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Principes généraux de programmation et réflexions

Dernière modification: December 13, 2013

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  • Utiliser un cadre relatif aux droits de la personne. Inciter tous les acteurs à soutenir les droits fondamentaux de toutes les personnes, en insistant sur les avantages que l’ensemble de la communauté tirera du respect des droits fondamentaux des femmes (Michau, 2007). Cela dit, il convient de se donner la peine de comprendre et d’utiliser un langage adapté à l’endroit lorsque l’on formule le problème de la violence envers les femmes et les filles ; dans certains cas, l’utilisation d’un cadre de droits humains universels sans analyse suffisante de son sens peut engendrer une attitude défensive du fait que certaines communautés ne sont pas familiarisées avec les principes fondamentaux des droits de la personne, ou les comprennent mal. Il peut en être de même pour le terme « genre ».
  • Accorder la priorité à la sécurité des femmes et des filles, et se méfier des conséquences involontaires telles que le contrecoup des interventions. Continuer à privilégier les femmes et les filles comme premières bénéficiaires des projets de transformation sociale, tout en ne perdant pas de vue que chacun – les femmes, les hommes, les garçons et les filles – tire parti d’un monde exempt de violence (IRC, 2009). Les interventions se doivent d’être prudentes pour ne pas renforcer involontairement les attitudes, les croyances, les comportements et les normes sociales qui contribuent à la violence envers les femmes et les filles (VFF). Par exemple :
    • Lorsqu’ils tentent de dissuader un comportement, les messages de sensibilisation peuvent accidentellement donner l’impression que ce comportement est normal, et ainsi renforcer l’acceptation par la communauté de ce comportement.
    • Les interventions ne doivent jamais forcer les femmes à prendre la parole, et elles ne doivent jamais entraîner la diffusion d’informations personnelles concernant des individus ou des groupes sans leur consentement éclairé et explicite (Drezin & Laney, 2003).
    • Il convient de veiller à ce que les programmes auxquels participent des hommes ne privent pas les survivantes ou les groupes de femmes de ressources, ou ne détournent de ressources qui leur étaient destinées. Le risque que les programmes soient dominés par des hommes doit être constamment évalué, et l’équilibre des pouvoirs doit être inscrit dans les projets (par ex. un partenariat avec des groupes de femmes afin de garantir la transparence) de sorte que ceux-ci restent axés sur les femmes (Bott & Guedes, Module de prévention. à venir).
    • Faire en sorte que les prestataires de services soient prêts à répondre à l’augmentation de la demande que pourrait provoquer une prise de conscience dans ce domaine.
  • Adopter une approche participative qui encourage l’adhésion de la communauté et son autonomisation. Les initiatives participatives conçues pour prévenir la violence envers les femmes et les filles en situation de crise sont peu nombreuses. Comme elles dépendent de l’engagement continu de membres de la communauté et d’organisations partenaires, elles sont confrontées à des difficultés telles que l’instabilité permanente, les populations mobiles, le manque d’infrastructures ou les dommages causés à celles-ci, des ressources très restreintes, la brièveté des cycles de financement par les donateurs et l’attention exclusive portée sur les besoins immédiats (Cooper & Goodsmith, 2010). Nombre de campagnes orientées produit, comme l’utilisation de tableaux d’affichage ou de t-shirts portant les messages des campagnes, n’enregistrent qu’une faible participation et arrivent néanmoins à atteindre un grand nombre de personnes en un bref laps de temps ; toutefois, elles ne favorisent pas la participation communautaire ni l’envoi de commentaires par la communauté par la diffusion de leurs messages (Goodsmith & Acosta, 2011). Les campagnes et le matériel de campagne mis au point par ou avec la pleine participation de la communauté visée sont mieux accueillis par les membres de la communauté, et ils sont en mesure de mettre en cause des croyances profondément ancrées au sujet des rôles, du statut et du traitement général des femmes et des filles (Michau, 2007).

APPROCHE PARTICIPATIVE

C/

NON PARTICIPATIVE

Communication horizontale/latérale entre les participants

 

Communication verticale du sommet vers la base, des émetteurs aux récepteurs

Dialogue et participation démocratique

 

Campagne visant la mobilisation à court terme sans renforcement des capacités

Changement durable à long terme

 

Planification à court terme et expédients

Autonomisation et prise de décision collectives

 

Changement de comportement individuel

Fait appel à la participation de la communauté

 

Pour la communauté

Contenu, langue et culture spécifiques

 

Vaste et généralisée

Axée sur les besoins des gens

 

Axée sur les exigences des donateurs

Appartient à la communauté

 

Accès déterminé par des facteurs sociaux, politiques et économiques

Sensibilisation

 

Persuasion à court terme

Source : extrait de Cooper & Goodsmith, 2010, p. 6

  • Baser les programmes et les interventions sur une solide analyse de la situation et du contexte. Il est impératif de comprendre la culture, les normes sociales, les politiques, les croyances et les pratiques locales en rapport avec le genre et la violence envers les femmes et les filles et d’identifier les facteurs de risque et de protection spécifiques aux actes de violence et aux traitements injustes dans chaque contexte (Women’s Commission for Refugee Women and Children, 2005 ; Paluck & Ball, 2010a).
  • Veiller à ce que les activités soient fermement ancrées dans la théorie et la recherche, et si à ce qu’elles fassent parties des grands programmes humanitaires ou à ce qu’elles y soient intégrées si possible.
  • Avoir conscience du fait que le changement social est un processus de longue haleine. Il faut beaucoup d’efforts et de temps pour arriver à progressivement modifier les croyances ancestrales. Les progrès accomplis ne sont pas toujours linéaires, et il arrive qu’une période de régression apparaisse avant l’apparition de nouveaux progrès. Tout au long de ce processus, il convient de soutenir les communautés et les individus et de renforcer leurs capacités dans le respect du processus naturel de changement, afin de le faciliter et de renforcer le recours à des comportements alternatifs (Michau, 2007).
  • Renforcer les messages grâce à la multiplicité des stratégies et à la répétition. Aucune activité ne doit être menée seule ou à titre d’approche « autonome ». Des recherches suggèrent qu’un changement se produit lorsque des interventions prolongées, coordonnées et comportant plusieurs volets se succèdent sans relâche au fil du temps. Lorsqu’une telle approche multidimensionnelle est adoptée, « la somme potentielle d’une approche coordonnée est largement supérieure au nombre d’actions individuelles » (Lang, 2012). L’exposition répétée à des idées par l’intermédiaire de différents types de médias encourage la prise de conscience, renforce les capacités et fait graduellement évoluer le climat afin de susciter un changement (Michau, 2007). Les messages ne doivent jamais avoir recours à l’exploitation, la stigmatisation, des stéréotypes, ou au sensationnalisme.
  • Surveiller et évaluer soigneusement les résultats de toutes les interventions au fil du temps afin de garantir l’efficacité des programmes et d’atténuer les résultats involontaires qui contribuent aux risques auxquels les femmes sont confrontées ou qui les exacerbent. Dans le cadre des activités de transformation sociale, des objectifs clairs et mesurables doivent être fixés et l’efficacité des activités doit être évaluée par le biais de mesures de référence, d’indicateurs, de la collecte de données et de mécanismes de suivi. (Adapté de Harvey et al., 2007).

Voir la section Suivi et évaluation du module Campagnes.

Voir le Système de gestion de l’information sur la violence sexiste (GBV IMS)