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Connaissances et compétences du personnel

Dernière modification: September 14, 2012

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Les conseillers en matière d’hébergement jouent un rôle important pour aider les femmes à se remettre des traumatismes en leur permettant d’en comprendre les effets, de retrouver la sécurité dans leur vie, et les dirigeant vers les services de traumatologie adéquats.

Les services de conseil et de thérapie en matière de traumatisme exigent une éducation, une formation et un encadrement spécialisés qui vont au-delà de ce que proposent d’autres formes de conseil. Les services d’hébergement peuvent toutefois utiliser différentes démarches pour fournir des services sensibles aux traumatismes potentiels pour les femmes et les aider à comprendre et à gérer leurs réactions par rapport aux traumatismes passés. À tout le moins, les services d’hébergement devraient s’assurer que le personnel est formé pour comprendre et répondre de manière adéquate aux besoins des femmes traumatisées en attendant qu’une aide plus spécialisée puisse être obtenue. Cela peut nécessiter l’utilisation de méthodes comme Psychological First Aid (premier secours psychologiques).

Autant que faire se peut, le personnel des services d’hébergement devrait disposer des connaissances et compétences nécessaires pour mener des exercices de mise en situation réelle, de maîtrise de soi, pà bien des activités de recherche d’un lieu sûr, de journalisation et d’apaisement de soi et aider à donner aux femmes les moyens de gérer leurs réactions au traumatisme. Toutes les interventions axées sur le traitement des traumatismes devraient être menées avec l’encadrement et le soutien de professionnels spécialisés dans ce domaine  (Covington, 2003; Matsakis, 1996; Herman, 1997; Haskell, 199t, cités dans l’Alberta Council of Women’s Shelters).

La formation doit permettre au personnel:

  • d’aborder des questions de sécurité de base dans la vie des femmes en reconnaissant et en comprenant les retombées des injustices sociales sur les femmes, en les aidant à satisfaire des besoins élémentaires comme un logement et des vivres, en les encourageant à élaborer un plan de sécurité adapté à leurs situations personnelles, et à entretenir un sentiment de sécurité à l’intérieur de l’abri.
  • de comprendre les réactions au traumatisme.
  • de communiquer de manière appropriée avec des femmes victimes de traumatismes. Par exemple,
    • apprendre à reconnaître et à identifier les réactions au traumatisme (d’ordre physique, affectif, cognitif, comportemental et interpersonnel).
    • de pas sonder les souvenirs des femmes liés au traumatisme ou les explorer plus qu’il ne faut pour détecter des antécédents de traumatisme.
    • permettre aux femmes qui divulguent des informations sur les violences qu’elles ont subies de raconter et de valider leurs histoires.
  • d’aider les femmes à comprendre et à gérer leurs réactions au traumatisme, en particulier:    
    • expliquer le traumatisme comme étant une réaction normale à un événement anormal et recadrer “les symptômes” comme des “stratégies d’adaptation” afin de déstigmatiser leurs expériences. Aider les femmes à comprendre que leurs réactions sont des tentatives pour faire face aux effets du traumatisme subi.
    • aider les femmes à comprendre que leur existence est profondément marquée par leur cadre de vie. Cela nécessite une compréhension des incidences de la violence, des préjudices liés           au sexe, à la race, au milieu social, à l’éthnicité, à l’identité sexuelle, à l’âge et aux handicaps, qui peuvent contribuer à aggraver les difficultés que rencontrent les femmes. 
    • renforcer le sentiment de contrôle des femmes sur leurs propres vies en les familiarisant avec les réactions post-traumatiques et les raisons de ces adaptations.
    • sensibiliser les femmes aux déclencheurs (signaux qui ravivent ou ramènent des souvenirs traumatiques) et les aider à identifier leurs propres déclencheurs. Les déclencheurs peuvent être liés au souvenir original et ressentis comme des pensées intrusives, des retours en arrière, de l’anxiété, ou des crises de rage. Lorsque les femmes ne comprennent pas ce qui déclenche leurs souvenirs traumatiques, elles deviennent super excitées, engourdies ou craintives. Si ces déclencheurs nuisent aux activités quotidiennes, les femmes doivent commencer à organiser leurs vies en évitant tout ce qu’elles pensent les mettre mal à l’aise sur le plan affectif.
    • connaître les ressources dans la communauté qui offrent une thérapie aux femmes traumatisées.
    • apprendre aux femmes des stratégies de gestion des réactions à leurs traumatismes (par ex. activités d’ancrage, confinement, lieu sécuritaire, tenue d’un journal et exercices auto-apaisants)

(Adapté à partir de Haskell, 1997, cité dans l’Alberta Council of Women’s Shelters)