QUITTER LE SITE

Prévention de la transmission périnatale (également connu sous le nom de prévention de la transmission mère-enfant)

  • Plus de 90% des quelque 2,1 millions d’enfants de moins de 15 ans vivant avec le VIH dans le monde ont contracté l’infection par leurs mères. La prévention de la transmission périnatale pendant la grossesse et l’accouchement, et par l’allaitement naturelle est un domaine qu’il est possible de contrôler avec de faibles moyens. Pourtant, les interventions de prévention de la transmission périnatale demeurent insuffisantes: en 2009, on estimait à 26% le pourcentage des femmes enceintes ayant passé un test de dépistage pour le VIH, et à 53% celui des femmes enceintes vivant avec le VIH qui avaient reçu des antirétroviraux pour la prévention de la transmission du virus à leurs enfants (OMS/ONUSIDA/UNICEF, 2010). Comme pour les cas d’accompagnement psychologique et de dépistage volontaire, la stigmatisation, la discrimination et la peur de la violence dissuadent les femmes de rechercher et d’observer des traitements de prévention de la transmission périnatale (Voir également OMS, 2009a. Integrating Gender into HIV/AIDS Programmes in the Health Sector: Tool to Improve Responsiveness to Women’s Needs. Genève, Suisse: OMS, Département Genre, Femmes et Santé).
  • L’intégration de la violence envers les femmes dans les services de prévention de la transmission périnatale devrait avoir comme objectifs prioritaires l’accès le plus large au plus grand nombre de méthodes de prévention de la transmission périnatale et la dénonciation de l’opprobre attaché au VIH, tout en encourageant et facilitant la divulgation (IGWG, USAID, 2009).

Les actions à cette fin devraient :

  • Établir et renforcer les liens entre les programmes et services sur le VIH et les services de santé sexuelle et reproductive (planification familiale, infections sexuellement transmises, dépistage du cancer cervical);
  • Former le personnel des services de planification familiale au dépistage systématique de la violence dans le cadre des soins prénatals et à la prestation de services d’accompagnement psychologique et de dépistage volontaire;
  • Apprendre au personnel des services de planification familiale de traiter les femmes vivant avec le VIH comme des patientes ordinaires, en leur proposant une gamme complète de choix contraceptifs et en les orientant vers d’autres services de santé comme de besoin;
  • Prévoir des consultations de suivi pour les femmes enceintes séropositives. Les  prestataires de services de santé peuvent saisir cette occasion pour leur fournir des indications sur la prévention de la transmission périnatale, l’importance de la prophylaxie antirétrovirale et les risques possibles de la divulgation de leur séropositivité (notamment la violence du partenaire). L’utilisation de pairs conseillers ou de conseillers communautaires non-professionnels peut s’avérer particulièrement utile à ce stade dans la mesure où ceux-ci ont des expériences personnelles à partager et disposent généralement de plus de temps que les conseillers des centres de soins. À titre d’exemple, des femmes vivant avec le VIH qui ont passé des tests de dépistage pour la prévention de la transmission périnatale, peuvent agir comme des pairs conseillers et sont en mesure d’offrir un soutien aux autres femmes. Leur rôle est particulièrement important car elles peuvent confirmer que les interventions de prévention de la transmission périnatale contribuent bien à réduire les risques aux enfants à venir. Elles peuvent également servir d’exemple aux autres, utilisant leur propres expériences pour rassurer les femmes, les couples et les communautés que le programme est sûr et efficace (extraits de l’OMS, 2009a. Integrating Gender into HIV/AIDS Programmes in the Health Sector: Tool to Improve Responsiveness to Women’s Needs. Genève, Suisse. Département Genre, Femmes et Santé de l’OMS, Femmes et santé, p. 35)

Exemple : Le programme MOTHERS-TO-MOTHERS (M2M) en Afrique du Sud confie à des  mères séropositives qui ont récemment accouché la tâche d’informer, de conseiller et d’assister des femmes enceintes séropositives qui suivent des traitements cliniques prénatals de prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PRÉVENTION DE LA TRANSMISSION  MÈRE-ENFANT) (TMF). À chacune de ces visites, les conseillères s’entretiennent avec les femmes enceintes, partagent leurs expériences personnelles, les encouragent à observer la prophylaxie antirétrovirale et leur apportent un soutien pendant leur séjour en clinique. Pour leur part, les conseillères reçoivent une instruction et un soutien continus, y compris une rémunération modeste. Le premier programme M2M a démarré dans un hôpital de soins tertiaires, alors que d’autres programmes devraient être lancés graduellement dans plusieurs centres de soins maternels primaires. Ce programme de soutien par les pairs s’inscrit parfaitement dans les soins prénatals réguliers. Il informe les femmes enceintes et les mères, leur permettant d’acquérir une autonomie dans leurs familles et communautés. L’autonomisation des femmes contribue à effacer les stigmates attachés à l’infection au VIH et à améliorer les conditions de santé communautaire. Les femmes en période post partum qui avaient assisté à deux séances ou plus de ce programme étaient nettement plus enclines à divulguer leur séropositivité que celles qui n’y avaient jamais participé (97% contre 85%; p<0,01). Les participantes au programme étaient par ailleurs plus susceptibles d’avoir reçu une prophylaxie antirétrovirale (95% contre 86%; p<0,05) et rapporté un mode exclusif d’alimentation des nourrissons (allaitement naturel ou alimentation de substitution). En outre, ces femmes se disent bien plus épanouies que leurs homologues, ayant le sentiment de pouvoir s’aider elles-mêmes, de s’occuper de leurs enfants et de vivre avec leur séropositivité.

 

Source: extraits de l’OMS, 2009a. Integrating Gender into HIV/AIDS Programmes in the Health Sector: Tool to Improve Responsiveness to Women’s Needs. Genève, Suisse: Département Genre, Femmes et Santé de l’OMS, p.36.

 

 

Exemple: The Twubakane Decentralization and Health Program  (Programme Twubakane de Décentralisation et de Santé) est un programme de cinq ans lancé au Rwanda qui vise à renforcer les structures de décentralisation pour mieux répondre aux besoins de la population locale et promouvoir l’amélioration et l’utilisation des services communautaires. L’objectif global du Programme Twubakane est d’élargir l’accès aux services de santé familiale, et d’en améliorer la qualité et utilisation dans les centres de santé et les communautés, par le renforcement des capacités des administrations locales et des  communautés à assurer de meilleurs services de santé décentralisés. Entre 2002 et 2004, ItraHealth a testé en Arménie une méthode d’évaluation de la capacité des systèmes sanitaire, politique et communautaire à réagir à la violence sexiste dans le cadre de deux services obstétricaux-gynécologiques.

En réponse à une demande d’aide de l’USAID/Kigali, Twubakane a mené une évaluation  qualitative et quantitative analogue destinée à un projet d’intégration des interventions contre la violence basée sur le sexe dans les services de soins prénatals et de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (CPN/PTME). Après des consultations avec un comité de pilotage composé de tous les partenaires locaux dans la lutte contre la prévention de la violence basée sur le sexe (VBS) et la transmission du VIH au Rwanda, et s’appuyant sur les leçons tirées en Arménie, Twubakane a adapté et mis à l’essai cette méthode et outils d’évaluation des capacités en prévision de l’élaboration et de la mise en oeuvre d’une intervention multi-niveaux et multisectorielle de prise en charge de la VBS dans cinq localités des districts de Nyarugenge, Kicukiro et Gasabo de la Ville de Kigali.

Pour des renseignements supplémentaires, veuillez consulter le site Web de Twubakane.

 

Outils supplémentaires:

Pour des directives et de la documentation technique  sur la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, veuillez consulter la section spéciale du site Web de l’Organisation mondiale de la santé en anglais.

Outils d’évaluation des capacités de prise en charge des violences basées sur le genre et de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant  (IntraHealth International, 2008). Projet Twubakane. Tous ces outils sont disponibles en anglais et français  et incluent:

  • des fiches d’évaluation des historiques cliniques des prestataires dans la prise en charge des VBG;
  • des guides pour les discussions de groupe dirigées avec les clients des services de soins prénatals et de prévention de la transmission mère-enfant (CPN/PTME);  Intégration de la prise en charge des violences dans les services de CPN/PTME;
  • des guides pour les discussions de groupe dirigées avec les membres de la communauté;
  • des guides pour les discussions de groupe dirigées avec les prestataires de services de PTME: Intégration des réponses à la violence dans les services de CPN/PTME;
  • des guides d’entretien avec les partenaires dans le domaine légal et politique et formulaire d’analyse des documents;
  • inventaire évaluatif des capacités des formations sanitaires à prendre en charge les violences basées sur le sexe;
  • Questionnaire d’évaluation des connaissances et des croyances relatives aux violences basées sur le genre (VBG);
  • Guide d’identification des organisations intervenant dans la prise en charge des VBG.

Integrating Gender into HIV/AIDS Programmes in the Health Sector: Tool to Improve Responsiveness to Women’s Needs (Organisation mondiale de la santé, 2009a). Disponible en anglais.

 

Ressources supplémentaires:

Prevention of Mother-to-Child Transmission Services as a Gateway to Family-Based Human Immunodeficiency Virus Care and Treatment in Resource-Limited Settings: Rationale and International Experiences (E.J. Abrams, L. Myer, A. Rosenfield, et W.M. El-Sadr, 2007). American Journal of Obstetrics and Gynecology. Vol. 197, Suppl. No.3, S101-S106. Publication disponible en anglais.

Gender-based Violence, Relationship Power, and Risk of HIV Infection in Women Attending Antenatal Clinics in South Africa  (K.L. Dunkle, R. Jewkes, G.E. Brown, J.A. McIntryre, S.D. Harlow, 2004). The Lancet, Vol. 363, No. 9419 (mai), 1415-1421. Publication disponible en anglais.

Partner Notification in Pregnant Women with HIV: Findings from Three Inner-city Clinics (K.M. Forbes, N. Lomax, L. Cunningham, J. Hardie, H. Noble, L. Samer et al., 2008). HIV Medicine, Vol. 9, No. 6, 433-435. Publication disponible en anglais.