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Dernière modification: July 03, 2013

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  • Tout programme destiné à mettre un terme à la violence envers les femmes et les filles doit commencer par une évaluation permettant à l’organisation d’appréhender les facteurs spécifiques de la violence envers les femmes et les filles dans un contexte donné, tels que :
    • les types prédominants de violence envers les femmes et les filles ;
    • les facteurs de risque et de protection associés à la victimisation ;
    • les facteurs de risque et de protection associés à la perpétration ;
    • la perception qu’ont les victimes et leur famille ainsi que les membres de la communauté des types de violence et de leurs causes et conséquences ;
    • les services existants accessibles et les difficultés ou les obstacles rencontrés pour accéder à ces services ;
    • les contextes/situations selon les types de violence envers les femmes et les filles ;
    • les comportements de recherche d’aide ;
    • la ventilation de l’éventail de femmes et de filles cherchant un appui ;
    • les vulnérabilités spécifiques auxquelles sont confrontées les populations marginalisées de femmes et de filles, notamment les handicapées, les lesbiennes, les femmes bisexuelles et transsexuelles et les personnes intersexuées, les minorités ethniques ou religieuses, les jeunes filles, les femmes âgées, etc. ;
    • les prestataires de services et donateurs actuels et potentiels.
  • Dans les situations de conflits et d’après-conflit, la priorité peut être accordée à la conception et à la réalisation d’évaluations afin d’y inclure les étapes clés ci-dessous, permettant une évaluation plus rapide des besoins. Ces étapes constituent un processus destiné à déterminer « ce que nous savons déjà, ce que nous devons savoir et comment obtenir ces informations » (CIS, 2012, p. 28) :
    • identifier les informations existantes en matière de violence envers les femmes et les filles et les autres évaluations (planifiées ou réalisées) dans ce domaine, en collaborant avec les autres acteurs ou instances humanitaires œuvrant en faveur de la lutte contre la violence envers les femmes et les filles ;
    • déterminer quels seront les objectifs, les paramètres et le champ d’application de l’évaluation, notamment la population et la communauté visées ;
    • déterminer les ressources humaines et financières disponibles, et établir l’échéancier pour la réalisation de l’évaluation ;
    • établir la méthodologie à mettre en œuvre, qu’elle soit qualitative ou quantitative, ou les deux à la fois.
  • Tous les acteurs doivent accorder la plus grande attention à la question d’inclure ou non les enfants dans les activités de collecte d’informations. En raison de leur vulnérabilité, toute initiative de collecte d’informations doit être bien fondée. Les risques de dommages encourus par les enfants sont supérieurs aux risques encourus par les adultes, en particulier aux premiers stades d’une situation d’urgence. Les activités initiales de collecte d’informations impliquant les enfants et les adolescents requièrent dès lors une justification extrêmement solide. Cette justification peut être pondérée selon les critères suivants, qui doivent par ailleurs être respectés tout au long du processus de collecte :
    • nous avons déterminé que les avantages de la collecte d’informations outrepassent les risques ;
    • nous avons déployé suffisamment de ressources humaines et financières pour procéder à la collecte d’informations de manière éthique ;
    • nous savons que les informations nécessaires ne peuvent être recueillies par ailleurs, à savoir qu’elles ne figurent pas dans les évaluations antérieures et qu’elles ne peuvent être recueillies avec précision auprès d’informateurs plus âgés (adultes) ;
    • nous pouvons déployer des procédures particulières garantissant le soutien aux enfants et leur sécurité tout au long du processus d’entretien (par exemple, prise en considération du lieu de l’entretien, de la tranche d’âge des enfants à interviewer, des questions appropriées à formuler, etc.) ;
    • nous pouvons garantir des services de soutien et de soins minimums lorsqu’il est jugé qu’un enfant en a besoin ;
    • nous avons évalué les conséquences néfastes et pris les mesures de protection nécessaires contre celles-ci, et nous avons consulté les membres de la communauté, les parents, les tuteurs et les prestataires de soins de façon à anticiper toutes les conséquences possibles pour les enfants intervenant dans le processus de collecte d’informations ;
    • nous avons activement examiné les préoccupations de la communauté et des parties prenantes, et nous avons consulté les chefs communautaires pour obtenir l’autorisation d’enquêter auprès des membres de leur communauté sur les préoccupations liées à la protection des enfants (source  CIS, GBV Emergency Response and Preparedness Participant Handbook).
  • La réalisation d’une évaluation de la violence envers les femmes et les filles induit toute une série de défis à prendre en considération et à relever avant le début de toute activité de collecte d’informations et conformément aux normes en matière d’éthique et de sécurité, notamment :
    • l’identification de services locaux sûrs et accessibles pour les rescapées avant de procéder à l’évaluation, de façon à pouvoir orienter activement et en toute sécurité toute personne participant à l’évaluation qui se trouve dans le besoin immédiat d’une assistance sanitaire, psychosociale ou sécuritaire ;
    • une étroite collaboration avec les acteurs locaux de la lutte contre la violence envers les femmes et les filles pour adapter les modèles ou les outils génériques d’évaluation au contexte local, tout en respectant les normes internationales relatives à la recherche dans ce domaine. Les informations recueillies avant l’évaluation auprès des partenaires, responsables de projet, autres intervenants ou sources publiques d’information peuvent aider à la contextualisation des outils d’évaluation ;
    • l’obtention des autorisations adéquates et le respect des protocoles en matière de collecte d’informations auprès de communautés touchées par les conflits. Ceci peut induire la rencontre et l’approbation des autorités gouvernementales ou locales, des directeurs de camps de réfugiés et/ou des chefs de file sectoriels, notamment ceux du groupe de la protection et du sous-groupe sur la VBG,
    • l’organisation d’une formation pertinente et suffisante et l’apport d’une assistance continue à l’équipe chargée de recueillir les données, ce qui sous-entend de l’informer quant aux protocoles de sécurité à respecter. Les environnements dans lesquels les organisations œuvrent peuvent être instables, et la présence d’acteurs armés peut augmenter la probabilité qu’éclatent des combats sporadiques. Il importe dès lors que les intervenants de terrain sachent comment réagir et assurer leur protection ainsi que celle des personnes qu’ils interrogent. La priorité doit toujours être donnée à la protection et au bien-être des enquêteurs et des personnes interrogées ;
    • le personnel chargé de réaliser les évaluations doit s’identifier clairement dans le contexte dans lequel il enquête. Les communautés et les personnes interrogées doivent pouvoir déterminer qui sont les enquêteurs, avec qui ils travaillent et quel est le sujet de l’enquête. Ainsi, les participants potentiels sont à même de prendre une décision éclairée quant à leur participation à l’enquête ;
    • l’obtention du consentement informé de toute personne fournissant des informations. Il convient en outre de veiller à ce que les personnes interrogées soient bien conscientes du fait qu’elles ne sont pas dans l’obligation de fournir des informations personnelles ni de participer à des groupes de discussion thématiques ou à des entretiens, que les informations recueillies ne seront pas traçables, et que les noms des participants resteront confidentiels ;
    • la création d’un environnement de confiance et d’égalité avec les femmes et les filles au sein de la communauté ciblée, et la facilitation d’un environnement sûr et sécurisé ;
    • la mise en place de garanties supplémentaires lorsque les activités de collecte d’informations concernent des enfants (c’est-à-dire des jeunes âgés de moins de 18 ans) (adapté ou extrait de CIS, 2012 et OMS, 2007), et consulter les acteurs de la protection de l’enfance pour déterminer la tranche d’âge la mieux appropriée à chaque contexte.
  • Les évaluations et les équipes chargées de les réaliser ne doivent pas se rendre responsables de stigmatisation en associant ostensiblement et activement la violence basée sur le genre aux individus ou groupes qu’elles concernent ou rencontrent. Chaque membre d’une équipe d’évaluation doit être pleinement conscient des manières dont une évaluation peut contribuer à augmenter la violence envers les femmes et les filles, et ne doit pas cibler systématiquement les victimes de violence lors des activités de collecte d’informations auprès des membres d’une communauté.
  • Dans les situations d’urgence, il peut arriver que les considérations éthiques et sécuritaires soient ignorées lors de la réalisation des évaluations, en particulier par les organismes ou les acteurs qui sont peu familiarisés avec les procédures de programmation en matière de violence basée sur le genre. Cette discordance met souvent en péril les femmes et les filles ainsi que les effectifs affectés à la lutte contre la violence basée sur le genre ; la nécessité de recueillir et d’analyser des informations ne doit jamais prendre le pas sur la sécurité et la protection des femmes et des filles (source : CIS, GBV Emergency Response and Preparedness Participant Handbook).
  • Les recommandations de l’OMS constituent le point de départ de toute évaluation comportant une composante VBG, en particulier toute évaluation réalisée dans le cadre d’une intervention initiale d’urgence. Ces recommandations sont les suivantes :

Les huit recommandations sur la sécurité et l’éthique exposées ici sont les suivantes :

 

  1. Il faut que les enquêtés ou les communautés tirent plus d’avantages à communiquer des données sur la violence sexuelle qu’ils ne courent de risques.
  2. Il faut recueillir et enregistrer l’information de la façon qui présente le minimum de risques pour les enquêtés, selon une méthode solide, fondée sur l’expérience et les bonnes pratiques actuelles.
  3. Il faut pouvoir compter sur place sur des soins et un appui de base pour les survivants/victimes avant de commencer toute activité amenant des personnes à dévoiler des informations sur leur expérience.
  4. La sécurité et la sûreté de tous ceux qui participent à la collecte d’informations étant primordiales, il faut y veiller en permanence, dans les situations d’urgence en particulier.
  5. Il faut protéger à tout moment la confidentialité due aux personnes qui donnent des informations.
  6. Il faut que quiconque fournit des informations donne son consentement éclairé avant de participer à la collecte des données.
  7. Il faut que tous les membres de l’équipe de collecte des données soient sélectionnés avec soin et reçoivent la formation spécialisée voulue en suffisance, ainsi qu’un soutien permanent.
  8. Il faut mettre en place des sauvegardes supplémentaires dans le cas où des enfants (c’est‑à‑dire des moins de 18 ans) doivent être le sujet de la collecte d’informations.

Source : OMS, 2007. Principes d’éthique et de sécurité recommandés par l’OMS pour la recherche, la documentation et le suivi de la violence sexuelle dans les situations d’urgence. Genève, Organisation mondiale de la Santé, p. 9.

CE QU’IL FAUT FAIRE ET NE PAS FAIRE EN COLLECTANT, ANALYSANT ET RAPPORTANT DES DONNÉES RELATIVES À LA VIOLENCE SEXUELLE

A. EN GÉNÉRAL

  • Il faut consulter des experts avant de décider quelles informations doivent être collectées, échangées et rapportées et comment le faire de manière sûre et éthique.
  • Il faut autant que possible vérifier les informations. Obtenir des données en s’appuyant sur au moins trois sources différentes et toujours s’interroger sur la méthodologie appliquée pour collecter ces données.

B. ANALYSER LES DONNÉES

  • Il faut examiner en quoi les données corroborent d’autres informations reçues et se

                demander comment des facteurs liés au contexte influencent la qualité des données.

  • Il faut évaluer la qualité des données. Les données ont-elles été collectées et analysées par des méthodes correctes ? Peut-on les généraliser à une population plus vaste ? Si oui, à quelle population ?

C. RAPPORTER

  • Il faut garder à l’esprit à qui l’on s’adresse et quelle utilisation pourrait être faite des données. Si elles sont communiquées aux médias, aux bailleurs de fonds ou aux décideurs politiques, veiller à fournir en même temps une grille d’interprétation des données. Des notes explicatives peuvent s’avérer utiles à cet égard.
  • Il faut replacer toutes les données rapportées dans leur contexte. Si on les connaît et s’il n’est pas dangereux de le faire, fournir des informations sur les camps, les cliniques ou les districts dans lesquels les cas ont été enregistrés. Être précis : p.ex. « cas rapportés par x établissements de santé ».
  • Il faut fournir une description détaillée de l’incident pour autant qu’elle ne permette pas de remonter jusqu’aux victimes (il faut en indiquer avec précision la date et le lieu, ainsi que des informations sur les victimes et les agresseurs, comme leur ethnicité, leur âge et leur sexe, lorsque cela ne présente pas de danger).
  • Il faut fournir les informations supplémentaires susceptibles d’avoir contribué à modifier le nombre des cas rapportés. Davantage de services disponibles, campagnes d’information du public, multiplication des attaques violentes. Chaque fois que c’est possible, il faut recueillir des informations sur le moment où les incidents se sont produits et les rapporter avec le nombre total de cas.
  • Il faut marquer de manière appropriée tous les tableaux, graphiques et cartes, pour éviter qu’ils soient sortis de leur contexte, et indiquer clairement les sources de toutes les données citées.

 

  • Il ne faut pas communiquer des données susceptibles de permettre de remonter à un individu ou à un groupe d’individus.
  • Il ne faut pas prendre les données pour argent comptant : il faut évaluer les sources originales, notamment leur qualité/fiabilité.
  • Il ne faut pas conclure que les données enregistrées reflètent vraiment la prévalence et l’évolution de la violence sexuelle.

 

Campagne des Nations contre la violence sexuelle en temps de conflit, 2008. Rapporter et interpréter les données relatives à la violence sexuelle en provenance de pays où sévissent des conflits – « Ce qu’il faut faire et ne pas faire ».