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Incorporez la dimension sécuritaire directement dans les projets urbains

Il conviendrait, lors de l’élaboration de projets urbains (nouveaux centres commerciaux, relais de transports publics ou parcs), d’examiner et d’adopter des mesures destinées à renforcer l’environnement sécuritaire des femmes et des autres membres de la collectivité. Ces mesures peuvent prendre la forme de normes de sécurité, concernant notamment l’éclairage, la signalisation, les passages piétonniers, l’accessibilité des transports publics, etc. (Cowichan Women Against Violence Society, 1999). L’application de ces normes est susceptible de transformer un cadre urbain labyrinthique (aliénant, compliqué et stressant) en un environnement qui encourage la convivialité entre voisins et est facile à parcourir (c’est-à-dire un cadre urbain où les femmes peuvent se déplacer en toute sécurité).

Assurez-vous que les projets urbains comportent des éléments faisant de la sécurité une priorité. La liste figurant ci-dessous explique les éléments les plus communs susceptibles de renforcer la sécurité des femmes et des filles dans les espaces publics. Les partenaires des programmes devront veiller, dans le cadre de leur collaboration avec les urbanistes, les concepteurs, les promoteurs et les architectes, à ce que ceux-ci en tiennent compte dans la conception de tous les espaces urbains.

  • Vérifiez que l’aménagement des espaces publics permet aux usagers de comprendre facilement où ils se trouvent. Les femmes et les filles ne se sentent pas en sécurité si elles sont perdues ou désorientées. Elles sont plus à l’aise dans un lieu qui leur est familier et dont elles savent comment sortir. Les plans/cartes et les panneaux de signalisation, un éclairage adéquat et une configuration facile à comprendre contribuent à faciliter les déplacements.
  • Songez à la visibilité. Les femmes se sentent plus en sécurité si elles voient leur environnement et si elles sont visibles en cas de besoin. Par exemple, les abris en verre aux arrêts d’autobus permettent aux femmes de surveiller ce qui se passe autour d’elles, et de s’assurer qu’elles sont visibles des passants, des automobilistes, des commerçants et des résidents.
  • Essayez de rendre les espaces publics aussi vivants et fréquentés que possible, pour que les femmes ne s’y sentent pas isolées ou seules. Les espaces à usages multiples assurent la présence de différents groupes d’usagers à des moments différents de la journée.
  • Vérifiez que les installations et les services d’urgence sont facilement accessibles. Si les femmes sont isolées et subissent des violences ou se sentent menacées ou ont peur, il est essentiel qu’elles puissent accéder facilement aux lignes téléphoniques d’urgence les reliant directement aux postes de police et aux services de téléassistance.
  • Assurez-vous que les espaces publics sont accessibles aux personnes dont la mobilité est limitée (personnes âgées, enfants très jeunes, personnes se déplaçant à l’aide d’une canne ou en fauteuil roulant, aveugles, mères avec landaus, etc.)

LISTE DE VÉRIFICATION EN MATIÈRE D’AMÉNAGEMENT SÉCURITAIRE

Les questions suivantes ont été choisies et adaptées des listes de vérification d’audits en matière de sécurité concernant l’aménagement des espaces publics.

1.      AMÉNAGEMENT GÉNÉRAL

Serait-il facile pour une personne ne connaissant pas les lieux de trouver son chemin ?

Y a-t-il des systèmes de signalisation et d’autres services d’information adéquats qui indiquent aux gens où ils se trouvent, comment trouver des services et qui appeler en cas d’urgence ?

Les informations fournies sont-elles visibles et lisibles à une personne en fauteuil roulant ou malvoyante ?

Est-ce que l’endroit ou l’immeuble est-il accessible?

Est-ce que l’endroit est desservi par des transports publics ? Dans l’affirmative, est-ce que ce service correspond aux besoins des usagers ?

À défaut, quelles sont les autres formes d’assistance disponibles ?

Est-ce que les immeubles, les trottoirs, les rues et les croisements sont judicieusement placés et faciles d’accès, notamment pour les personnes handicapées ?  Selon quels critères cela a-t-il été déterminé ?

2.      ISOLEMENT

Est-il possible, ou le sera-t-il à l’avenir, d’isoler l’endroit,  l’immeuble ou certaines parties de l’immeuble à certaines heures ? Dans l’affirmative, y a-t-il des mesures prévues pour renforcer la sécurité des personnes qui doivent utiliser ces lieux pendant les périodes considérées ?

Est-ce que l’affectation des terrains environnants incite les gens à se rendre dans ces lieux ?

À quelle distance se trouvent les services d’urgence les plus proches ?

Est-ce que la zone est patrouillée par des agents de sécurité, la police, les membres des programmes de surveillance du quartier ?

Y a-t-il moyen d’entendre les appels au secours ?

3.      VISIBILITÉ

Est-ce que la configuration du site, de l’immeuble ou des immeubles offre une visibilité maximale de la rue et des zones de stationnement, des allées et des passages ?

Est-ce que l’intérieur des immeubles comporte des coins en angle droit, des endroits isolés ?

Est-ce les structures, les aménagements paysagers, la végétation, les coins, les fossés, les véhicules, les panneaux de signalisation limitent la visibilité ?

4.      ÉCLAIRAGE

L’éclairage est-il suffisant ? Selon quels critères cela a-t-il été déterminé ?

L’éclairage est-il suffisant (sans être excessif ou éblouissant), réparti de manière égale, et pas dissimulé par des aménagements paysagers ou des clôtures ?

Est-ce que l’éclairage est suffisant pour éclairer les zones de stationnement, les passages piétonniers, les trottoirs, les panneaux de signalisation et les cartes ? Est-ce que l’éclairage est suffisant pour voir une personne à 20 mètres de distance ?

5.      SIGNALÉTIQUE

Quelle est la signalétique prévue ? Quelle est la signalétique nécessaire pour tous les usagers ? Est-ce qu’elle offre toutes les informations essentielles ?

Est-ce que la signalétique indique aux personnes handicapées les entrées faciles d’accès ?

Les panneaux sont-ils placés au bon endroit ? (par exemple, de manière à être visible par une personne en fauteuil roulant ?) 

Est-ce que les inscriptions sont de taille suffisante et suffisamment claires ? Qu’en est-il des symboles visuels ?

Est-ce que les lieux de passage des moyens de transport sont clairement signalés ? (stations de taxis, arrêts d’autobus, moyens de transports informels ?)

6.    INDICATEURS PRÉVISIONNELS DE MOUVEMENT ET SITES PIÈGES

Y a-t-il des endroits étroits et exigus, comme des encoignures, des cages d’escalier, des passages entre les poubelles, des allées, des ruelles, des zones de stationnement, qui peuvent servir de cachette ou où l’on peut échapper aux regards ?   

Est-il facile de prévoir le trajet de personnes le long d’un itinéraire donné ? Y a-t-il plus d’une voie principale d’accès ou de sortie à travers des zones fréquentées, entre les espaces publics et les immeubles ?

7.    ENTRETIEN

Est-ce que le lieu ou l’immeuble est bien entretenu ?

Qui est chargé d’effacer les graffitis, de réparer les dégâts dus aux actes de vandalisme ? Ces réparations sont-elles effectuées rapidement ?

Le public est-il informé des procédures à suivre pour signaler ces problèmes aux autorités ?

8.    GESTION ET SÉCURITÉ

Comment le lieu ou l’immeuble sont-ils surveillés ? (police, personnel de sécurité, etc.)

Le personnel de sécurité et les gérants d’immeuble sont-ils au courant  des préoccupations des femmes et des enfants en matière de sécurité personnelle ?

Pour les immeubles utilisés à des fins commerciales ou de services, y a-t-il des mesures et des programmes de sécurité en place ?

À quelle distance se trouvent les services d’urgence les plus proches ? (alarme, personnel, téléphone).

Y a-t-il des endroits qu’il faudrait verrouiller, clôturer ou barricader ?
Programme « Adoption d’un lampadaire », Nairobi (Kenya). À la suite des audits de sécurité des femmes menés à Nairobi dans le cadre du programme des villes sûres d’ONU-Habitat, des habitants de la ville ont reconnu que de nombreux endroits étaient mal ou pas éclairés, ce qui donnait un sentiment d’insécurité. Au lieu de s’adresser aux autorités municipales et aux planificateurs pour demander la mise en place d’une infrastructure d’éclairage coûteuse, les parties responsables ont encouragé les habitants à placer des lampes à l’extérieur de leur maison.  Cette solution peu coûteuse a amélioré l’éclairage dans les rues de Nairobi tout en amenant les habitants à prendre en charge leur propre sécurité (UN-Habitat, 2010, 13).
Campagne d’éclairage des installations ferroviaires, Mumbai (Inde). Dans le cadre de son projet « Genre et espace », l’organisation communautaire indienne PUKAR a mené des entrevues et des débats de focus groups sur les questions de sécurité avec des femmes de Mumbai. Les entrevues et les questionnaires ont révélé que l’éclairage était un facteur majeur et que les carences dans ce domaine contribuaient au sentiment d’insécurité chez les femmes. Des représentants du projet se sont rendus dans toutes les gares ferroviaires du Central Railway de la ville et ont évalué l’état de l’éclairage aux entrées et aux sorties, aux guichets d’achat des billets, sur les passerelles, dans les escaliers, sur les quais et dans les toilettes. Leur évaluation terminée, les représentnats du projet ont présenté un rapport complet sur chaque gare aux autorités du Central Railway. Les recommandations ci-dessous ont été émises pour toutes les gares de banlieue; elles sont présentées ici à titre d’exemple de la possibilité de formuler des propositions d’amélioration concrètes à partir d’observations sur l’environnement urbain.
  •  Partout où il est possible de le faire, les lampes jaunes (autres que celles à ampoules halogènes) devraient être remplacées par des tubes fluorescents, qui éclairent mieux.
  • Toutes les entrées et sorties des gares devraient être doté de lampes éclairant la zone extérieure/route, ce qui augmenterait la sécurité à l’arrivée et  à la sortie. On veillera tout particulièrement à bien éclairer les sorties des passerelles pour piétons, celles-ci étant des zones particulièrement menaçantes.
     Les passerelles pour piétons sont souvent perçues comme menaçantes et elles doivent être abondamment éclairées.
  • Les escaliers à la montée et à la descente des passerelles devraient avoir au moins trois tubes fluorescentes, de manière à rester suffisamment éclairer même en cas de non fonctionnement d’un tube.
  • Sur les quais, l’éclairage devrait être renforcé en dessous des passerelles étant donné que ces zones sont souvent dans l’ombre et mal éclairées.
  • Les zones ouvertes des quais devraient être éclairées, même lorsque les autorails ne s’y arrêtent pas étant donné qu’elles sont perçues comme présentant des menaces potentielles. 
  • Les quais de gare non utilisés doivent être éclairés à 30 %. Nous avons constaté que l’éclairage était souvent inférieur à ce niveau. Nous recommandons que l’on s’assure que cet éclairage à 30 % soit effectivement maintenu sur tous les quais non utilisés. » (Projet Gender and Space, sans date).

Pour de plus amples informations sur la campagne et le projet Genre et espace,  cliquer ici.

Parc de stationnement Nanna, Umeå (Suède) : Dans la ville d’Umeå, un parc de stationnement a été conçu pour offrir une installation attrayante pour les hommes ainsi que pour les femmes. Umeå Parkerings AB (UPAB), l’entreprise chargée des parcs de stationnement de la municipalité, rénovre le parc de stationnement Nanna depuis 1999 afin d’en accroître la sécurité et la convivialité pour divers usagers. Des hommes et des femmes de divers groupes socioéconomiques avaient signalé l’existence de plusieurs problèmes dans ce bâtiment, tels que le sentiment d’être pris au piège dans les cages d’escalier et un sentiment général d’insécurité. Sur la base de ces informations, l’aménagement physique du parc de stationnement a été modifié. Parmi les changements apportés figurent le nettoyage des graffiti, l’installation d’un nouvel éclairage et le remplacement de murs de briques par des murs de verre.  Pour de plus amples informations, voir le Parc de stationnement Nanna

Ressource :

Design Checklist [Liste de vérification de conception] (2001) in Kelowna Planning for Safer Communities Workshop Report [Rapport d’atelier pour la planification de communautés plus sûres de Kelowna]. (T. Dame et A. Grant. 2001). Cowichan Valley Safer Futures Program : pages 30-31. Cette liste de vérification générique qui sert à déterminer si les activités de planification de l’aménagement urbain satisfont aux exigences sécuritaires peut être transposée pour se centrer sur les préoccupations sécuritaires des femmes et utilisée par les organisations de femmes, les urbanistes et les responsables gouvernementaux. Cette liste propose un examen de cette démarche et énumère une série de questions à poser. Disponible en anglais.

L’aménagement des projets publics de développement devra aborder les problèmes sécuritaires des femmes aux différents moments de la journée et de l’année.

 La sécurité d’un lieu donné peut changer au fil d’une journée ou d’une année. C’est ainsi qu’une plage peut sembler sécuritaire pour les femmes pendant l’été et au milieu de la journée lorsqu’elle est fréquentée par la foule et des enfants qui jouent. En revanche, tard le soir et/ou au milieu de l’hiver, lorsque la même plage est déserte et sans équipements, elle peut sembler menaçante aux femmes et aux filles et aux autres membres de la collectivité. Les urbanistes et les architectes urbains doivent donc comprendre que les besoins sécuritaires des femmes changent au fil du temps dans un espace donné et, dans le cadre de leur travail, se demander quelles sont les impressions que donne l’endroit considéré et à quelles fins il est utilisé dans la journée, la nuit, et au fil des saisons.

Exemple:

Las Mujeres por una Ciudad sin Violencia (Femmes pour une ville sans violence), Colombie. Cette brève vidéo animée montre comment l’éclairage des espaces publics peut contribuer à la sécurité et à la liberté des femmes, la nuit. Disponible en espagnol

Étude de cas : Le réseau tchèque des Centres pour les mères.

Les Centres fournissent aux mères des espaces inclusifs et collectifs où celles-ci peuvent se réunir et/ou laisser leurs enfants temporairement dans un environnement sécuritaire. L’accessibilité de ces services d’appui permet aux mères d’aller travailler, de faire des études, d’assister à des réunions et de s’acquitter d’autres obligations.

Que sont les Centres pour les mères ?

Établis le plus souvent par des mères en congé de maternité, qui en assument la gestion et développent des projets en même temps, les Centres permettent aux mères de nourrissons de briser l’isolement que leur impose la garde d’enfant quotidienne à domicile.

Les Centres reposent sur le principe de l’autonomie familiale.

Ils offrent un sentiment d’appartenance et de solidarité et sont ouverts à toutes les générations.

Les Centres sont des lieux où les enfants sont les bienvenus et où ils retrouvent des camarades du même âge. Les enfants peuvent observer leurs mères dans des fonctions différentes de celles remplies à la maison.

Les Centres sont établis par l’activité bénévole des citoyens et contribue au renforcement de la société civile.

Les Centres facilitent le rôle maternel des femmes, tout en leur permettant de poursuivre des objectifs professionnels et de renforcer leur confiance.

Les Centres sont gérés de manière informelle et facilitent la naissance de nouvelles amitiés.

Extrait de Mateřská Centra. (2007) « Main Tasks of the Network ». Dans Mateřská Centra. Disponible en anglais.

 

Étude de cas : Aménagement de toilettes sexospécifiques. « Girls Education Project » (Projet Éducation des filles), UNICEF/DFID, Nigéria.

Les concepteurs, les promoteurs, les urbanistes et les architectes doivent tenir compte des préoccupations et des intérêts des femmes lorsqu’ils procèdent à l’aménagement, à l’emplacement et à la construction de toilettes publiques. Ces éléments ont des incidences sur la dignité et l’intimité des femmes, ainsi que sur leur capacité d’exercer leurs rites religieux et de remplir d’autres devoirs sociaux. La prise en considération des besoins des femmes lors de la conception et du choix de l’emplacement de toilettes publiques est un facteur qui détermine si ces toilettes sont utilisées fréquemment ou pas du tout.

Le « purdah » désigne les pratiques islamiques qui ont pour objet d’empêcher les femmes d’être vues par des hommes); ces pratiques restreignent la présence des femmes musulmanes en public et leur participation aux activités publiques, à l’exception de celles autorisées par leur mari. En conséquence, les femmes sont astreintes à une grande discrétion en public, et en particulier pour ce qui est de l’utilisation d’installations publiques comme les points d’eau et les toilettes. Dans de nombreuses communautés musulmanes traditionnelles d’Afrique, les femmes n’utilisent que rarement les toilettes publiques en raison du manque d’intimité.

Dans de nombreuses régions de l’État de Borno dans le nord-est du Nigéria, les hommes avaient l’habitude de prendre les décisions concernant le type, la configuration et la construction de toilettes et de latrines dans les maisons et les espaces publics. Les femmes étaient chargées de l’utilisation et de l’entretien des toilettes, le nettoyage de la maison et des toilettes étant considéré de leur ressort.

Cette approche a changé à la suite du lancement conjoint en 2006 par l’UNICEF et le DFID du projet scolaire WASH, dans le cadre du « Girls Education Project » (GEP). Le projet vise à établir un cadre d’apprentissage scolaire convivial pour accroître les taux d’inscription, de fréquentation et d’achèvement des études élémentaires.  La disponibilité de toilettes propres et pratiques contribue, on le sait, à augmenter la fréquentation scolaire des filles et le projet s’est employé à faire installer dans les écoles des toilettes aménagées en tenant compte des besoins et des intérêts des filles.

L’aménagement de toilettes scolaires dans le cadre du GEP a été reproduit dans d’autres régions du Nigéria. En 2008, Année internationale de l’assainissement, un projet national ayant prévu l’aménagement sexospécifique de toilettes publiques dans les établissements d’enseignement, les cliniques, les zones de stationnement, les marchés et autres lieux publics a été lancé.

Texte extrait directement de IRC Centre international de l’eau / International Water and Sanitation Centre (2008). « Gender-sensitive toilet design meets cultural needs of girls and women in north-east Nigeria » [L’aménagement sexospécifique de toilettes correspond aux besoins culturels des filles et des femmes du nord-est du Nigéria]. Dans Centre international de l’eau et de l’assainissement. Reproduit le 20 mai 2009.

De plus amples renseignements sur le Projet WASH de l’UNICEF sont disponibles en anglais. De plus amples renseignements sur le Girls Education Project sont disponibles en anglais.

Ressource :

« Together we can make a difference » [Ensemble nous pouvons faire une différence], Safe Delhi for Women Campaign [Campagne pour la sécurité des femmes à Delhi] (JAGORI, 2009). JAGORI. Ce film montre comment la sécurité des espaces urbains peut changer sensiblement en fonction de l’heure de la journée. Dans cet exemple, une ruelle étroite est présentée comme sombre et menaçante la nuit parce que c’est un espace où les hommes interpellent et admonestent les femmes. La même rue est dépeinte comme conviviale et accessible dans la journée car c’est un endroit fréquenté par de nombreux groupes d’usagers différents. Le film montre comment la mise en place d’installations indispensables comme l’éclairage peut transformer un espace qui provoque l’appréhension et la peur chez les femmes en un lieu qu’elles utilisent en toute confiance. Le film est disponible en hindi avec des sous-titres anglais : 60 secondes.

Les installations publiques destinées aux femmes devraient être examinées avec le même soin que les autres installations.

Les femmes ont recours souvent aux installations publiques, parfois plus que les hommes. Ces installations comprennent les cabines téléphoniques d’où elles peuvent appeler gratuitement les services de téléassistance ou la police, des toilettes publiques propres et privées dotés d’endroits pour changer les langes, des services de garde d’enfants, des zones de stationnement sécuritaires avec des endroits réservés aux poussettes et aux chariots, et des abribus. Les projets de planification et d’aménagement urbain répondent mieux aux besoins des femmes s’ils comportent déjà de telles installations ou celles-ci se trouvent à proximité. Dans les villes où ces installations n’existent pas ou sont difficiles d’accès, les femmes se sentiront forcément moins à l’aise que les hommes, ou seront forcées de recourir à des options moins sécuritaires comme l’utilisation de toilettes ou de téléphones qui ne leur sont pas réservés.