Secteur de la sécurité
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Obtention d’un engagement politique et financier

Dernière modification: December 29, 2011

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  • Les hauts responsables disposent du pouvoir et de la capacité de modifier les structures et d’influencer le comportement du personnel relevant d’eux, en particulier dans les entités fortement hiérarchisées, tels que le ministère de la défense, les services de police et les forces armées.

  • Un leadership fort est nécessaire pour lutter contre la culture d’impunité qui peut exister dans certaines institutions et entités du secteur de la sécurité; c’est un facteur qui peut contribuer à modifier les attitudes discriminatoires du personnel et à ce que les cadres fassent une priorité du problème au sein de l’organisation et se chargent d’y remédier.

  • La mobilisation des dirigeants et autres « champions » de l’égalité des sexes et le maintien de leur engagement sont des investissements essentiels pour s’assure que des ressources suffisantes – financières, humaines et autres – soient allouées à la mise en œuvre et au suivi des lois et politiques appropriées, ainsi que des réformes opérationnelles requises pour améliorer les services à l’intention des survivantes (OCDE/CAD, 2009; Saferworld, 2010).

  • Parmi les efforts visant à l’accroissement des connaissances et au renforcement des capacités des hauts responsables politiques et des hauts dirigeants  des institutions de sécurité, en vue d’étayer leur volonté de résoudre le problème et d’améliorer les pratiques de sécurité en rapport avec la violence à l’égard des femmes, figurent (Albrecht and Barnes, 2008) :

  • La nomination d’un haut fonctionnaire gouvernemental à un poste où il est chargé de promouvoir l’égalité des sexes et/ou de réduire la violence à l’égard des femmes et des filles. C’est ainsi qu’en 2009, en Sierra Leone, le ministère de la Défense et le Groupe de référence du genre dans les forces armées ont lancé une initiative de prise en compte systématique des sexospécificités dans les armées comprenant notamment l’établissement d’une commission sur le harcèlement sexuel pour la protection des femmes et des filles. L’exercice du leadership de l’ancien chef de la Défense a été essentiel pour encourager l’application des efforts du ministère et des forces armées en matière de genre à tous les niveaux de la chaîne hiérarchique.

  • L’engagement d’une personnalité connue pour se faire le/la champion(ne) des questions relatives aux femmes, à la paix et à la sécurité au niveau national et international, dont le rôle consistera à plaider en faveur de l’allocation de ressources accrues pour traiter le problème.

 

Exemples

Irlande : Depuis 2005, l’ancienne présidente de l’Irlande et ancienne commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies est conseillère spéciale de l’Irish Joint Consortium on Gender Based Violence, qui rassemble 14 organisations de défense des droits fondamentaux, d’action humanitaire et de développement, Irish Aid et les Forces de défense irlandaises. Elle participe aux réunions annuelles du Consortium pour examiner les progrès réalisés dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes et présente un rapport sur ces progrès lors d’une conférence de presse. Son implication démontre l’appui constant accordé par les plus hauts responsables du gouvernement irlandais en vue de la résolution du problème sur le plan international, qui a contribué à l’élaboration d’un Plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité ainsi qu’à une augmentation notable du budget de la lutte contre la violence à l’égard des femmes sur le plan intérieur ainsi qu’international (Irish Joint Consortium on Gender Based Violence, 2008).

 

Australie: En 2002, le chef de la Police de l’État de Victoria a demandé un examen des politiques et réponses de l’institution en matière de violence à l’égard des femmes. Il en est résulté une série de stratégies, de codes de pratique, de processus d’évaluation des risques et d’autres initiatives visant à améliorer la réponse à la  violence intrafamiliale, à l’agression sexuelle et à la maltraitance des enfants. Avec l’appui des cadres de la Police du Victoria, l’administration a formulé une réponse intégrée à la violence familiale dans tout l’État, à laquelle participent la police, les tribunaux et les ONG fournissant des services en matière de violence intrafamiliale afin de renforcer et d’améliorer constamment les services offerts aux survivant(e)s. L’implication de la Police a contribué à la mise en place dans tout le pays  de 25 unités d’enquête spécialisées dans les agressions sexuelles et la maltraitance des enfants et trois centres de services intégrés pour les agressions sexuelles avec présence de la police, de services de conseils psychosociaux, de protection de l’enfance et d’examens médico-légaux.

 

Timor-Leste : En novembre 2007, dans le cadre de la campagne mondiale des 16 journées de mobilisation contre la violence sexiste, UNIFEM, avec l’appui de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste, du secrétaire d’État pour la promotion de l’égalité et l’Association des hommes contre la violence, a lancé une campagne multimédia pour sensibiliser le public et obternir l’engagement des dirigeants de mettre fin à la violence à l’égard des femmes. Onze personnalités en vue du pays ont apporté leur concours à la campagne, et parmi elles le président, le premier ministre, le chef d’état-major des forces armées, le chef-adjoint de la police et le président du parlement national, pour plaider en faveur de l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Une série d’affiches et de messages d’intérêt public radio-télévisés a été élaborée en vue de sensibiliser le public et de renforcer la réponse des instances gouvernementales dans ce domaine. La campagne a contribué à accroître la visibilité du problème de la violence sexiste au Timor-Leste, la participation des hommes aux événements et débats sur la question, et la coopération entre les diverses institutions gouvernementales (dont le secrétariat d’État à la promotion de l’égalité, le ministère de la Justice et le secrétariat d’État à la sécurité, chargé de la Police nationale et du Groupe des personnes vulnérables) pour la mise en œuvre des politiques et programmes correspondants. Le renforcement de la volonté du gouvernement de traiter le problème de la violence à l’égard des femmes a également abouti en 2010 à l’adoption d’une loi sur la violence domestique.
                                                                                                            Chef adjoint de la Police
, le commissaire
Source : UNIFEM – Site Web pour la région Asie de l’Est et du Sud-Est                    Afonso de Jesus, 2007

 

  • Des activités de plaidoyer en faveur de l’inclusion d’un(e) ou de plusieurs représentant(e)s du ministère/groupe du genre au sein de tous les comités chargés de la rédaction, de l’examen et du suivi de la mise en œuvre de la législation et des politiques nationales en matière de sécurité.

  • Des processus consultatifs pour la rédaction des lois et politiques nationales de sécurité, en tirant parti de de l’expertise d’organisations de femmes et de spécialistes extérieur(e)s s’intéressant aux droits des femmes et à la violence à l’égard des femmes.

 

Exemples

Au Libéria, la consultation des organisations de femmes durant l’élaboration de la politique nationale de sécurité a eu pour effet d’y intégrer des considérations sur les questions d’égalité des sexes; toutefois, des dispositions spécifiques relatives à la violence à l’égard des femmes ont été omises de la version finale.

Aux États-Unis en 1999, à la demande d’un groupe de militant(e)s et de prestataires de services pluridisciplinaires, l’ancien procureur général de l’Oregon a établi un Groupe spécial sur l’agression sexuelle afin de faciliter dans tout l’État une approche collaborative et axée sur les victimes en matière de prévention de la violence sexuelle envers les adolescent(e)s et les adultes et de réponse à cette violence (Site Web du  Groupe spécial sur l’agression sexuelle).

Voir aussi les sections du présent module sur la supervision parlementaire et la supervision de la société civile pour des détails sur les stratégies applicables pour œuvre avec ces acteurs aux fins de renforcer l’engagement politique et les capacités des instances gouvernementales.

  • Facilitation des échanges de connaissances et offre de possibilités de sensibilisation et de renforcement des capacités des responsables politiques/fonctionnaires de haut niveau dans les domaines des droits fondamentaux des femmes, de la violence à l’égard des femmes et des engagements internationaux, régionaux et nationaux dans ces domaines, notamment par des programmes de formation ciblés.
  • Réalisation d’activités d’information et d’analyse sur la sécurité des femmes et la violence à leur égard, pour émettre des suggestions concrètes sur la façon d’inclure ces questions dans les politiques de sécurité ainsi que sur une affectation plus efficace des ressources pour financer les actions en conséquence. Ceci pourra comprendre :

    • La réalisation d’une évaluation d’impact genrée d’une politique nationale de sécurité existante et la formulation de proposition sur les améliorations possibles de la politique pour une meilleure prise en compte de l’égalité des sexes et de la violence à l’égard des femmes.

    • L’exécution d’un processus budgétaire sexospécifique, dans lequel on examine spécifiquement les dépenses prévues et effectives dans le secteur et où l’on évalue la mesure dans laquelle certaines interventions particulières axées sur les besoins de sécurité des femmes et la violence à leur égard sont financées ou pourraient l’être.