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Études de base

Les données de base spécifiques recueillies dépendront des objectifs du programme à exécuter. Les études de base sur le secteur de la justice informelle et la violence à l’égard des femmes doivent envisager la collecte des données concernant:

  • La prévalence de la violence envers les femmes et les filles, y compris la prévalence de certains types de violence dans la communauté cible;
  • Les caractéristiques des femmes et des filles qui subissent les taux les plus élevés de violence;
  • Les caractéristiques des auteurs de violences ayant un comportement violent ;
  • Les attitudes des principales parties prenantes vis-à-vis des causes et des conséquences de la violence envers les femmes et les filles

                                    º Les principales parties prenantes comprennent des femmes et des filles, des praticiens de la justice informelle, des défenseurs des droits des femmes et des responsables de la société civile, des hommes, des sages et des chefs spirituels.

  • Les attitudes des principales parties prenantes à propos des recours en cas de violence envers les femmes et les filles;
  • Le nombre d’affaires de violence à l’égard des femmes et des filles traitées par le système informel
  • Les connaissances des praticiens informels sur les principes et obligations liés aux droits de l’homme; 
  • La description du traitement typique d’une affaire de violence envers les femmes dans le secteur informel, notamment les rôles, la participation des femmes, le soutien aux victimes, la conservation    des documents, les types de recours disponibles;
  • La description de l’interaction entre le système formel et informel
  • La description de la disponibilité, de la qualité, et des coûts des services juridiques et de représentation pour les survivants;
  • La description de la disponibilité, de la qualité et des coûts d’autres services fournis aux survivants, notamment l’hébergement, l’accompagnement et le soutien social ou financier.

 

Ouganda: évaluation de la prise de conscience des droits humains des femmes et des filles

Fondation for Human Rights Initiative  (FHRI) met l’accent sur l’accès à la justice des femmes et des enfants socialement défavorisés dans six districts de l’Ouganda. En 2009, la fondation a mené une étude de base dans l’une des six régions pour recueillir des données initiales sur les violations des droits humains commises contre la population cible. L’étude a utilisé des entrevues avec des informateurs clés, des groupes de discussion, et l’analyse d’autres rapports pour réunir les données nécessaires à la rédaction de son rapport de base. L’étude de base a documenté l’écart important séparant les habitants urbains et ruraux en matière de connaissances des droits de l’homme, ainsi que les perceptions des membres des communautés et des parties prenantes concernant les voies de recours en cas de violence envers les femmes.

Des instruments d’enquête et des guides pour les groupes de discussion préparés par la FHRI sont disponibles dans les annexes du rapport de l’étude de base (Baseline Study Report).

Source: Foundation for Human Rights Initiative

 

RDC: Étude de base sur les moyens d’associer les hommes aux efforts visant à changer les attitudes

Women for Women International  dirige un programme de leadership pour les hommes (Men’s Leadership Program) en République démocratique du Congo, qui vise à changer les normes sexospécifiques et les attitudes communautaires vis-à-vis de l’administration de la justice en matière de violence sexuelle, notamment les attitudes des responsables du système juridique. Le programme est l’aboutissement de l’évaluation d’une programmation ciblant uniquement les femmes. Pendant l’évaluation, les femmes ont demandé une aide pour collaborer avec les hommes dans leurs communautés au changement des attitudes. Au début du programme, Women for Women International a mené une étude de base avec 392 responsables masculins des communautés provenant de cinq secteurs clés: gouvernemental, religieux, traditionnel, sécuritaire - y compris la police et l’armée, et société civile. L’étude a indiqué un très fort consensus parmi les répondants sur le besoin d’une participation active des communautés et des organisations de la société civile à la réinsertion sociale des survivantes de la violence sexiste. Les hommes interrogés se sont toutefois montrés très divisés sur la manière dont ils percevaient le statut des femmes, leurs rôles dans la société et l’autorité masculine. Ainsi, 56,2% des répondants se sont déclarés d’accord avec l’affirmation suivante: “Les femmes n’ont pas grand-chose à apporter à la reconstruction et au développement communautaires”. Et 86,3% d’entre eux se sont dits d’accord avec l’affirmation selon laquelle “Les hommes sont les chefs de famille, et les femmes doivent leur obéir et se soumettre à leur volonté”, attitude qui donne clairement lieu à des violations des droits humains des femmes. Les données provenant de l’étude de base ont été comparées ultérieurement à une évaluation extérieure réalisée à la fin du projet. L’évaluation a révélé certains changements, notamment au niveau des relation individuelles entre les hommes et les femmes au sein de la communauté. L’évaluation a toutefois également montré que les vieilles croyances sur le rôle des femmes changent lentement.

 

Source: Women for Women International. 2007. Ending Violence Against Women in Eastern Congo (Mettre fin à la violence contre les femmes dans l’Est du Congo).

 

Collecte de données et peuples autochtones

Le secteur informel entreprend de nombreuses initiatives en collaboration avec des communautés autochtones. La collecte des données relatives à la violence envers les femmes autochtones doit reposer sur les recommandations de l’Atelier international sur la collecte et la ventilation des données relatives aux peuples autochtones (Forum international des femmes autochtones (FIMI), 2006), qui préconisent l’utilisation de méthodes de collecte des données qui consistent à :

  • respecter les principes d’autodétermination et de consentement libre, préalable et informé;
  • intégrer les peuples autochtones comme partenaires à part entière dans toutes les étapes de la collecte des données, notamment la planification, la mise en oeuvre, l’analyse et la diffusion, en          fournissant les ressources et en renforçant les capacités nécessaires à la participation effective des peuples autochtones;
  • utiliser les langues autochtones dans toute la mesure du possible, et, là où aucune langue écrite n’existe, faire appel aux autochtones locaux comme traducteurs, interprètes, et conseillers               pour aider les processus de collecte des données;
  • inclure des indicateurs particulièrement importants pour les peuples autochtones, notamment l’accès aux territoires et aux ressources naturelles;  
  • analyser les données d’une façon qui tienne compte de toute la diversité et du profil démographique des communautés autochtones, notamment l’appartenance sexuelle et les différentes étapes de la    vie, des personnes handicapées et des autochtones des zones rurales et urbaines, y compris les peuples nomades, semi-nomades, migrants, en transition et déplacés; et
  •  réaffirmer que le processus de collecte des données est essentiel pour l’autonomisation des communautés et l’identification de leurs besoins, et respecter le droit des peuples autochtones à la     restitution des données (primaires et ventilées), pour leur propre usage.

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