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Orientation sexuelle et identité de genre

Dernière modification: July 03, 2013

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  • Il faut accorder une attention spéciale aux besoins et aux risques particuliers des individus, compte tenu de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre, tels que les lesbiennes, les bisexuels, les transgenres et les intersexués (LBTI). Les recherches ont montré que dans le monde entier, des personnes sont exposées à des violences et à la discrimination en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre; ces violences peuvent être exacerbées en temps de conflit. (Pour un rapport détaillé sur les pratiques discriminatoires et les actes de violence envers les LBTI, voir OHCHR, 2011).  

 

On entend par identité de genre le sentiment inné, profondément ressenti psychologiquement, qui fait qu’une personne s’identifie comme appartenant au sexe masculin ou féminin, que cela corresponde ou non aux caractéristiques physiques de la personne ou à son sexe déclaré à la naissance (extrait de Human Rights Campaign). Par exemples, certaines personnes nées de sexe masculin peuvent s’identifier en tant que femmes; certaines nées de sexe féminin peuvent s’identifier en tant qu’hommes, et d’autres peuvent s’identifier comme appartenant à un troisième genre ou à un autre genre.

    • Violence. Dans toutes les régions du monde, les LBTI subissent des violences physiques, sexuelles et psychologiques, des actes de coercition et des menaces. Les violences sont souvent motivées par la volonté de leur infliger une forme de punition pour leurs actions hors des normes d’identité de genre prescrites (OHCHR, 2011.).

      • Les femmes transgenres à caractéristiques physiologiques masculines sont exposées à des difficultés particulières lorsqu’il s’agit d’agression sexuelle. Dans de nombreux pays, les personnes physiologiquement masculines ne peuvent pas se pourvoir en justice en cas d’agression sexuelle ou de viol, ce qui renforce la marginalisation des victimes transsexuelles de violences sexuelles et les expose à des risques particuliers (Stemple, 2009).

    • Lois discriminatoires. Les personnes LBTI subissent non seulement des violences de la part de membres de leur famille et de leur communauté, mais également des violences collectives sous la forme de lois discriminatoires (Brown, 2011). Il existe dans 76 pays des lois qui criminalisent certains comportements sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, notamment des « lois sur la sodomie » et des lois limitant les activités sexuelles et les relations entre adultes consentants (ILGA, 2011, p. 9; voir une enquête mondiale sur les lois criminalisant certains actes sexuels entre adultes consentants).

    • Les personnes transgenres peuvent risquer des violences, une discrimination ou un refus de services lorsque leur apparence ne correspond pas aux renseignements, photo ou nom figurant sur les pièces d’identité délivrées par l’État. (Pour une enquête sur la discrimination à laquelle sont exposées les personnes transgenres aux États-Unis, voir Grant et. al, 2011).

    • Les personnes LBTI, et même celles qui ne s’identifient pas en tant que telles mais qui agissent hors des normes de genre prescrites, risquent également l’arrestation arbitraire, la détention arbitraire et, dans certains pays, la peine de mort en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre réelles ou présumées (OHCHR, 2011).

    • Pratiques discriminatoires. Les personnes LBTI subissent dans le monde entier une discrimination en matière d’accès ou de qualité concernant les soins de santé, l’emploi, le logement et l’éducation. Des limites imposées à leur liberté de parole et de réunion les contraignent au silence et à l’isolement; nombreuses sont celles qui sont en butte à une discrimination supplémentaire de la part de leur famille et de leur communauté (OHCHR, 2011).

 

  • En temps de guerre, les risques auxquels sont exposées les personnes LBTI peuvent être accrus. Par exemple :

    • Les personnes LBTI peuvent, du fait de la discrimination à leur encontre, éprouver des difficultés à accéder aux moyens d’existence, ce qui accroît leur exposition à la pauvreté (OHCHR, 2011).  Elles peuvent, par exemple, être exclues de groupements économiques ou de groupes assurant des moyens d’existence, et les employeurs peuvent mettre à pied ou refuser d’embaucher certaines personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre perçues.

    • La marginalisation sociale et économique, aggravée par les conflits, peut forcer les personnes LBTI à se livrer à des activités sexuelles commerciales où elles sont exposées à des risques accrus d’exploitation, d’abus et de violences, ces actes étant souvent commis par les forces de police ou les forces armées qui les ont appréhendées (McMillan & Worth, 2011).
    • Les couples de lesbiennes vivant ensemble peuvent ne pas être reconnus comme une cellule familiale, en particulier s’ils n’ont pas d’enfants, et se voir refuser les aliments et les services offerts aux autres familles inscrites dans les camps de réfugiés ou de personnes déplacées (Knight & Sollom, 2012).
    • Les refuges, toilettes, établissements de santé et autres lieux ségrégués par sexe excluent les personnes qui n’appartiennent pas strictement aux catégories des hommes et des femmes, ou celles qui ne sont pas reconnues, par la loi ou l’opinion publique, comme appartenant à leur genre officiel.  Les femmes transgenres peuvent ne pas « passer » ou ne pas être perçues par le grand public comme étant des femmes. Dans ce cas, elles peuvent se voir refuser l’hébergement dans des refuges assurant la sécurité d’autres femmes, ce qui accroît pour elles les risques d’agression, de harcèlement et d’abus (Knight & Sollom, 2012).
    • Avant les conflits, les personnes LBTI trouvent souvent des façons d’éviter ou de minimiser le harcèlement et les violences au quotidien en se ménageant des espaces et des communautés où elles sont en sécurité.  Lorsque les communautés sont dispersées, que les espaces sûrs sont détruits et que la circulation des personnes est perturbée, les LBTI peuvent faire face à des niveaux de violence accrus (Laguerre et. al., 2010).
  • En 2006, en réponse aux atteintes aux droits de personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, un groupe d’experts internationaux des droits de la personne ont élaboré les principes dits Principes de Yogyakarta. Ces principes constituent un guide universel des droits de la personne qui énonce les normes internationales juridiques contraignantes que doivent respecter tous les États. Voir les principes, disponibles en six langues.


Ressources complémentaires

Pour des informations sur les effets des inondations sur les transgenres au Pakistan, voir LGBT Asylum News, 2011. Disponible en anglais.

Pour un essai sur l’expérience des lesbiennes dans les situations de conflit, voir: Mladjenovic, L. 2001.“Notes of a feminist lesbian during wartime” [Notes d’une lesbienne féministe en temps de guerre]. Disponible en anglais.