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Suivi

Le suivi de la progression des programmes dans le secteur informel repose sur la collecte des données de base. Le suivi est axé sur la collecte des données d’évaluation des éléments suivants (PNUD, 2009):

  • Progrès accomplis vers la réalisation des résultats
  • Facteurs qui contribuent ou font obstacle à la réalisation des résultats
  • Stratégie de partenariats
  • Participation des victimes aux activités programmatiques 
  • Viabilité des projets
  • Meilleur partage des leçons apprises et des connaissances acquises

Un suivi efficace pose les bases d’une évaluation de programme. Les données et les rapports de suivi doivent pouvoir être utilisés dans une évaluation de programme.

Le suivi peut s’intégrer relativement facilement aux activités programmatiques et se présenter sous des formes simples. Le suivi peut s’effectuer, par exemple, sous la forme de notes de réunion et de rapports d’activité pour consigner les méthodes employées pour la mise en oeuvre du programme et les difficultés et les résultats ou faits imprévus, comme les changements politiques, les changements brutaux dans les perceptions des parties concernées ou le fonctionnement des partenariats.

Des exemples de formulaires de suivi de réunions et de rapports d’activité sont disponibles dans Mobilising Communities to Prevent Domestic Violence: A Resource Guide for Organisations in East and Southern Africa, p. 245-47 (Raising Voices, 2003). Disponible en anglais

Le suivi peut également comprendre l’observation régulière des méthodes utilisées pour assurer leur conformité aux plans et protocoles originaux. Cela peut consister dans l’élaboration d’un système d’indicateurs de performance. L’évaluation de performance permet d’identifier les possibilités d’amélioration de l’approche d’une organisation en vue d’exercer un impact social positif, et d’éclairer le processus de prise de décisions quotidiennes et à plus long terme. Le suivi peut également consister à réproduire la collecte des données réunies dans l’Étude de base.

Building a Performance Measurement System: A How to Guide (Root Cause, 2009). Disponible en anglais.      

Observatoire canadien sur les mesures prises pour contrer la violence conjugale (2011). Ce site Web propose des outils et une recherche menée par un consortium d’organisations canadiennes                    qui travaillent sur le suivi et l’évaluation de programmes axés sur la réforme du secteur judiciaire et la violence conjugale. Disponible en anglais et français.        

Indicateurs de suivi de performance mis au point par USAID

L’organisation Women’s Legal Rights Initiative a utilisé les indicateurs trimestriels axés sur le secteur judiciaire suivants pour surveiller les programmes qu’elle administre en Albanie, au Bénin, au Guatemala, à Madagascar, au Rwanda et en Afrique australe.

  • Pourcentage des violations des droits juridiques des femmes (comme la violence conjugale, le viol, la traite) rapportées à la police ou à la justice et portées devant les tribunaux.
  • Nombre des juristes formés aux droits humains des femmes et au droit international en matière de droits de l’homme
  • Nombre de décisions judiciaires qui citent le droit international en matière de droits de l’homme
  • Nombre des systèmes existants pour améliorer les procédures de recours en justice, par ex. les ordres d’avocates, les tribunaux spécialisés, les tribunaux d’affaires familiales, nombre des femmes dans le judiciaire.
  • Nombre des juristes qui consultent des publications parrainées par des programmes axés sur les droits juridiques des femmes

Il convient de noter que, malgré son intention de départ, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) n’est pas parvenue à réunir des données sur chacun de ces indicateurs dans les pays où s’apliquaient ses programmes. Cela souligne les difficultés associées aux activités de suivi de la violence envers les femmes et le besoin d’élaborer des méthodes créatives de collecte de données, comme le suivi des médias et le recours plus fréquent aux méthodes qualitatives.

Source: Agence américaine pour le développement international. 2007. Practical Guide and Methods to Advance Women’s Legal Rights: Final Report of Women’s Legal Rights Initiative. annexe A.

Il sera peut-être utile de recueillir, en fonction de la durée du programme, des données pour les comparer à intervalles réguliers aux données de référence pour pouvoir mesurer les progrès accomplis vers la réalisation des objectifs.

Suivi du respect de la loi sur la violence conjugale en Inde

L’organisation non gouvernementale indienne Lawyers Collective assure le suivi de l’application de la loi appelée Protection of Women from Domestic Violence Act  (PWDVA) depuis son adoption en 2005. Visionnez la vidéo sur les activités réalisées par l’association Women Rights Initiative pour faire adopter cette loi. (en anglais). L’association a utilisé une double approche pour mieux comprendre le fonctionnement des organismes mis en place pour assurer la mise en oeuvre de la PWDVA (2005), qui a consisté à : (i) Collecter auprès des ministères nodaux de chaque État des données primaires sur l’infrastructure et les mesures adoptées par l’État concerné pour l’application effective de la loi; (ii) Effectuer des visites sur le terrain dans certains États pour s’entretenir avec les différentes parties concernées, dans le but d’étudier le mode de fonctionnement des organismes sur place. Des données sur l’infrastructure ont été collectées auprès des représentants de ministères nodaux des États concernés lors d’une réunion organisée le 26 août à la Nouvelle Delhi par l’association et la National Commission for Women (NCW) (Commission nationale pour les femmes). À cette occasion, les représentants des ministères ont répondu à un questionnaire, fournissant des précisions sur:

  • Les agents de protection: nombre de nominations, profil professionnel, méthodes de travail, surveillance et responsabilité, assistance technique fournie par le ministère nodal, problèmes rencontrés par les agents de protection.
  •   Les prestataires de services: nombre de nominations, profil organisationnel,   organisme public ou privé, organisation non gouvernementale.
  • Les foyers d’hébergement et les centres médicaux: nombre d’inscrits, profil organisationnel de ces établissements
  • Les subventions accordées par le gouvernement de l’État concerné pour l’application de la loi PWDVA (2005) et la nature des campagnes de sensibilisation
  • Les mesures prises par l’Office de services juridiques de l’État (State Legal Services Authority), la Commission d’État pour les femmes (State Commission for Women), et les services de police pour la mise en oeuvre de la loi (2005).

En plus de répondre au questionnaire, les participants ont présenté des exposés individuels pour partager l’information sur les meilleures pratiques, les difficultés et les tendances émergentes en matière de mise en oeuvre. Les États qui n’ont pas participé à la réunion ont reçu un questionnaire envoyé par la Commission d’État pour les femmes, qui a ensuite retourné les formulaires remplis à l’Initiative de défense des droits des femmes (LCWRI).

La LCWRI a également collaboré avec des partenaires locaux à la collecte de données dans 20 États, dont elle a visité 15. Les cinq autres ont reçu la visite des partenaires de l’Initiative. Une liste des 20 États suit: les paranthèses indiquent l’organisme qui s’est chargé du travail sur le terrian. Les États ci-dessus ont été choisis pour des visites sur la base des critères suivants:

  • Les États non inclus dans le 1er rapport M et E. (De plus, la LCWRI a effectué une autre visite dans les États inclus dans le rapport M et E).
  •  L’objectif a été d’assurer la plus large répartition géographique en incluant des États de toutes les régions.
  •  Les États qui ont entrepris avec succès des actions en matière de mise en oeuvre.
  •  Les États où l’association compte des partenaires locaux qualifiés pour effectuer des visites sur le terrain, grâce à l’expérience acquise en travaillant sur la loi PWDVA.

La LCWRI a également élaboré un modèle d’entrevue utilisé pour interviewer les parties prenantes suivantes sur les expériences acquises en travaillant sur la mise en oeuvre de la loi PWDVA (2005):

  • Responsables des départements ministériels [(par exemple, le Department of Women and Child Development (ministère de la promotion de la femme et de l’enfant), le Department of Social Affairs (ministère des Affaires sociales)].
  •  Agents de protection: Entrevues axées sur leurs compétences en matière d’éducation, l’expérience professionnelle et leurs rôles dans la phase d’avant et d’après contentieux. Un agent de protection au minimum et 10 au maximum ont été interviewés pour chaque État. Les agents de protection ont été choisis en fonction de leur proximité géographique des régions visitées par la LCWRI et ses partenaires, d’où l’orientation urbaine du modèle.
  •  Prestataires de service: Entrevues axées sur leur profil organisationnel et leurs rôles dans la phase précédant et suivant le contentieux. Les prestataires de service ont été choisis en fonction de leur proximité géographique des régions visitées par l’Initiative et ses partenaires, d’où l’orientation urbaine du modèle.
  •  Foyers d’hébergement et centres médicaux.
  •  Commissions d’État pour la femme et les Offices de services juridiques de l’État: Entrevues axées sur leurs rôles dans la mise en oeuvre de la loi PWDVA (2005).
  •  Organisations de femmes, organisations de la société civile, organisations non gouvernementales et juristes: Entrevues axées sur les expériences acquises en travaillant sur la loi PWDVA (2005).

L’association a également collecté des notifications, des circulaires officielles, des décrets officiels et des ordonnances judiciaires pour avoir un tableau complet de l’état d’application de la loi et, fait important, a signalé les limites inhérentes aux efforts de collecte de données. Son rapport de suivi a consigné les problèmes rencontrés au fil des procédures de suivi, les limites des méthodes d’échantillonnage utilisées, et les types de données qui font défaut. La mise en évidence des limites est essentielle pour renforcer la crédibilité du rapport.

Resource Tool on Monitoring and Evaluating Implementation of the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Collective, 2013). Disponible en Anglais.

Manual on the Best Practices under the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Collective, 2013). Disponible en Anglais.

Voir les Rapports de Suivi:

Staying Alive: First Monitoring and Evaluation Reports on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2007). Disponible en Anglais.

Staying Alive: Second Monitoring and Evaluation Reports on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2008). Disponible en Anglais.

Staying Alive: Third Monitoring and Evaluation Reports on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2009).  Disponible en Anglais.

Staying Alive: Fourth Monitoring and Evaluation Reports on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2010).  Disponible en Anglais.

Staying Alive: Fifth Monitoring and Evaluation Reports on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2012).  Disponible en Anglais.

Staying Alive: Sixth Monitoring and Evaluation Report on the Protection of Women from Domestic Violence Act, 2005 (Lawyer’s Initiative Women’s Rights Collective, 2012). Disponible en Anglais.

Source: Lawyers Collective. 2008. Staying Alive - Second Monitoring and Evaluation Report 2008 on the Protection of Women from Domestic Violence Act 2005 , p. 8-10.

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