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Sensibiliser le public

La sensibilisation est un instrument puissant de changement d’attitudes envers les questions liées à l’égalité des sexes. Les principaux principes de sensibilisation à la réforme du secteur informel de la justice consistent à (Agence australienne pour le développement international, 2008):

  • Présenter des modèles auxquels les audiences peuvent s’identifier.  Ces modèles peuvent prouver qu’il est possible de régler des problèmes communs par de nouvelles méthodes et que ces                nouvelles méthodes assurent la protection des droits humains des femmes.
  • Proposer des séances réservées aux femmes chaque fois que possible, ainsi que des séances mixtes, pour encourager les débats ouverts parmi les femmes et filles.
  • Utiliser différents moyens de communication pour saturer une communauté d’un mesage cohérent.
  • Renforcer les moyens de communication de masse, comme la radio ou les affiches, par des moyens de communication interpersonnelle comme les assemblées publiques.
  • Inclure une composante “ludoéducative” dans les initiatives de sensibilisation. Cela peut comprendre des pièces de théâtre, des séries dramatiques radiophoniques, des vidéos avec des séquences          d’échange avec l’auditoire, et des vidéos musicaux.
  • Maintenir les efforts de sensibilisation au fil du temps. La tenue de consulations communautaires régulières et la distribution périodique de bulletins d’information, d’articles et d’autres documents          constituent des moyens possibles d’établir un mode de communication soutenue et renouvelée.
  • Encourager la participation des communautés confessionnelles aux efforts d’amélioration des connaissances et de changement des attitudes dès le début du processus. Étant donné que les traditions religieuses sont souvent utilisées pour justifier la violence et la  domination des hommes dans la société, la participation des communautés confessionnelles est indispensable pour changer ce paradigme.

 

Initiative de sensibilisation à Aceh, en Indonésie

Après le tsunami qui a frappé l’Indonésie en 2004, il est devenu évident que les femmes étaient vulnérables en raison du manque d’information sur leurs droits prévus par le système de justice d’Aceh, qui comprend des tribunaux coutumiers(adat), des tribunaux islamiques (Mahkamah Syari’yah) et des tribunaux formels. Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation publique plus large visant à assurer la protection des droits de succession et de garde des femmes, en particulier les veuves et les divorcées, une organisation non gouvernementale internationale a travaillé à la création d’affiches mettant en avant les droits égaux des femmes en matière de propriété foncière et de garde. La campagne a également compris des films spécialement conçus pour améliorer les connaissances des femmes, et des affiches pour renforcer la prise de conscience des communautés en matière de droits juridiques. Le film a retracé la vie de trois femmes confrontées à certains des problèmes juridiques les plus communs rencontrés par les femmes: droits fonciers, droits de succession et droits de garde.

Outils:

Guidebook on Land, Inheritance and Guardianship Law in Post-Tsunami Aceh (Organisation internationale de droit du développement, 2006). Disponible en anglais.

10 Frequently Asked Questions on Inheritance Law in Post-Tsunami Aceh (Organisation internationale de droit du développement, 2006). Disponible en anglais et indonésien en adressant un courriel à aceh@idlo.org.

20 Frequently Asked Questions on the Guardianship of Children without Parental Care in Post-Tsunami Aceh (Organisation internationale de droit du développement, 2006). Disponible en anglais et indonésien en adressant un courriel à aceh@idlo.org.

10 Frequently Asked Questions on Guardianship Law in Post-Tsunami Aceh (Organisation internationale de droit du développement, 2006). Disponible en anglais et indonésien en adressant un courriel à aceh@idlo.org.

 

Tribunaux fictifs au Nigéria

Le groupe nigérian de défense des droits humains des femmes BAOBAB et le Civil Resource Development and Documentation Centre ont organisé le 14 mars 2011 dans la capitale Abuja le premier tribunal national sur la violence envers les femmes. Le tribunal n’était pas officiel et ses décisions n’étaient pas juridiquement contraignantes, mais les dépositions étaient bien réelles, 33 femmes ayant été choisies pour témoigner. Certaines d’entre elles étaient volontaires, et beaucoup ont accepté de partager leurs expériences lorsqu’elles ont compris l’effet positif que cela pourrait avoir sur leurs familles et communautés. Elles ont fait part de leur expérience de la violence dont elles ont été victimes de la part de l’État, au foyer, et de la part de la société en général.

Les juges ont été choisis en fonction de leur importance et leur intérêt pour les droits des femmes. Le groupe se composait de deux juges de la Cour suprême, de plusieurs responsables d’ONG, et d’avocats réputés. Les audiences étaient ouvertes au public, et les organisateurs ont pris bien soin d’inviter des journalistes, des policiers, des commissaires et des représentants d’autres groupes. Différents types de violations des droits de l’homme ont été regroupés en séances différentes. Les juges ont écouté, posé des questions et, à l’issue des témoignages, se sont consultés à huis clos. Ensuite, plutôt que rendre un verdict, comme dans un procès ordinaire, ils ont prononcé une proclamation de politique générale.

Les témoignages ont été très émouvants pour l’auditoire, et la présence des journalistes a contribué à éveiller davantage l’attention du public sur les tribunaux. Sur le plan local, les tribunaux ont facilité l’adoption d’une législation de l’État contre la mutilation génitale féminine. Sur le plan national, leur influence a contribué à faire avancer un projet de loi sur la violence conjugale (qui a fini par être adoptée en 2007). De manière plus générale, les tribunaux ont permis de mieux sensibiliser le public à la réalité et à la gravité des violations commises contre les femmes.

Voir la documentation relative à ce tribunal.

Source: Fijabi, M, 2004. A Mock Tribunal to Advance Change: the National Tribunal on Violence Against Women in Nigeria, sur New Tactics in Human Rights.  

Des échantillons de matériel éducatif axé sur les droits relatif au secteur informel comprennent:

Un dépliant sur Violence against Women (Nigéria: BAOBAB for Women’s Human Rights). Disponible en anglais.

Un dépliant sur Divorce under Muslim law (Nigéria: BAOBAB for Women’s Human Rights). Disponible en anglais.

Radio Programme on violence against women (Equal Access, 2010). Les épisodes radiodiffusés du projet Samajhdari peuvent être téléchargés. Disponible en népalais.

 

            Valoriser au maximum la téléphonie mobile au service de l’éducation                                                   axée sur les droits

Les organisations et activistes du monde entier adaptent rapidement leurs programmes éducatifs dans les secteurs de la justice formelle et informelle pour tirer parti de la technologie de téléphonie mobile. L’organisation de lutte contre la traite Survivors Connect  utilise la technologie de messagerie texte mobile avec des organisations locales au Cameroun, au Ghana, au Népal, aux États-Unis et au Vietnam, pour un certain nombre d’activités d’éducation et de sensibilisation telles que:

  • Rapporter des instances de violence et des lieux d’activités présumées de traite;
  • Organiser et médiatiser des manifestations et des réunions via textos;
  • Réaliser des campagnes virales - transmettre des textos à un ami;
  • Utiliser comme service d’assistance téléphonique permettant aux utilisateurs d’obtenir un soutien; peut également servir de source d’orientation pour les autres professionnels;
  • Installation d’auto-répondeurs pour fournir des renseignements importants sur la traite;
  • Coordonner un système d’orientation pour les victimes et les survivants en fonction de leurs besoins;
  • Fournir une traduction immédiate;
  • Cartographie géospatiale des textos;

 

Des logiciels libres pour faciliter l’utilisation efficace des SMS sont disponibles auprès de plusieurs groupes, notamment Ushahidi et Frontline SMS.