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Mise en œuvre d’un mécanisme de coordination

Dernière modification: July 03, 2013

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  • Le moment et la manière d’instituer et de diriger un mécanisme de coordination de la lutte contre la violence basée sur le genre dans un contexte de crise humanitaire dépend d’une multitude de facteurs, eux-mêmes déterminés par l’environnement local (par exemple, la préexistence d’un tel mécanisme). Lorsqu’aucun mécanisme de coordination de la lutte contre la violence basée sur le genre n’existe, il doit idéalement en être créé un dès le début de l’urgence. Toutefois, pour diverses raisons telles que le manque de ressources ou de volonté politique, cela n’est pas toujours le cas. Les acteurs travaillant dans le domaine de la violence basée sur le genre se doivent de rester vigilants et de surveiller la situation afin de s’assurer que les problèmes relatifs à la VBG soient pris en compte et, au besoin, d’assurer le plaidoyer en faveur de l’établissement d’un mécanisme de coordination dans les plus brefs délais.

Exemple : à la suite du passage du cyclone Nargis au Myanmar, un groupe de travail technique sur la protection des femmes (la préférence a été donnée aux termes « protection des femmes » plutôt que « violence basée sur le genre » pour des raisons politiques et sociales) a initialement été créé au sein d’un groupe sectoriel de protection des enfants et des femmes. Or, ce groupe a principalement centré son action sur les questions liées à l’enfance, notamment du fait qu’il était dirigé par des organismes de protection de l’enfance, et la problématique VBG n’a pas été suffisamment prise en compte. Une évaluation du groupe de protection des enfants et des femmes menée trois mois après sa création a recommandé la mise en place d’un mécanisme de coordination VBG distinct pour une meilleure coordination des efforts de protection des femmes. La mise sur pied d’un sous-groupe consacré à la protection des femmes a ainsi permis d’accorder davantage d’importance aux questions les concernant, dont la violence basée sur le genre, dans plusieurs initiatives multisectorielles telles que le plan de préparation au passage du cyclone Nargis et d’intervention, divers appels aux dons, et le plan d’urgence du Myanmar.

Source : extrait de Ward, 2010.

 

  • Il est important, lors de la planification de l’établissement d’un mécanisme de coordination, de prévoir des effectifs en suffisance et de s’assurer que le responsable du mécanisme de coordination dispose de l’autorité et de l’expérience requises. Les mécanismes de coordination de la lutte contre la violence basée sur le genre sont trop souvent dirigés par un seul individu qui ne dispose pas forcément de suffisamment d’expérience et de pouvoir pour influencer leurs partenaires des Nations Unies, des autorités publiques ou des ONG internationales. Pour assister le responsable de la coordination, une personne expérimentée engagée à plein temps, il est souvent nécessaire d’engager du personnel administratif et logistique, c’est-à-dire quelqu’un qui organise et annonce les réunions, rédige et diffuse les procès-verbaux de réunions, facilite la communication entre les membres du mécanisme de coordination, partage les ressources, conçoit des systèmes d’information, et gère les connaissances grâce à la documentation des études de cas ou à des réseaux interactifs de praticiens). Ce personnel permet au responsable de la coordination de se concentrer sur les problèmes substantiels liés au renforcement des partenariats et des capacités, au plaidoyer, à la mise en œuvre des plans d’action, etc.
  • Plusieurs activités essentielles doivent être réalisées au cours du premier mois suivant l’établissement du mécanisme de coordination. Couplées à des compétences adéquates en matière d’encadrement, ces activités contribueront à offrir aux partenaires de la coordination l’élan nécessaire pour progresser.
    • Solliciter la participation des acteurs concernés : la coordination de la lutte contre la violence basée sur le genre doit réunir un éventail de représentants des Nations Unies, des ONG locales et internationales, des autorités publiques et des donateurs, ainsi que les personnes concernées. Pour garantir la participation des acteurs pertinents, il peut s’avérer utile de mener une action de sensibilisation afin de les inciter à s’engager et à participer aux réunions de coordination. Il est également important de résoudre tout problème éventuel lié à la participation au processus de coordination.
    • Rédiger des termes de référence : l’élaboration des termes de référence doit être l’une des premières activités du mécanisme de coordination, car elle permet de poser des notions de base communes sur les objectifs, le leadership et la participation au processus de coordination, ainsi que sur la nature, le champ d’action et les objectifs des activités de la coordination. Lorsque plusieurs mécanismes de coordination coexistent, des termes de référence doivent être rédigés pour chacun de ces mécanismes, de l’échelon national au niveau local. De plus, tous les efforts doivent être consentis pour garantir la cohérence entre les informations générales, les définitions de la violence envers les femmes et les filles et les principes directeurs de leurs termes de référence. Dans les situations où le mécanisme de coordination de lutte contre la violence basée sur le genre s’inscrit dans une structure de coordination préexistante, il importe toujours de rédiger les termes de référence de l’instance de coordination en situation d’urgence. Voir les exemples de termes de référence en Afghanistan et au Kirghizistan.
    • Concevoir un plan d’action : les directives VBG du CPI soulignent la responsabilité du mécanisme de coordination d’élaborer un plan d’action pour la prévention et la réponse à la violence basée sur le genre. Le plan d’action interinstitutions en matière de VBG est un document qui présente les principes d’un programme complet concernant la violence basée sur le genre en cas de situation d’urgence, qui en définit les objectifs prioritaires et les activités connexes, qui attribue des rôles et responsabilités spécifiques aux différents partenaires et qui identifie les indicateurs pour évaluer le niveau de satisfaction des objectifs. Il renforce la responsabilisation du mécanisme de coordination VBG par l’établissement d’un lien entre ses actions et les activités de programmation. Le plan d’action est un élément critique pour la coordination et la programmation, dans la mesure où il permet d’atteindre les résultats suivants :
      • création d’un cadre directeur ;
      • élaboration de réponses novatrices et plus efficaces ;
      • facilitation du plaidoyer et de la communication ;
      • amélioration de l’accès aux ressources ;
      • promotion de la continuité et de la pérennisation ;
      • suivi et évaluation des interventions.

Voir un exemple de plan d’action ici.

Exemple : le plan d’action est un processus cyclique qui se renouvelle lui-même, dans la mesure où tout plan d’action requiert un suivi et des révisions régulières. Les plans d’action doivent prévoir une clause précisant la fréquence de leurs révisions. Au Soudan, en raison de la dynamique et des sensibilités politiques de chaque site, le groupe de travail restreint sur la violence basée sur le genre a décidé que pour le Darfour, chaque plan d’action concernerait un État. Un premier processus d’élaboration de plan d’action a été initié dans chaque État en 2007, suivi par un échange des bonnes pratiques et des enseignements tirés sur l’ensemble du Darfour qui a permis d’identifier les principaux points de plaidoyer communs aux trois États. En 2009, les groupes de travail consacrés à la violence basée sur le genre ont procédé à leurs propres révisions et repris l’élaboration du plan d’action sur la base des mêmes structures qu’en 2007/2008 (Ward, 2010).

  • Développer un système d’information aux fins de la coordination : le système d’information aux fins de la coordination vise à recueillir et à partager les informations essentielles à une coordination efficace. Les systèmes d’information sont cruciaux pour garantir un mécanisme de coordination actif, bien géré et transparent. Lorsque les technologies sont disponibles, la façon la plus simple de gérer et de partager les informations est de créer un site Internet dédié. L’adresse de ce site pourra être indiquée dans toute information publique traitant du mécanisme de coordination. S’il existe un désir de limiter le partage de certaines informations à un public spécifique, il peut s’avérer utile de créer un portail comportant différents niveaux d’accès selon les utilisateurs. Dans les régions où il n’est pas possible d’accéder à Internet, des dossiers d’information peuvent être régulièrement transmis aux membres du mécanisme de coordination et, le cas échéant, aux partenaires externes. Le travail sur support papier peut certes demander énormément de temps, mais le partage de l’information est une tâche de coordination essentielle et ne doit pas se limiter à ceux qui disposent d’un accès Internet.
  • Identifier les coordonnateurs des autres groupes sectoriels/secteurs : il n’est ni réaliste, ni efficace que les responsables de la coordination VBG participent à toutes les réunions des groupes sectoriels/secteurs, mais il est capital que le mécanisme de coordination VBG appuie les efforts déployés par les autres groupes/secteurs afin de résoudre les problèmes liés à la violence basée sur le genre. Pour garantir une collaboration continue avec les différents groupes/secteurs humanitaires, il est utile d’identifier les coordonnateurs au sein du mécanisme de coordination qui sont prêts à participer aux réunions des autres groupes/secteurs, à leur fournir directives et assistance, et à rendre compte au mécanisme de coordination VBG. (Voir la section Susciter la collaboration des autres groupes sectoriels/secteurs et la section VIII : Intégration des programmes de prévention dans les principaux groupes sectoriels/secteurs humanitaires.)