement de la Colombie-Britannique. Disponible en anglais.

 

Encouragez les femmes à trouver leurs propres solutions. L’un des composantes du renforcement des capacités consiste à autonomiser les individus et les groupes pour leur permettre de trouver leurs propres solutions aux difficultés qu’ils affrontent. Cette composante est particulièrement importante dans le contexte des villes plus sûres, car les femmes et les filles savent ce qui leur donne un sentiment de sécurité ou d’insécurité. Cette connaissance de soi leur permet de proposer des solutions sécuritaires utiles, pour elles-mêmes comme pour les autres membres de la communauté, solutions qui ont le mérite non seulement d’être adaptées, mais aussi de faire en sorte que les femmes et les filles ont le sentiment de mieux maîtriser leur existence. Encouragez ce type d’autonomisation au moyen d’activités et d’exercices qui incitent les femmes et les filles à trouver leurs propres solutions plutôt que de leur en imposer.

Resource :

Estrategias para una ciudad sin violencia hacia las mujeres - cartilla de incidencia política [Stratégies pour une ville sans violence à l’égard des femmes : notionis élémentaires de plaidoyer de politique], 2009Cet ouvrage d’initiation a été créé  dans le cadre du programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous », exécuté par le Réseau Femmes et habitat d’Amérique latine. Son contenu a été élaboré selon un processus participatif avec la collectif « Femmes pour une ville sans violence » du district ouest de la Ville de Rosario.  Le collectif a repéré les espaces dangereux dans son district puis a œuvré avec les autorités locales pour élaborer des propositions visant à transformer ces espaces en des lieux exempts de violence à l’égard des femmes.  Cet ouvrage d’initiation est une ressource dont peuvent se servir d’autres femmes qui travaillent à des initiatives analogues. C’est un instrument d’autonomisation des femmes leur permettant de prendre part aux processus décisionnels locaux, à des projets de gestion participative et à des activités de plaidoyer politique.  Disponible en espagnol.

ACTIVITÉ : « Mes droits illustrés sous forme de dessins »

Le respect des droits de la personne des femmes et des filles occupe une place fondamentale dans le concept de villes sûres pour les femmes. Cette activité aide les femmes à comprendre leurs droits et la manière dont ceux-ci touchent leur vie quotidienne. Les participantes commencent par faire un dessin qui représente un droit de la personne. Les dessins sont ensuite affichés sur un mur et comparés dans une discussion de groupe par rapport aux expériences vécues.

Source : YWCA mondiale, 2006. Donner le pouvoir aux jeunes femmes d’initier le changement : Guide de formation. YWCA mondiale, Suisse : page 56. Disponible en français, en anglais et en espagnol.

ACTIVITÉ : « Nosostras y la ciudad » [Nous et la ville]

Cette stratégie a été développée dans le cadre du Programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous » et exécutée à Rosario (Argentine). Elle visait à sensibiliser les groupes de femmes au droit de vivre à l’abri de la violence urbaine. Les participantes ont été divisées en groupes de cinq choisies au hasard. Pour commencer, chaque groupe a reçu un puzzle contenant des phrases qui énuméraient différents droits : le droit de se déplacer librement en ville, le droit d’utiliser sans restriction les espaces publics, etc. Après avoir assemblé leur puzzle, les femmes ont examiné le sens de la phrase et improvisé une mise en situation devant les autres participantes. À l’issue des présentations par groupe, les participantes ont mené une réflexion sur le droit des femmes à vivre dans une ville exempte de violence et échangé des idées sur la question. (CISCSA, Argentine)

Assurez-vous que les emplacements choisis pour les activités de renforcement des capacités sont sûrs et faciles d’accès pour tous les participant(e)s. Les critères qui dictent le choix de l’endroit pour ce type d’activité sont, entre autres : la proximité des transports publics, le niveau sonore (les endroits silencieux étant préférables), la disponibilité de services de garderie d’enfants, l’heure de la journée (pratique ou pas). Il est très important que les femmes qui ont du mal à accéder aux lieux de réunion puissent participer aux activités d’aménagement de villes sûres pour les femmes. Les difficultés d’accessibilité sont causées par des facteurs aussi différents que les facteurs économiques, sociaux et culturels, et des problèmes d’ordre physique. Des efforts particuliers devront être déployés pour inclure ces femmes dans ces programmes car ce sont précisément elles qui se sentent souvent les plus vulnérables en milieu urbain. Ce sentiment peut être aggravé par des facteurs additionnels comme la responsabilité d’un enfant, l’obstacle linguistique, l’incapacité physique de se réfugier en lieu sûr en cas d’urgence, l’isolement, et autres. Ces problèmes rendent la participation de ces femmes aux actions entreprises publiquement particulièrement problématique et constituent un obstacle majeur au renforcement de leurs capacités. Il faut donc planifier de telles activités en veillant à permettre aux femmes et autres personnes ayant des problèmes d’accessibilité d’y participer.

Encourager les structures de travail en coopération. Lorsque les femmes n’ont pas l’habitude de parler ou de travailler en groupe, les activités de renforcement des capacités et les débats peuvent leur sembler intimidants. Il est donc important de veiller à ce que toutes les participantes se sentent à l’aise, d’encourager la participation de tous les membres du groupe et d’éviter d’attribuer un rôle prédominant à un ou une participant(e) donné(e), ou d’accorder une attention particulière aux interventions d’un(e) responsable aux dépens des autres participant(e)s. Dans le cas où, par exemple, une personne doit représenter tout le groupe, chacun de ses membres devra pouvoir se lever et indiquer qui devrait les représenter et pourquoi, comme dans une sorte d’élection. On s’assurera que chacun et chacune ait la possibilité de représenter le groupe en tant que porte-parole, en imposant une limite au nombre de fois où chaque personne exerce cette fonction. Cette activité a été réalisée à Rosario (Argentine), par le Groupe de femmes Promoters of a Nonviolent City (Travers, 2008).

Différents types d’activités pour le renforcement des capacités

Assurez la participation des principaux acteurs aux activités de renforcement des capacités pour l’aménagement de villes sûres pour les femmes et les filles.

L’aménagement de villes sûres pour les femmes et les filles relève de la responsabilité de tous, y compris les instances gouvernementales, les prestataires de services publics, les groupes locaux, les groupes de femmes, les programmes éducatifs, les organisations confessionnelles, etc. Il convient en conséquence de développer des activités de renforcement des capacités pour ces principaux acteurs, compte tenu de la place réservée à chacun d’eux dans le programme de villes sûres pour les femmes et les filles.

Tenez compte des différents secteurs qui doivent être associés au programme et de l’adaptation de la formation et de l’assistance technique nécessaires au renforcement des capacités.

L’aménagement de villes sûres pour les femmes et les filles et la lutte contre la violence sexiste supposent l’utilisation d’approches multisectorielles, chacune apportant une contribution majeure à la réalisation du programme dans son domaine d’activité respectif : urbanisme, santé, maintien de l’ordre, justice, transports publics, et ainsi de suite. Il importe d’étudier les besoins de renforcement des capacités pour chaque secteur clé ainsi que pour l’ensemble des secteurs, afin d’atteindre le niveau de coordination et de coopération indispensable à la mise en œuvre d’actions efficaces.

Encouragez les échanges d’apprentissage entre les programmes de villes sûres pour les femmes et les filles et autres projets.

Les participant(e)s aux programmes de villes sûres pour les femmes qui ont une expérience ou une expertise dans d’autres domaines d’action comparables, comme la prévention de la criminalité, la nature des préoccupations des femmes, la politique locale, l’urbanisme, le leadership ou d’autres domaines connexes, peuvent aider les autres membres du groupe en partageant avec ceux-ci/celles-ci leurs connaissances et expériences dans leur discipline respective. Un bon moyen de renforcer la confiance entre partenaires de programme est de prévoir un échange en renforcement des capacités. Les échanges permettent à chaque partenaire de contribuer à la réalisation du programme, tout en renforçant les connaissances de ses autres partenaires (Femmes et Villes international, 2007). Vous pourrez ainsi organiser une réunion entre les agents des forces de l’ordre locaux et les urbanistes. Dans le cadre d’un tel échange, les policiers pourront indiquer aux urbanistes les types d’espaces publics qui attirent la violence à l’égard des femmes, tandis que les urbanistes pourront indiquer aux policiers la manière de repérer clairement les cas de violence publique faite aux femmes. Cela permettra ensuite aux urbanistes d’étudier les espaces publics dangereux pour les femmes pour éviter de commettre des erreurs d’aménagement, et à la police de localiser les incidents de violence à l’égard des femmes pour améliorer sa capacité d’intervention. Il importe également de partager vos expériences avec celles des participant(e)s à d’autres programmes de sécurité urbaine afin d’élargir la base des connaissances et d’identifier les carences et les points forts de chaque expérience, à la lumière des contextes et des caractéristiques distincts de chaque programme. Il conviendra donc d’aménager des espaces d’échange d’expériences et des capacités en marge des programmes de villes sûres pour les femmes, et de formuler des stratégies pour mesurer les progrès accomplis, trouver des solutions et surmonter les obstacles, ainsi que pour tirer parti des ressources disponibles.

Exemple: Equidad de género: compartiendo la ciudad y sus barrios (Équité des sexes : partage de la ville et de ses quartiers), 2009. Cet ouvrage relate la réunion du Programme de relèvement des quartiers du ministère du logement et du développement urbain du Chili « Quiero Mi Barrio » (J’aime mon quartier) et du Programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous » exécuté par le Réseau Femmes et habitat d’Amérique latine. Il s’articule en trois sections. La première section, intitulée « Citoyenneté, genre et amélioration des quartiers », présente les activités du Programme régional d’UNIFEM au Chili et dans d’autres pays d’Amérique latine, ainsi que les leçons à retenir du Programme « J’aime mon quartier ». La deuxième section, « Ville, genre et violence : autres points de vue », contient des analyses érudites, des politiques publiques et des réflexions d’organisations internationales et de la société civile sur ces sujets particuliers. La troisième section rassemble des sommaires de conférences de Caroline Moser et Juan Manuel Salazar.  Disponible en espagnol.

Encouragez la collaboration et les échanges entre villes et les pays.

Les stratégies et les interventions prévues pour s’attaquer à des problèmes émergents comme l’aménagement de villes sûres et la violence à l’égard des femmes dans les espaces publics bénéficieraient des leçons tirées des expériences et des succès enregistrés dans ces domaines dans d’autres villes et pays, et de l’apport d’expertise et de stratégies éprouvées en matière de formation et de renforcement des capacités pour constituer des masses critiques sur ces questions.

 

Étude de cas : Collaboration et transfert des connaissances entre villes sur l’expérience du Programme d’intervention holistique de Fuenlabrada (Espagne) pour les femmes victimes de la violence et la Ville de Rosario, Argentine [Trasferencia de la experiencia del Programa de Atención Integral a Mujeres victimas de violencia del Ayuntamiento de Fuenlabrada] (2008).

La Ville de Fuenlabrada (Espagne) a développé un Programme d’intervention holistique pour les femmes victimes de la violence. Compte tenu de l’expérience acquise à cette occasion, les autorités municipales de Fuenlabrada ont été invitées à fournir à la ville de Rosario, en Argentine, une assistance technique en vue d’améliorer la qualité des services que cette ville offre aux victimes de la violence. L’Agence espagnole de la coopération internationale pour le développement (AECID), par l’intermédiaire de ses bureaux de pays, soutient le transfert des connaissances et encourage les experts hispanophones à offrir une formation sur place aux ressortissants d’autres pays hispanophones. Dans le cas présent, l’AECID a facilité le déplacement des représentants de la police judiciaire de Fuenlabrada qui se sont rendus à Rosario pour fournir l’aide technique sollicitée par leurs homologues argentins (dans le cadre du Programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes sûres pour tous », mis en œuvre par le Réseau Femmes et Habitat de l’Amérique latine et des Caraïbes).

À Rosario, il y a une force de police locale non armée, la Garde urbaine municipale, qui garde un contact direct et permanent avec les citoyens. Cette force a pour objectif d’améliorer les conditions de sécurité et de vie en milieu urbain dans les espaces publics comme les parcs, les places publiques, les rues et les espaces récréatifs. La Garde urbaine municipale coopère avec les autres services de l’administration municipale. Elle traite la question de la sécurité comme un droit de la personne et sa mission principale est la prévention. C’est pour toutes ces raisons que les partenaires de programme l’ont désignée comme l’outil le plus adapté dont dispose la municipalité pour œuvrer à la prévention de la violence sexiste et pour aider les femmes les plus vulnérables aux risques de violence ou celles qui en sont les survivantes ou les victimes. Les partenaires locaux et les représentants de la Garde urbaine municipale de Rosario se sont accordés sur la nécessité de formuler un protocole pour la prise en charge des femmes survivantes de la violence. La police de Fuenlabrada avait déjà élaboré un « Protocole de conduite policière pour les femmes ayant subi des violences », en coopération avec les services de développement social de Fuenlabrada, qui coordonnent le programme d’Intervention holistique pour les femmes victimes de la violence. L’expérience de Fuenlabrada a été jugée utile et riche d’enseignements pour le développement d’un protocole analogue à Rosario, d’où la proposition du transfert des connaissances dans ce domaine.

Le Programme d’intervention holistique de Fuenlabrada pour les femmes victimes de la violence a démarré il y a 10 ans. Au fil des années, la police et les autorités municipales ont été appelées à coopérer à maintes reprises sur des cas de violence à l’égard des femmes. C’est pourquoi l’assistance technique fournie par la police de Fuenlabrada a été proposée aux représentants des autorités de Rosario et aux forces de police de la province de Santa Fe (en Argentine, la police relève des autorités provinciales et pas municipales).

De nombreux ateliers de développement des capacités ont été organisés dans le cadre de cette assistance technique. Les ateliers ont visé tous les participants au programme et ont été adaptés au rôle que chacun d’eux doit jouer dans sa réalisation. Plus précisément, ont participé aux ateliers de formation des représentant(e)s :

  • De la Garde urbaine municipale de Rosario (la police locale); 
  • De la Police armée de la province de Santa Fe; 
  • Du Département des affaires féminines de la ville de Rosario; 
  • Des réseaux féminins de quartier qui travaillent sur les questions se rapportant à la violence à l’égard des femmes; et 
  • Des sections concernées du Département de développement social de la Municipalité de Rosario, notamment celles de la jeunesse, de l’enfance et de la diversité sexuelle. 

L’assistance technique proposée à cette occasion visait à :

  • Partager l’expérience de la Municipalité de Fuenlabrada avec la Garde urbaine municipale de Rosario de manière à aider cette dernière à formuler et mettre en application un protocole de conduite pour les cas de violence à l’égard des femmes dans les espaces publics de Rosario.
  • Partager l’expérience du Programme d’Intervention holistique de Fuenlabrada pour les femmes victimes de la violence avec le Département des affaires féminines de Rosario, de manière à ce que le programme d’assistance aux femmes victimes de la violence développé par ce département adopte une approche holistique. Le transfert des connaissances devrait également aider le Département des affaires féminines de Rosario à faire connaître aux autres services municipaux, notamment la Garde municipale urbaine, les initiatives qu’elle prend pour combattre la violence à l’égard des femmes.
  • Offrir une formation et partager les expériences des autorités municipales de Fuenlabrada avec les organisations de femmes engagées dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Réalisations :

  • Mise en place d’un cadre d’élaboration d’un protocole en matière de violence à l’égard des femmes.
  • Sensibilisation des agents de la Police armée de la province de Santa Fe et annonces d’actions de prévention contre la violence à l’égard des femmes et d’intervention en faveur des survivantes de la violence sexiste.
  • L’expérience partagée par la Municipalité de Fuenlabrada a permis au Département municipal des affaires féminines de Rosario de coopérer avec la Garde urbaine municipale pour élaborer un protocole de conduite qui ferait meilleur usage de leurs ressources combinées.
  • Reconnaissance du rôle clé des organisations locales et de femmes dans la prévention et l’intervention en cas de violence à l’égard des femmes, leur permettant de disposer des ressources mises à leur disposition pour remédier à la violence sexiste.
  • Ouverture de nouvelles perspectives et établissement de nouveaux domaines de coopération entre différents acteurs municipaux, par la sensibilisation des personnels de direction et des équipes techniques de plusieurs services municipaux au phénomène de la violence à l’égard des femmes et au rôle qu’ils sont appelés à jouer dans sa prévention et la protection des survivantes.

 

Cours d’enseignement de troisième cycle en ligne, Violence urbaine, Insécurité et discrimination : Vers la convivialité urbaine d’un point de vue sexospécifique [Curso Virtual de Posgrado : Violencia Urbana, Inseguridad y Discriminación : Hacia la Convivencia en la Ciudad desde un Enfoque de Género.] (2009).
Le Programme régional d’UNIFEM « Villes sans violence à l’égard des femmes, villes plus sûres pour tous », mis en œuvre par le Réseau Femmes et Habitat de l’Amérique latine et des Caraïbes, s’est associé au Centre d’études urbaines et régionales et au Conseil national de recherche scientifique et technique pour élaborer ce cours. Participants Le cours a été conçu pour les personnes souhaitant apporter une contribution à la prévention de la violence à l’égard des femmes et inscrire le problème de la violence sexiste dans les espaces publics au cœur des préoccupations des secteurs public et privé. Plus précisément, le cours a été conçu à l’usage de membres d’organisations gouvernementales et non-gouvernementales, de cadres et de jeunes. Il vise en définitif à renforcer les connaissances des étudiants en matière de développement de politiques sexospécifiques permettant l’aménagement d’espaces urbains plus sécuritaires et plus accueillants pour tous. Objectifs
  • Permettre aux étudiants de réfléchir sur la violence urbaine et la violence faite aux femmes et sur la manière dont ces formes de violence sont interdépendantes. Le cours emploie différentes théories visant à encourager les étudiants à réfléchir sur la façon dont les différentes formes de violence peuvent être considérées comme un danger pour la société en général et pour les femmes en particulier.
  • Contribuer à l’élaboration de propositions innovantes qui visent à mettre en place des politiques démocratiques et sexospécifiques axées sur la prévention de la violence à l’égard des femmes dans les espaces urbains.
  • Partager des outils et des méthodologies qui contribuent à la conception et la mise en place de programmes de villes sûres appliquant une approche sexospécifique.
  • Partager des idées et des expériences innovantes pour encourager les étudiants à développer des idées créatrices comme solutions aux problèmes liés à la violence à l’égard des femmes dans les espaces publics.
Pour s’inscrire au cours ou pour obtenir de plus amples renseignements le concernant, consulter le site Web en espagnol.